P1070466

Sanja Matsuri

J'ai finalement compris qu'aller si souvent au Japon sans voir un matsuri était limite sacrilège et presque pas poli pour le pays.

Fait très beau et déjà chaud ce matin : je vais au Sanja Matsuri au sanctuaire Kannon d’Asakusa (Senso-ji) mais j'y serai pas toute seule ! Paraît que sur 3 jours nous étions 2 millions de personnes à ce festival shintô, le 3 ème week-end de mai à Tokyo.

Je résume le peu que je sais : il s’agit d’une fête religieuse qui consiste à transporter très très énergiquement les mikoshi (sorte d’autel portable) du sanctuaire aux ruelles du quartier.

Un quartier ici c’est grand ! Le quartier d'Asakusa compte 44 quartiers. Cherchez pas, on est au Japon.

Faut savoir que la Kamimobile (sans roues !) peut bien peser sa tonne et coûter jusqu'à quarante millions de yens. L'énergie déployée confine à la fureur. Dans chaque mikoshi se cache un Kami, une sorte de divinité que la religion shintoïste compte par milliers. Allez savoir pourquoi dans mon imaginaire il s'agit d'une lilliputienne bestiole alanguie aux yeux kawaï....

Toute la journée faudra - par mikoshi - quarante porteurs costauds et suants qui se relaieront sous les quatre poteaux attachés avec des cordes.

Au dessus c'est lourd, c'est sacré, ça tangue et ça chavire. Plus on le secoue dans tous les sens, plus le Kami qui squatte l’autel accorde purification, miséricorde et chance. Il y a 3 mikoshi principaux. En voilà un, superbe…

Et encore un autre ! On se calme ! Il y en aura 44 en tout qui donnent leur bénédiction aux quartiers du quartier ! A chacun son Kami, qui n'est pas celui du voisin. Le rationnel du trajet de chaque mikoshi m'échappe ! Dans ce dédale de ruelles y a de l’embouteillage de processions, du Kami face à face quand ils vont pas dans le même sens… On se guide au son, ce qui demande des demi-tours intempestifs. Mais dans ce joyeux désordre, paradoxalement, semble régner une espèce de discipline immanente. Les kami à l'oeuvre peut-être ? !

Les musiciens, dans une sorte de charrette en bois ou bambou ouvrent le cortège : pipeaux, flûtiaux et tambours assurent la cadence et le fond sonore.

Faut rajouter les prières, les cris, les applaudissements. On encourage les porteurs même s’ ils s’auto motivent sans faiblir.

Point de barrière ni de maréchaussée casquée et bottée ! Une sorte de chef de file, à la coiffure ou la cuisse avantageuse, ouvre le chemin (aléatoire le chemin)

La foule s’écarte et se referme. On s’écrabouille un peu beaucoup. Je soumimassen à tout va. Mais le Japonais en habits de fête ou à moitié à poil, quoique digne, est très joueur...

Les femmes, les enfants et les animaux sont naturellement de la fête !

Pour apprendre au plus tôt la tradition, même les enfants transportent leur mini mikoshi. Y a un mini mini Kami dedans ? Pas facile de secouer le Kami selon une cadence que ce billet ne saurait reproduire !

Et comme toujours au Japon tout est prévu : la poubelle ferme la marche.

On en a pris plein les yeux et les oreilles. A la bouche maintenant.

Dans la cacophonie flottent toutes ces odeurs appétissantes. On mange avant, pendant et après. Tout le temps. Je goûte un peu de tout, mais surtout du repos à l’ombre des tonnelles…

J’ai pas tout compris à ce très ludique Sanja Matsuri mais les gens avaient l’air satisfait et malicieux de ceux qui ont accompli leur devoir tout en s'amusant.

Ca doit être communicatif : j'ai fini la journée gavée, crevée et sourde mais très fière de mes progrès dans les arcanes de la culture populaire japonaise !!!!

Ps : excuses aux érudits, aux pointilleux du matsuri japonais pour cette approche approximative et essentiellement festive....

Cet article est proposé par la communauté des membres Kanpai dans le cadre du module Kakikomi. Il ne reflète pas nécessairement le point de vue de la rédaction de Kanpai.
Par beforetheboom Dernière mise à jour le 20 novembre 2014