Revoir l'Automne 3 - Kansai connection

De nuit, a bord du Ferry Sunflower: la moquette au mur, les rideaux motifs écossais bordeaux, des moulures en plastiques partout, un vrai retour dans les années 70. La croisière s'amuse, version japonaise. Au dehors on aperçoit les lumières des iles de la mer intérieure, sinon c'est le noir complet, en montant sur le pont le vent marin vous perce et la lune éclaire froidement les flots. Onze heure de trajet jusque dans le ventre d'Osaka : on nous a attribué des dortoirs-futons couchette immense, avec pour seule compagnie 3 vieux japonais en mode randonnée tout sourires et un type a lunette qui m'évoque un jeune étudiant, déja endormi le téléphone dans la main. Nous sommes hors du temps, sur notre vaisseau au milieu des flots noirs, c'est un microcosme unique, loin des voies du Shinkansen...
A l'aube. la baie d'Osaka, des bateaux des digues artificielles des grues des immeubles, des phares, et encore des bateaux; qui à Osaka n'a jamais vu la mer rate un spectacle impressionnant, une activité intense agite la baie, le lien à la mer et à l'océan est puissant.On accoste, déballé au petit matin au abords de Cosmosquare, direction le métro, transport, Loop Line embrumée et orientation approximative, nous voila arrivé à Shin-Himamia, dans un hôtel interlope au abords de Sinsekai. Petite chambre individuelle, de 3 tatamis, une télé une porte en fer. Ca fait un peu cellule mais tres peu cher,un peu d'intimité bienvenue, et il y a un o-furo au dernier étage avec une vue sympa le soir, le paradis. Osaka, détente, gros sushiya avec de la bière au déjeuner et nous voila perdu pour l'après-midi. L'ambiance qui se dégage ici est plus cool, c'est pas magnifique magnifique mais on ressent une ville moins "policée", même si cela engendre aussi un peu plus de misère et de crasse... D'autant plus visible à la lumière des néons le soir; déambuler au milieu de Dontonburi est un spectacle étrange; on a du mal à s'imaginer que le Japon puisse ressembler à ça,des salarymen qui zigzaguent en sortant des bars, des salles de pachinko gueulardes, massage ? massage ? C'est comme un comptoir de pirates, rempli de taverne, d'aguicheuse, un quartier ou les marins viennent dépenser leur solde, dans une version futuriste hallucinée ou les marins portent des complets trois pièces. Et au milieu de tout cette zone, un petit monsieur nettoie le carrefour central avec son balai en osier...Evidemment. On termine la nuit dans un bar perdu dans un immeuble avec une copine japonaise et 3 4 personnes sympas, on joue au traduction de mots franco-anglais japonais, zigzag dans la nuit, sombrer dans le futon...

...Reveil cotonneux à bord du Limited Express qui nous emmène vers le sanctuaire de Koya-San dans les montagnes. On quitte les multiples banlieues d'Osaka, et on retrouve la campagne, sous un soleil d'enfer, il me faudrait une deuxième paire de lunettes de soleil, pour cacher mon mal de tête.Zigzag.Petit tunnel, zigzag.Petite gare. Foret.Bambou. Pont.Petit tunnel.Zigzag.Et ça grimpe... On arrive enfin au pied du funiculaire qui nous entraine vers la haute vallée du sanctuaire.Bus. Ha, nous y voila.Je vous engage fortement à visiter cet endroit,traverser le village, marcher jusqu'au grand cimetière, vous perdre entre les pierres et les grands arbres, sous les mousses, et descendre dans la pièce au 50 000 boudhas porté par l'odeur de l'encens et le chant des moines. Il y a des instants qu'on aimerai suspendu, des après midi lumineux abrités par l'ombre de la foret, et je sais alors pourquoi je suis revenu cette année encore, pour ces quelques heures de sérénité au fond des bois,pour ce spectacle étrange de la nécropole des mousses...Et puis demi-tour. Bus.Funiculaire(bondé). Train (idem). On quitte l'obscurité des arbres assez vite pour retrouver les villages, les routes, les gares, les immeubles,Osaka au bout de la ligne.Retourner se perdre dans Namba encore un peu, reprendre une douche de néons, se prendre le contraste de plein fouet, on vadrouille, on maraude, claquer des 100 yens dans les salles d'arcades, Yakitori de nuit. Spectacle de la rue qui ne dort jamais depuis un comptoir de bar anonyme.Terre de contraste, mon vieux.

La transition avec Kyoto est plus que frappante, c'est la jolie ville ici, on se promène en habits du dimanche a Maruyama park en mangeant des glace au thé vert, et puis on va voir les illuminations d'automne au Kyomizu quand le soir tombe... Oui j'exagère un peu le trait mais il faut bien avouer que l'état d'esprit de l'ancienne capitale n'a rien à voir avec l'énorme et bruyante ville d'Osaka, c'est particulier Kyoto, je pense que pour bien apprécier cette ville il faut avoir du temps à y perdre. Evidemment les pavillons d'Or et d'Argent, le Kyomizu, le Nijo -Jo, plein de belles visites guidées... Remonter au nord du château dans un petit quartier plein de boutiques de bricolage, de tissus, de petits cafés, pour tomber au coucher du soleil sur un sanctuaire dont on ne connait pas le nom, quitter le pavillon d'argent et le chemin de la philosophie surpeuplé pour les petits sanctuaires alentour,là ou il n'y a personne...Ce sont ces aspects là que j'apprécie ici, le charme met longtemps à opérer, et cette année c'est un passage éclair, mais un passage obligé pour mon camarade de voyage, ne serait-ce que pour aller user ses godasses sur les marches du mont Inari...Et retourner voir notre copain du ING Rock Bar, toujours aussi fan des Rolling Stones! Quelques jours donc, à peine retrouvée, et déja reparti, j'ai à peine entraperçue la ville que j'avais tant aimé l'an passé. Il faut du temps pour bien apprécier Kyoto, je crois, l'effleurer quelques jours est bien trop frustrant .Et les érables se colorent à peine. Allez, tant pis, on repart vers la gare, je repasserai surement par là un de ces jours, j'espère plus longuement... Kyoto Station, la ruche qui annonce le retour vers le point de départ, ce soir nous dormirons au pied de Skytree. Shinkansen, Tokyo.... Rideau.

J'ai écrit cet article sur le chemin du retour et dans l'avion, difficile de tenir un rythme d'écriture durant le voyage. Le dernier épisode sera donc raconté depuis la France... Last stop: Tokyo et le départ...

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