Grande première au Japon

Bonsoir à tous et à toutes,

Je préviens d'avance que cet article va être trèèèès trèèèès long. Ceux qui n'ont pas grand intérêt à mes bavardages peuvent cliquer sur la croix en haut à droite de la fenêtre. Les autres qui sont tentés de me suivre, je vous ouvre grandes les portes, suivez moi...

Réveil aux aurores en ce 1er octobre 2013. Un départ pour le plus grand voyage de ma vie, ça ne se fait pas à la dernière minute. Comme d'habitude, des bouchons monstres alors même qu'on ne s'est pas encore engagée sur l'autoroute. Que cela ne tienne, ma mère adorée trouve un autre chemin. Après 1h30 de trajet en voiture, nous arrivons enfin à l'aéroport de Roissy - CDG. Les informations sont claires, nous ne perdons seulement à trouver le monsieur qui pourrait enroler comme du papier toilette (rose en plus) ma valise, en prévision des chocs). Etant plus de 2h en avance, nous prenons un petit-déjeuner avec ma mère, discutons et essayons de débloquer le N84 de Candy Crush jusqu'à ce qu'est annoncé l'embarquement pour le vol EY 878 de la compagnie Etihad Airways. Ma première escale : Abu Dhabi. Mon paternel m'avait mise la goutte à l’œil tôt dans la matinée, je pensais être immunisée avec ma mère mais voilà que nous pleurons toutes les deux arriver au moment de se dire adieu. Je continue mon chemin, passe le contrôle de sécurité sans accro (heureusement d'ailleurs), et m'installe enfin dans l'avion (après 10 min à textoter tout le monde pour leur dire adieu).
L'heure du décollage, je boucle ma ceinture et attend sagement, échangeant quelques mots avec ma camarade de ce trajet, ma voisine.
20 min plus tard, toujours rien.
30 min plus tard, le commandant de bord nous annonce que l'avion a un souci technique et qu'il doit retourner au vers la salle d'ambarquement. O joie, mon voyage commence bien.
Au final, nous partons avec presque 2h de retard. Le temps de changement entre le vol à destination d'Abu Dhabi et celui allant vers Tokyo était de 1h35.
Je ne vous raconte même pas comment j'ai couru comme une demeurée. Mais ne vous inquiétez pas, j'ai trouvé d'autres compagnons demeurés avec moi.
Après un vol fort agréable à regarder les derniers films du box-office sur ma mini-télé perso et à jouer au solitaire avec ma télécommande, j'arrive in extremis pour mon autre vol en sueur, due plus au 40°c qu'à la course. Mon vol suivant se passe de manière excellente, notamment grâce à ma voisine, une Japonaise qui rentre au pays pour ses vacances, avec qui je me suis très bien entendue. Nous discutons ensemble pendant un moment, prenons un diner japonais et passons une bonne partie de la nuit à jouer au bowling en essayant d'atteindre 200 points. Je me fais ainsi baptisée "Disaster-sama' et elle, "Oujou-sama" (Mademoiselle de bonne famille) puisque je rate presque tous mes tirs au début. Je décide de dormir ensuite, ne l'ayant pas fait au vol précédent, pour une durée totale de... 3h. Mon ventre me réveille vers les 9h30, heure locale (centre de la Chine). Je suis étonnée de voir que petit-déjeuner rime aussi avec déjeuner : nous avons un plateau-repas avec un mixte des deux. Omelette chaude et pommes de terre à 10h. Je suis navrée mais je ne suis pas du genre à prendre quelque chose de chaud le matin, sauf mon café. Passons, je me suis dit que si le déjeuner était servi maintenant, il n'y en aurait pas par la suite. Et j'avais raison d'ailleurs.

