Japon, épisode 3

04 avril,

Après un déjeuner sur le port et avoir observé les cargos faire leur incessant manège, départ pour Sakurajima, l'ile volcanique à la pointe de Kagoshima. Quelques minutes de ferry suffisent à rejoindre le lieu. Le cœur est accessible de préférence en voiture car la marche est longue, mais il existe un sentier qui longe la mer et s'étend sur plusieurs kilomètres. Le mélange de cette roche volcanique noire et d'une végétation plutôt luxuriante fournit un contraste intéressant. Je flâne plusieurs heures dans ce cadre, avant de tomber plus tard sur une statue géante gravée dans la roche : il s'agit d'un visage en train de crier et d'une guitare dépassant du sol. Dessous, on peut lire qu'il y a 10 ans, l'ile de 5000 habitants a vu arriver 75000 visiteurs pour un concert d'une nuit entière. Et ce monument lui est dédié. En rentrant, je tente d'aller au centre-ville (je loge près du port cette fois ci) pour une sorte de festival tenu le week-end. Hélas, c'était sans compter sur le fait que tout fermait à 19h30. Donc je me ballade un peu, puis rentre paisiblement à l'auberge.

05 avril,

Départ pour Kumamoto. Le trajet n'est pas très long, et j'arrive donc à l'auberge tôt. Le lieu est tout simplement étonnant. Tout de bois cire vêtu, avec chambres traditionnelles incluses. Puis je file vers le centre. Dans une galerie recommandée par mon guide. Je commence à faire la queue car c'est un lieu prise, avant de me rendre compte qu'il faut inscrire son nom sur un papier. Les serveuses sont vraisemblablement sélectionnées pour leur physique, car elles sont toutes magnifiques, en tenue de robe longue chinoises qui plus est. L'une d'elles tente d'appeler mon nom, mais prend peine à lire les lettres occidentale. La nourriture est à la hauteur, avec du poulet frit et plusieurs petits éléments que je ne saurais décrire. Ensuite, je décide de garder pour demain le gros de la visite et file du coup vers un jardin botanique tenu dans un zoo. Je n'avais pas mis les pieds dans un tel lieu depuis très longtemps, et je trouve que ça fait mal au cœur de voir ces bestioles tourner autour de leur cage, en dépression ferme quoi que correctement traitées en apparence. Le jardin est une déception. Ils ont même créé un cœur avec des fleurs, ce qui constitue la ringardise totale. Le seul intérêt tient dans le fait qu'ils ont installé une maison venue de San Antonio, offerte par le maire de la ville texane par le lien avec Kumamoto. Je rentre donc peu après.

06 avril,

Au petit matin, je pars vers le célèbre château de Kumamoto, dernier bastion des samouraïs. Je comprends que toute l'ile de Kyushu était en désaccord avec certains choix du gouvernement, et a tenté de résister, lors de la rébellion des Satsumas. En vain, puisque le château a fini dans les flammes. Le lieu est très impressionnant. Avant de m'y engouffrer, je vais voir quelques cerisiers, et tombe sur un quartier habite par les chats. Je remarque avec tristesse qu'ils sont souvent à l'abandon au Japon. On ne leur fait honneur qu'au travers du chat porte bonheur, mais guère plus... Puis je visite le château, grandement reconstruit au fil des années. Le lieu est agence non pas pour qu'on ne puisse pas entrer, mais de façon à ce que l'ascension soit limitée dans la largeur et à la merci d'assauts venant d'en haut. Arrive dans l'une des tourelles, la dernière encore d'origine, je fais la connaissance d'un vieil homme, tandis que le vent fait rage et que tout est ouvert. Il est employé la et me dit fièrement qu'il s'est porte volontaire. Il me demande de faire de la publicité pour ce château auprès de mes amis. Je lui demande comment les gardes luttaient contre le feu, puisque les tourelles sont en bois essentiellement. Il me répond en riant que c'est la raison pour laquelle il n'y en a plus qu'une. Je termine ma visite, puis rejoins la résidence d'un ancien samouraï. Le lieu est une véritable perfection. Sobre, élégant, tout .est parfaitement pense. Puis je décide ensuite de partir vers le jardin de la ville. Et la... surprise ! J'entends des bruits de tambours au loin. Puis en m'approchant, tombe sur un festival de percussions japonaises incroyable. Ce sont des jeunes, probablement étudiants, qui font une performance parfaitement synchronisée. Spectaculaire, d'autant que j'adore le taiko. À la fin, les musiciennes viennent me voir et me posent quelques questions en me remerciant de les avoir suivies. Un musicien les succède dans une relative indifférence générale. Il n'est pas mauvais, mais copie discrètement des titres comme Mrs Robinson et autres Don't Look Back In Anger. En arrivant au jardin juste derrière, 2nde surprise : il se prépare un festival de musiques traditionnelles, et des gens pavent le sol de milliers de bougies. J'assiste aux répétitions puis a la performance que je filme. Danses, chants, shamisen... tout y est. Je discute avec une dame, ou plutôt avec sa fille qui parle anglais pour demander le pourquoi de ce festival. La jeune fille pianote sur son portable, puis me montre une traduction disant "revival of a town". J'en déduis qu'ils célèbrent la résurrection de la ville suite à la chute du château. La nuit venue, les chandelles sont toutes allumées. Sacre spectacle... À la suite de quoi je rentre car, je dois retrouver Loïc, mon ancien compagnon de route qui arrive. Hélas, en arrivant, lui m'a laissé un message pour me dire qu'i est parti au festival. On se croise donc plus tard une dernière fois, avant de se quitter définitivement.

