Nippori, textiles en tous genres

Il y a quelques jours, je vous racontais comment j'avais traîné L et D au karaoke à Nippori.
Nippori, encore un quartier où vous n'avez mis les pieds que pour prendre le train pour Narita, hein ?
Saviez-vous qu'il s'agit pourtant de l'Endroit (avec un grand E) où se fournir en tissus et assimilés à Tôkyô ?

Tôkyô, le shopping par quartier

Quand on vient d'une plus petite ville comme moi, qui ai vécu dans les banlieues de Kyôto et de Kôchi, Tôkyô semble étrange parce qu'il n'y a pas un centre-ville avec les hauts lieux du shopping mais des tas de centre-villes avec chacun leurs spécialités. Tout le monde sait que la mode jeune est à Harajuku, les otaku à Akiba, le luxe à Ginza, etc... Et donc quand on veut acheter quelque chose de spécifique, alors qu'on l'aurait trouvé en flanant quelque part entre Shijô-dori et Sanjô-dori à Kyôto, à Tôkyô il faut s'orienter vers le "bon" quartier.

Nippori, le quartier des tissus

C'est en farfouillant le net que j'ai appris qu'à Nippori foumillaient les boutiques de tissus. Moi qui avait ma petite boutique attitrée à Kyôto, j'ai découvert un univers beaucoup plus grand ! Des dizaines de boutiques côte à côte, certaines juste des petits entrepôts destinés aux professionnels, d'autres d'énormes bâtiments de plusieurs étages comme le plus célèbre d'entre eux, le Tomato. (Entre le Super Potato qui est un magasin de jeux vidéos et le Tomato qui est une mercerie, on se pose quand même beaucoup de questions sur comment ils choisissent leurs noms de magasins ces Japonais...)

Pourquoi acheter du tissu au Japon ?


Tout simplement parce que le choix est très différent de ce qu'on trouve ici, et les tarifs tout à fait compétitifs. Attention pourtant, les largeurs de tissus varient plus que chez nous, et la norme est de 110 cm et non pas 150 !
Le grand intérêt aussi est de trouver des cotons dans des motifs spécifiquement japonais : libellules, sakura, motifs géométriques, manekineko, voire fugu ou hiragana, le choix est vaste ! De quoi vous créer vos propres accessoires, ou de faire vous-même votre noren exactement dans le tissu que vous voulez.
Il y a aussi énormément de choix pour le patchwork, une activité que je ne pratique pas, mais j'imagine que du tissu à kimono doit en jeter sur une création !

Et sinon ?

Entre les boutiques de tissus, vous trouverez des petits magasins vendant des kimono et des yukata d'occasion pour une bouchée de pain. Les vendeuses sont adorables et sont prêtes à vous aider à assortir votre obi. C'est ainsi que L a trouvé un magnifique obi pour presque rien pour aller avec le yukata qu'elle avait acheté la veille à Asakusa (petit conseil de vendeuse de kimono, il faut prendre un obi d'une couleur ultra secondaire de votre yukata). C'est aussi ici que j'ai emmené mon amie M pour qu'elle s'achète un kimono qui lui a coûté moins de 2000 yens. Le kimono était splendide et en très bon état, mais M en a eu pour plus de 10 000 yens à acheter les accessoires (sous-vêtements, chaussettes tabi, cordelettes,...) dans un department store (l'équivalent des Galeries Lafayette chez nous), à l'opposé des boutiques bon marché de Nippori !

Bon, j'avoue, je ne sais pas trop ce que Nippori offre de beau mis à part ses textiles et un izakaya que j'avais bien aimé, mais si vous aimez les tissus ou que vous voulez ramener un kimono pas cher, c'est l'endroit où aller.


Et vous, vous connaissez des quartiers à shopping ultra-spécifique à Tôkyô, comme Kappabashi (fourniture de cuisine), Asakusabashi (poupées traditionnels et accessoires pour faire ses bijoux) ou Nippori ?

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Par histoirede Dernière mise à jour le 23 novembre 2015