1 an plus tard - mon voyage roots, et un stage à l'hôpital

Il y a un peu plus d'un an, je publiais un article pour présenter mes idées de voyage roots au Japon. Ce voyage d'un mois s'est finalement transformé en voyage de 3 mois dont un mois en stage à l'hôpital, et j'étais encore moins organisée que prévu. Et pourtant, j'ai survécu, et je n'ai aucuns regrets sur ce voyage, bien au contraire. Récap :

Je suis donc partie de septembre 2015 à novembre 2015, et j'ai pu visiter : Tokyo, (Séoul), Nikko, Kanazawa, Hiroshima, Miyajima, Himeji, Kyoto, Matsumoto (où j'ai fait mon stage d'un mois), Takayama, Kamikochi, Norikura, Osaka, Naha, Zamami (où je suis restée 20 jours), et Nagoya.

Mon voyage étant un peu trop long pour le raconter en un seul article (pour cela il vaut mieux voir mon blog -toujours pas à jour-, où mes carnets de voyage sont en dessin) ; je voudrais plus me pencher sur les aspects logistiques et culturels pour peut être présenter une alternative de voyage pour ceux qui le veulent.

Transport : J'ai finalement pris un JR pass d'une semaine, et je dois l'avouer, c'est vrai, qu'est-ce que c'est pratique. On ne s'embête pas, on vient à la gare, on monte, et c'est rapide. Seulement j'avais l'impression de devoir me dépêcher, pour voir le plus de villes possibles. Ce serait bien d'avoir un JR pass de 7 jours, sans que les jours où on l'utilise ne soient forcément consécutifs. Ce JR Pass a couvert mes transports depuis Tokyo jusque Kyoto. Au final, je n'en reprendrai plus pour mes prochains voyages au Japon (mais j'ai bien fait d'en prendre un pour mon premier voyage). J'ai aussi pris le bus, de préférence de nuit pour ne pas payer de nuit à l'hôtel.
Mais le moyen de transport qui m'a vraiment le plus plu, et que je veux absolument partager avec vous, c'est l'AUTOSTOP. Premièrement, il règne au Japon un climat de sureté général, plutôt encourageant pour faire du stop. C'était d'ailleurs la première fois que j'en faisais. Ensuite, non, les japonais ne sont pas vraiment habitués au stop, mais ils ne sont pas forcément récalcitrants. Ou en tout cas, ils ne le sont pas tous (voir mon aparté "culturellement"). J'ai fait des rencontres magnifiques, les japonais sont les parfaits hôtes, y compris en voiture. On m'a parfois invitée à manger, ou fait visiter la ville. Ici, il faut faire attention à ne pas profiter d'une générosité de politesse, en général j'essaie de refuser poliment en premier lieu ; mais la plupart du temps ils veulent surtout continuer à passer du bon temps avec vous :) Je vous l'accorde, ça prend du temps, mais on gagne tellement en relations humaines qu'on ne peut pas considérer ça comme du temps perdu.

Hébergement : J'avais un hébergement pour mon stage à l'hôpital où j'étais hébergée sur le campus pour 2300 yen la nuit (je trouvais ça plutôt cher personnellement). À côté de ça, la majorité de mon hébergement s'est fait avec workaway (une semaine à mon arrivée à Tokyo, 11 jours à Kyoto, 20 jours à Zamami où j'ai finalement préféré camper sur la plage). J'ai complété avec quelques couchsurfing, une nuit en guesthouse à Nikko (là j'avais réservé bien à l'avance car la ville est petite), 4 nuits en auberge de jeunesse à Kyoto, toujours à moins de 2000 yen la nuit. Et quand je ne trouvais pas d'auberge de jeunesse pas chère (où que j'avais la flemme de chercher), j'allais au manga café (manga kissa) - 4 nuits au total. Personnellement j'ai adoré le manga café, je n'ai eu aucun problème pour dormir (j'ai un super pouvoir qui s'appelle "je dors n'importe où qu'importe comment"), il y avait des free drinks, du wifi, j'essayais de comprendre les mangas que je trouvais, je me faisais livrer du karaage jusque ma "petite case"... et je ne sais pas, je me sentais bien dans mon petit mètre carré et demi. Je pouvais même faire ma lessive pour 300 yen (il me semble) à certains endroits. Pour les filles, vous pouvez demander d'être dans l'espace Ladies Only, parfois c'est une salle à part plus petite, plus silencieuse, avec les free drinks plus proches du coup ! Pour comparer les prix et s'assurer qu'il y a bien des free drinks (j'ai une obsession oui), c'est sur ce site : http://mobile-netcafe.com/
J'ai aussi dormi à l'aéroport (l'aéroport d'Osaka est super bien, il y a un resting area avec quelques poufs confortables) et chez l'habitant (et si, c'est possible ! Pour la petite histoire, la mère d'une fille rencontrée à Okinawa habitait à Tokyo et m'a proposé de m'héberger).
Pour revenir sur mon expérience à Zamami, il y a un camping (rien de très élaboré, même pas d'eau chaude) juste derrière Ama beach. L'ambiance y était tellement sympathique avec tous les campeurs (japonais comme gaijin) que j'ai finalement préféré emprunter une tente à mon hébergeur pour y vivre (et j'ai rallongé mon séjour de 10 jours). J'y ai rencontré (entre autres) une femme qui faisait un pèlerinage à vélo le long de l'île Shikoku et dormait dans les temples (s'ils accueillaient), ou leur demandait de pouvoir y planter sa tente. Donc vraiment, il y a pleins de modes d'hébergement différents.