07 avril,

Départ au petit matin pour 3h de bus, direction Takachiho. La ville est perdue au milieu de nulle part. Pas de trains, des transports au minimum... Après un long moment de discussion avec les hôtesses d'accueil entre anglais et langage des signes, je finis par établir un petit programme. Les alentours sont très délicats à parcourir sans véhicule motorisé, car le paysage est grand et montagneux. De même pour parvenir à mon auberge de jeunesse. Plusieurs coups de fil plus tard avec l'hôtesse en traductrice, on finit par trouver un arrangement. Elle viendra me chercher et me ramènera en ville pas moins de 3 fois dans les 24h, et ce gracieusement. En attendant de la retrouver, je décolle jusqu'à la grotte d'Amaterasu. Pour ceux qui ne connaitraient pas l'histoire, je vous recommande fortement de lire la partie la concernant dans mon article sur la mythologie japonaise qui vous résumera le pourquoi de ce lieu et son importance, ainsi que pour la suite des évènements :

http://www.kanpai.fr/japon/mythologie-japonaise-personnages-emblematiques.html

Le lieu est court à visiter, mais très emblématique pour les japonais, qui ont formé des petits Kerns par centaines tout autour de la grotte en hommage. Comme j'ai du temps devant moi avant qu'un bus ne repasse, je déambule et croise des enfants japonais tous fiers de me dire bonjour en anglais. Je tombe sur un petit cimetière Burtonien au milieu des bois, ainsi qu'un temple qui orne le miroir caractéristique de la déesse Amaterasu (lisez l'article !). En retournant en ville, je rencontre la dame qui me dépose à son auberge, à environ 45 minutes à pieds du centre-ville. J'ai bien fait de refuser d'y aller à pieds, avec mes sacs... Puis plus tard la dame me ramène pour le kagura. Comme j'ai du temps, je descends à la gorge, un lieu très réputée du coin. En marchant je croise des écolières, qui chacune au fil de mes rencontres me saluent en souriant. Bien polis, ces enfants... Arrivé à la gorge, c'est très beau en effet... sauf que la nuit tombe d'un coup. De ce fait, je ne verrais pas grand-chose. Je dois remonter par la route, ce qui est un peu dangereux car je suis un piéton dans les routes montagneuses de nuit, puis arrive à temps après un petit en-cas pour le kagura. Le kagura est un festival, pratique chaque soir de l'année, qui rejoue la façon dont les kamis ont sortis Amaterasu de la grotte dans laquelle elle s'était cachée (lisez l'article !!!). C'est très traditionnel, assez intime dans la mesure où je suis le seul gaijin à des kilomètres à la ronde. Pour finir, ils jouent aussi un autre évènement, de façon beaucoup moins sérieuse, celui de la naissance du Japon selon la mythologie (aussi dans l'article). Et c’est sur ces notes qui me fascinent personnellement que se termine ma journée. Toutefois, je ne recommande la ville qu'a ceux qui aiment ce genre de chose. Sans ça y aller est cher et en partir galère, et pas si intéressant pour du simple tourisme, a moins bien sûr d'avoir une voiture...

08 avril,

De bon matin je repars vers Beppu cette fois, car y parvenir est chose assez délicate (1 bus + 2 trains). En début d'après midi j'y parviens. C'est une assez bonne surprise, car le lieu est pris entre la mer et des montagnes juste a son dos. Les rues sont escarpées et bordelières, ce qui donne à la ville un charme particulier. Je galère évidemment pour trouver l'auberge. Mais une fois arrive, je décide de parcourir une partie de la ville a pieds. Je trouve un parc plutôt joli dans lequel on peut encore profiter du hanami, un cimetière avec de nombreux chats abandonnes maigrichons et ayant vraisemblablement subit les assauts agressifs d'un mâle dominant, et trouve ce curieux bâtiment qui monte jusqu'à 100m de haut, puis enfin visite le musée de fabrication des bambous. En début de soirée je rentre me prélasser dans mon auberge, puis part diner. Là, je rencontre un français du style jeune cadre dynamique qui m'aborde et que je ne reverrais finalement pas, puis sympathise avec mon voisin de table allemand. Il a la main lourde sur la boisson et me propose d'aller boire un verre. J'accepte, on trouve entre de nombreux bar a hôtesses un bar un peu vide. On boit une bière, rencontrons un chinois ambitieux qui fait ses études ici. L'allemand, dont j'ai perdu son nom à coucher dehors, me raconte qu'il est tatoueur, spécialisé dans les tatouages traditionnels japonais. Il me dit qu'il n'a jamais eu de problèmes avec les onsens (ou normalement il est interdit pour les tatoues d'entrer, à cause des Yakusas). Il veut partir ensuite boire un autre verre dans un autre bar. On tombe sur ce petit lieu style années 60 ringarde, tenu par un vieux couple. Là, il y a un seul client, un habitue. Il parle français. Je l'écoute m'expliquer qu'il a tout appris en regardant la tv et en écoutant la radio et ce alors qu'il parle un français impeccable ! Je suis stupéfait. On discute un long moment, et je découvre un homme de 61 ans très curieux, assez critique avec les siens bien qu'il tempère ses propos. Il adore les années 60 françaises, évidemment, et est fan de Veronique Sanson. Pendant ce temps, mon collègue parle en japonais avec le couple. La femme fait la conversation, s'étonne et ris de tout, pendant que le mari tente des remarques que sa femme approuve constamment vivement. Arrivé à la fin, la mauvaise surprise : pour une bière, je paye le prix de 3, alors que mon comparse allemand paye a peine plus alors qu'il en a pris plusieurs. Sur la table, on nous avait donné des petits apéritifs et du beurre au raisin cuisine par le patron. Mon comparse d'un soir me dit que c'est la raison. Je me demande qui m'arnaque : mon nouvel ami qui se fait payer une partie de la facture ou le patron. Mais trop fatigue pour lutter, j’abdique et me jure qu'on ne m'y reprendra pas.