Passons les détails du trajet de l'aéroport jusqu'à la station Kumanomae sur la ligne Nippro-Toneri, juste que je n'ai jamais pu dire au revoir à ma nouvelle amie même si elle m'avait dit qu'elle m'attendrait aux valises, chose que je regrette encore (et j'espère que ses vacances se passent bien !) et j'ai passé de toute façon une bonne partie du trajet à discuter avec l'amie venue me récupérer. Dîtes vous que c'était essentiellement la campagne, avec des maisons très traditionnelles.
Nous descendons donc à Kumanomae. Heureusement que mon amie avait son portable et surtout la connexion internet et s'est ainsi servie de son GPS pour nous guider jusqu'au dortoir. Quand on ne connaît pas, les rues japonaises peuvent sembler tortueuses et confuses. Pourtant, il y a des panneaux qui indiquent le nom de la rue, juste que des fois, on ne sait pas quelle rue le panneau désigne.
Après avoir envoyé au ciel mes sincères remerciements pour m'avoir fait rencontré mon amie, et après l'avoir remercié elle, nous arrivons devant un vieux bâtiment. Nous entrons où le silence absolue nous accueille. Nous enlevons nos chaussures, à la japonaise avant de rentrer. Une personne arrive mais part aussi tôt sans que j'ai eu le temps d'ouvrir la bouche. Je m'avance dans le couloir et aperçois deux personnes asiatiques discutant entre elles. Je m'adresse à elles en japonais. Tête gênée. Que cela ne tienne, des nouveaux peut-être, je switch donc en anglais. Lèvres pincées, et le geste international de "j'capte pas ce que tu racontes". Ne parlant que le japonais, le français et l'anglais, je me demande alors comment nous allons pouvoir communiquer. Je retourne voir mon amie et lui relate ma découverte. Elle prend ainsi les choses en main et me sauve presque littéralement la vie : elle appelle le numéro indiquée à la loge, on lui répond que ce n'est pas l'école qu'il faut contacter mais la personne en charge du dortoir, elle appelle au nouveau numéro, la personne au bout du fil se demande si on ne s'est pas trompé de dortoir. Elle continue ainsi les appels et devons attendre des réponses qui peinent à tarder tandis que je panique toute seule dans mon coin en me demandant bien ce que c'est que ce bordel. Au bout de ce qu'il me semble être une éternité, et qui devait être une bonne quinzaine de minutes, on nous rappelle et nous informe qu'un sensei (professeur) arrive pour me donner la clef de ma chambre. Merci bien, c'est bien aimable.
Le sensei parle extrêmement vite. Ajouté ma montée de stress, sur une base d'un manque de sommeil et saupoudré par un décalage horaire de 7h, et vous pouvez comprendre je pense que j'avais le plus grand mal à le comprendre, voire que je le comprenais pas du tout par moment. Ce cher monsieur n'a-t-il pas reçu comme consignes de parler lentement et de manière articulée en face de nouveaux élèves dont il n'avait aucune idée du niveau de japonais ? Passons, il me montre le chemin. Une moquette sale et vieille avec des taches d'humidité causées par la pluie, des murs tachetés et parfois troués et une chambre avec du scotch au sol en guise de réparation miracle (sans compter les meubles sales, le bouton du courant avec deux trous qui permettent de voir les fils électriques, je tombe un peu de haut. Certes, je ne m'attendais pas à du 5 étoiles mais à un minimum de propreté. L'immeuble me semble à la limite de l'insalubrité. Moi, dont la mère est une psychopathe du ménage, est plutôt mal à l'aise.

Je range un minimum mes affaires puis nous partons visiter les alentours avec mon amie. Sur le chemin, nous mangeons un ramen. Deuxième merveille du Japon (à part le train propre et pratique) : la commande. A l'entrée, une machine, style distributeur de boissons. Je vois différentes photos qui correspondent à ce que le restaurant propose ! La commande marche comme un distributeur : recherche de ce qu'on désire manger, on paye en enfilant le billet ou les pièces dans les entrées correspondantes et on sélectionne en appuyant sur le bouton. Une employée nous remercie et rappelle notre commande avant de partir en cuisine. Quelques petites minutes plus tard, je reçois mon bol fumant de ramen chaud pour 620 yens (environ 4,5 à 1 euro = 133 yens). C'est bon, c'est chaud, c'est tranquille et conviviale. J'aime. Ma première étrangeté arrive alors que je déguste mon ramen un homme entrouvre la porte et commence à me parler. Je ne comprends pas vraiment sur le coup et me tourne vers mon amie. L'homme sort et depuis la fenêtre me fait un signe au niveau de ses fesses. Mon amie et l'employée essaye de m'expliquer avant que je comprenne enfin : j'ai un jean taille basse et l'homme a dû voir le début de ma culotte. Je ne sais pas vraiment si j'ai été choquée par le fait qu'il me fasse une remarque pareille ou si je devrais plutôt être choquée que personne ne fait la remarque aux filles en France. Je relève tant bien que mal mon pantalon et finissons de manger. Nous continuons jusqu'à la station Nippori. Il fait nuit, et le carrefour très occupé par ses boutiques, ses restaurants et ses immeubles de pachinko (très bruyant !) est éclairé comme en plein jour. Je ne vous dis même pas le choc pour les yeux quand d'un coup, les rues qui étaient bien sombres se retrouvent illuminées comme la veille de Noël sans crier gare. Mon amie, fan de cosplay, me montre une boutique nommée Marple avec toutes sortes de perruque et des cosplay à acheter : Tiger&Bunny, Free! (la dernière mode), Vampire Knight, Magi the Labyrinth of Magic, Vocaloid et j'en passe sont dans leurs petits sacs plastiques près à être portés.