Nourriture : là j'ai un peu tout fait, au début j'ai dépensé sans trop faire attention, et quand j'ai vu qu'il ne me restait plus beaucoup d'argent, là, j'ai fait très attention. À ce moment là, chaque bouchée comptait, si je n'avais plus faim après un onigiri et demi, je gardais l'autre moitié (toujours avoir un ziplock sur soi). Oui ça fait pauvre, mais pour autant ça rendait mon voyage intéressant sur un autre plan, j'ai trouvé ça amusant de voir à quel point je pouvais faire durer ma nourriture. J'avoue que la partie de mon voyage où j'avais le moins d'argent était surtout lors de mon stage à l'hôpital, et qu'à ce moment là j'ai été quelques fois invitée par mes coordinateurs de stage/senpai/parents d'ami (ça m'a aidé à tenir). La cafétéria du campus avait aussi un très bon rapport qualité/prix (en général les cafeterias de campus sont ouvertes à tout le monde). À Kyoto, il y a une chaîne de supermarché aux prix très corrects, et j'ai pu économiser en cuisinant. J'essayais en général de manger pour moins de 1000 yen par jour (j'allais parfois jusque 1500 yen).

Culturellement : J'ai souvent entendu dire que les japonais étaient introvertis et qu'il ne fallait pas les brusquer, penser à notre différence culturelle, et je suis entièrement d'accord. Je suis contre cette image du gaijin qui arrive avec ses grands sabots et qui profite de l'humilité japonaise. Mais pour autant, certains sont vraiment friands de contact avec les voyageurs. Il faut surtout y aller avec toute la politesse du monde et être très en écoute de son interlocuteur, et prêt à lui laisser de la distance quand c'est nécessaire (au tout début de mon stage, il m'a fallu une semaine pour que les autres étudiants n'aient plus "peur" de moi) ; il faut aussi être à l'aise, parce que si vous êtes vous même gênés par le fait de discuter avec un inconnu, l'inconnu sera gêné en retour. Après ça vous ferez ami-ami même avec l'oba-chan du coin en allant au sento ;) J'ai trouvé les japonais adorables, très accueillants, et pleins d'humour finalement.
Avant de partir, j'ai appris les hiragana et les katakana (on peut télécharger des applications où il faut les écrire, ça s'apprend en un week end), et j'ai écouté les cours audio pimsleur (seulement les 27 premières leçons, après j'ai lâché). Cette base de japonais, même ridicule, m'a quand même aidée à aborder les gens autour de moi. J'avais aussi une toute petite ardoise quand je faisais du stop, ça me permettait de communiquer par dessins parfois. Ils étaient en général vraiment contents quand j'essayais de leur parler japonais, et je les faisais parfois rire avec mon vocabulaire chopé dans les manga (qui n'est pas toujours le plus poli, ou celui que les filles utilisent).
Vraiment, il serait dommage de s'arrêter à l'image du japonais introverti, et de ne pas essayer d'aller plus loin.

In fine : c'est un type de voyage qui demande plus de temps et moins de confort, mais c'est tellement gratifiant. Cela permet de rencontrer plus de gens, et de vivre un peu en dehors du système de l'argent (ça fait un bien fou, et on se sent capable de tout). On se sent aussi tellement libre quand on n'a pas de programme à suivre !
Il y avait forcément des moments fatigants, ou stressants (il faut parfois beaucoup de patience pour l'autostop), mais ça s'oublie très vite avec le temps ! Par contre je n'oublie pas les amis prêts à me recevoir au Japon, que je suis maintenant l'onee-chan d'une famille que j'ai rencontrée (c'est vraiment craquant quand une petite boule d'amour vous appelle onee-chan). Je pense que je n'aurais jamais vécu ça si j'avais voyagé différemment.
J'ai aussi découvert à quel point il était important de voyager seul, on fait forcément plus de rencontres, on est plus ouvert ; et au delà de ça, ça nous permet de vraiment nous connaître. Et le Japon est le pays parfait pour commencer à voyager seul, car on s'y sent toujours en sécurité.

(j'avais prévu de parler de mon stage à l'hôpital, d'où le titre, mais finalement non)

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