Utada Hikaru : Exodus
La première constatation portera sur l'allure de Hikaru qui a été refaçonnée pour passer la douane US en se faisant remarquer. Le parallèle du style porté par la donzelle me paraît très intéressant : si elle conserve son attitude encore jeunette et godiche pour l'écrasement médiatique nippon, c'est clairement une femme qui vend son produit aux États-Unis. Beaucoup plus ancrée dans nos codes et canons d'occidentaux, la belle sera ainsi au choix sexy, branchée ou sportive.
Et l'ensemble du produit Utada a d'ailleurs subi ce lifting, passée à la moulinette marketing US qu'elle a dû être, à terme pour le meilleur comme pour le pire. Si cette opération peut agir comme un coup de pompe dans le fion d'une greluche lolipop qui claque des doigts chez les nippons pour engranger du Yen en pagaille, il ne faut pas non plus qu'elle y perde son identité. Utada est clairement le maillon fort de la manche précédente, certes, mais elle a un sacré boulot devant elle pour séduire un public américain culturellement étanche.
Car malgré la spiritualité yankee qui coule dans ses veines (le dossier de presse insiste lourdement là-dessus, ah bon ?), malgré tous les efforts fournis par Utada en chantant exclusivement en Anglais, en suivant des études aux États-Unis, en étouffant les risibles débuts de Cubic U, ou en allant même jusqu'à décrédibiliser sa langue dans Easy Breezy (au demeurant forte agréable à écouter), pour beaucoup d'Américains Utada reste un produit out of (b)order.
Risque majeur encouru à mon goût : le formatage "disque + marché US = clonage", voire l'enfermement dans cette base la "p'tiote de l'est qui tente sa chance" qui constitue plus ou moins la seule porte d'entrée vers le disque américain, lorsque le patronyme diffère du Smith local. Gageons que la batterie de managers l'aient bien compris avant nous, afin de procéder à un positionnement adéquat sur la durée. Et puis Tôshiba Emi doit veiller, je n'en doute pas...
Restons plus terre à terre. Musicalement, Exodus s'inscrit comme un album plus posé et moins naïf. Loin des samples éculés de la japanese pop, il apparaît comme l'album de la maturité selon certains. Il révèle toutefois de grosses disparités dans la qualité de ses pistes : s'il commence très fort avec des titres percutants et rodés à fins mercantiles, l'Exode perd de son entrain dans sa deuxième moitié, à travers plusieurs pistes médiocres ou plutôt transparentes sans être imbuvables.
Il n'en reste pas moins que, pour les allergiques à la j-pop, Exodus est beaucoup plus écoutable et passe-partout. Les amateurs de longue date risquant bien de la suivre, Hikki peut donc s'ouvrir tranquillement à l'occident. J'ai en tout cas hâte de voir l'accueil que lui réserve le public États-Unien, à l'heure où la promotion semble se passer pour le mieux. Souhaitons-lui le meilleur, et surtout de ne pas se fourvoyer.
Lire les articles sur Utada Hikaru First Love - Distance et sur Utada Hikaru Deep River
// Publié par Gael le 31 août 2004
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-pas de note/10
la note |
Commentaires pour Utada Hikaru : Exodus|
1/ Par york le 02/07/2009 à 18h06 tout d'abord me salutation,je voulais me corespondre avec toi si sais posible?JE SUIS LA NATIONALITE BURKINABE,la reponse s'y possible je suis fans detoi,mercie de votre |
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Thema Utada Hikaru : Exodus / Hikki 4è album



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