Nous entamons après ça le chemin du retour. Nous fixons l'heure et le lieu de rendez-vous pour le lendemain avec mon amie et je rentre au dortoir. Je croise des personnes à que je salue. Aucune réaction, ignorance totale. Je suis un peu déstabilisée pour ce qui pour moi, est une marque d'impolitesse totale. Je me connecte à Skype, parle avec mes parents et me couche à 23h. Fatiguée mais cerveau en plein régime, je me tracasse de plein de choses. Mes espérances sur le dortoir venaient de se prendre un coup de balai dans les fesses et moi avec. Heureusement, je suis toute seule dans ma chambre. Je suis à vrai dire la seule Occidentale du dortoir, ce qui augmente mon sentiment d'isolement. Je me réveille à 1h30, après un très court temps de sommeil. J'erre dans les couloirs comme un fantôme, à la recherche de quelqu'un peut-être encore debout et qui serait assez gentil pour me tenir compagnie. Beaucoup de garçons sont réveillés mais m'ignorent totalement. Je finis dans le couloir, à jouer aux cartes toute seule. Mon ordinateur n'avait plus de batterie et l'adaptateur (merci Darty) ne correspondait pas à la prise japonaise donc impossible de le charger. Je décide de retourner au lit, met mon casque sur les oreilles et m'endors enfin après un long moment à me retourner dans mon lit.

Ps : Tout ceci est réellement arrivé et je suis actuellement en phase "mal du pays" donc excusez-moi si ça peut paraître dépressif mais je suis encore assez déboussolée et n'est jamais vécue seule auparavant.

Article intéressant ?

Galerie photos

  • Mon avion, compagnie Etihad Airways
  • P1060100
  • P1060101
  • P1060103
  • P1050940
  • P1050941
  • P1050943
  • P1050944
  • P1050945
  • P1050946
  • P1050950
  • P1050951
  • P1050952
  • P1050953
  • P1050954
  • P1050955
  • P1050956
  • P1050957
  • P1050959
  • P1050963
  • P1050964
  • P1050965
  • P1050966
  • P1050967
  • P1050968
  • P1050969
  • P1050970
  • P1050971
  • P1050972
  • P1050978
  • P1050979
  • P1050980
  • P1050983
  • P1050984
  • P1050985
  • P1050986
  • P1050987
  • P1050988
  • P1050989
  • P1050990
  • P1050991
  • P1050992
  • P1050993
  • P1060001
  • P1060004
  • P1060005
  • P1060008
  • P1060009
  • P1060015
  • P1060016
  • P1060018
  • P1060021
  • P1060022
  • P1060023
  • P1060024
  • P1060025
  • P1060026
  • P1060027
  • P1060029
  • P1060030
  • P1060031
  • P1060033
  • P1060034
  • P1060036
  • P1060037
  • P1060038
  • P1060044
  • P1060046
  • P1060047
  • P1060048
  • P1060052
  • P1060053
  • P1060054
  • P1060055
  • P1060057
  • P1060058
  • P1060059
  • P1060060
  • P1060061
  • P1060062
  • P1060063
  • P1060064
  • De l'eau dispo dans la rue pour les chats et les chiens !
  • P1060066
  • P1060067
  • P1060068
  • P1060070
  • P1060072
  • P1060074
  • P1060075
  • P1060076
  • P1060077

Découvrez les autres articles de sytuki

Commentaires

04 Octobre 2013
12:18

Superbe, je pars le 20 pour dix jours à Tokyo et ton article m'a encore plus inspiré! Je n'ai pu m'empecher d'avoir un sourire en regardant les photos =)! Bonne chance pour la suite!

Ajouter un commentaire