Fabrication de mochi à Murayama (Komeyakata)

Premier jour à Komeyakata dans la ville de Murayama, au milieu des montagnes, à six heures au nord de Tokyo, une semaine après la fin de la récolte du riz.

Dans un abri de quatre mètres par quatre, six personnes, plusieurs kilos de riz et un mortier en bois. On troque les chaussures pour enfiler des pantoufles en entrant sous la bâche de plastique qui fait office de porte. Le premier jour, difficile de se souvenir des prénoms et de reconnaitre les visages sous les masques et les bonnets d'hygiène. Tsukuru, Oshio, Ohsima et Sam travaillent toute l'année dans la ferme. Comme nous, Eden est un helper Australien, nourri-logé contre des heures de travail dans cette famille d'agriculteurs. En plus de leur production de riz, de cerises, de pommes, de daikons et d'aubergines, depuis le printemps dernier quelques chambres en haut de leur boutique sont aussi louées à la nuit.

Cuit à la vapeur, le riz gluant est pétri dans une machine. La pâte chaude très collante est ensuite frappée deux cent fois dans le mortier en bois à l'aide d'un lourd marteau avant d'en faire à la main de petites boules qui se durcissent en refroidissant. À tour de rôle, les hommes se relaient autour du mortier. Nao, la femme de Sam, retourne la pâte et l'humidifie pour éviter qu'elle ne colle trop. Comme à la campagne, on travaille avec le soleil (ici de 6h à 17h) et en famille avant que les enfants rentrent de l'école. Le travail est répétitif et la cadence plutôt tranquille. On prend le temps de faire connaissance. Un matin en désherbant un champ, Sam explique la pensée zen qu'il dit appliquer au quotidien. L'important ce n'est pas le résultat mais le chemin parcouru chaque jour. "La tâche doit être faite du mieux possible, mais il n'y a pas qu'une seule bonne façon de procéder, chacune peut être bonne à sa façon... "

La fabrication de mochi est une tradition japonaise. Consommé surtout à la fin de l'année, le mochi est poêlé ou cuit au four et les Japonais en raffolent. On le mange avec de la sauce soja ou de la confiture. Il peut aussi être plongé dans la soupe et prend alors une texture plus visqueuse. Entre deux coups de marteau, Sam raconte que tous les ans les mochis tuent plusieurs personnes, surtout des personnes âgées qui s'étouffent en gobant trop rapidement ces boules chaudes de riz gluant.

Un après-midi alors que l'auberge accueille un marché, les mochis préparés en public sont distribués encore chauds, roulés dans de la poudre verte de soja ou avec du natto, mélange d'oignons frais, de fèves de soja fermentées et de jaunes d'oeuf crus. En fait, les mochis que l'on connait à l'étranger sont les daifukus, boules à base de farine de riz gluant, sucrées et très souvent fourrées. Au marché de Murayama, on en trouve de délicieux à la fraise.

V.B

Article intéressant ?
5/5 (11 votes)

Galerie photos

  • pb122667
  • dscf7902
  • dscf7668

Commentaires

04 Février 2015
18:13

Un bien joli récit, qui me donne envie d'être Helper pendant quelques temps au Japon. C'est une expérience que je n'ai encore jamais essayé.

Ajouter un commentaire