09 avril,

Journée loisirs sur Beppu. Je prends bien mon temps pour visiter les enfers, ces différents lieux abritant des onsens fumants de couleurs différentes. Les sites sont des nids à touristes, mais restent une curiosité graphique intrigante. À l'exception du geyser, peu spectaculaire. Puis je file au onsen. Celui-ci, plus exactement, et ça déchire tout !

Relaxé comme jamais, je rentre et organise simplement mon lendemain. À la base je devais partir en ferry, mais le trajet n'existe plus depuis 3 ans et devient quasiment identique à faire en train (surtout que c'est gratuit pour moi).

10 avril,

Je pars de bon matin vers Matsuyama, sur l'ile de Shikoku. Adieu Kyūshū, tu m'as beaucoup plu ! 7 heures de trains, c'est long, mais pas tant que ça quand on change souvent (3 fois). En traversant l'océan, se dresse un véritable spectacle sous mes pieds : on est sur un pont métallique, qui laisse entrevoir l'océan plusieurs 10aine de mètres en contrebas. C'est excellent ! Arrive sur place, je file aux informations. Là, le type me révèle que mon hôtel n'est pas dans la ville et parle de 40 min pour y arriver, plus un bus. Après toute cette route, je suis dégouté. Mais en fait, il découvre qu'il y a bien plus simple. À un arrêt de train d'ici, je peux arriver à l'hôtel en 10 min à pieds. Le type, super sympa, m'imprime carrément une carte Google pour m'explique comment y aller. Du coup, tout est très simple. 30 minutes plus tard, j'y suis rendu. C'est le fameux love hotel que j'attendais avec impatience. Pour ceux qui ne seraient pas familiers du concept, puisque depuis longtemps les familles vivaient avec leurs enfants, afin d'étancher leur soif d'amour et de passion brulante, les jeunes allaient dans ces hôtels afin d'accomplir les rites nuptiaux. Mais depuis, c'est une sorte de tradition. En arrivant, le lieu est un mix improbable entre une architecture renaissance kitsch et une déco façon soirées romaines. Avec une petite touche de déco de chez mamie, avec les cadres ou une rose est dessinée et le cygne en porcelaine sous vitrage, avec bien sur les gros bouquets en plastique. Et moi qui arrive avec mes sacs à dos, la ou les couples viennent roucouler... La chambre est à la hauteur. Je suis surpris de ne pas trouver le tapis du tigre au sol, mais tout le reste y est : des miroirs à profusion, une lampe rouge au plafond au-dessus du lit, un rétroprojecteur géant avec du porno censure a tous les étages... et un jacuzzi pour amateur de tuning ! On peut même choisir sa couleur préférée. Du côté cool, on peut brancher son mp3 et le relier dans toutes les pièces. Si bien que je me vautre dans le bain en écoutant du Nine Inch Nails à fond. Le kiff. Pour le soir, je reviens en ville et me ballade dans le parc de la ville. Je découvre que de nombreux habitants louent du matériel pour faire des barbecues au milieu du parc. Tout le monde semble beaucoup s'amuser. Je monte tout en haut du parc, rencontre quelques solitaires qui viennent regarder la ville tandis que je prends quelques photos, car la vue est très panoramique. Puis je finis par rentrer.

11 avril,

À regret je quitte mon lieu de beaufitude galactique pour revenir en ville et profiter du château près de la gare. Le tout est entouré par un immense parc verdoyant. C'est très agréable à visiter et je recommande ce lieu hautement. Le château a un historique très bien explique (fait plutôt rare) et en anglais quasiment sans fautes (encore plus rare). Je découvre que c'est ici qu'aurait été écrit le livre des 5 anneaux, ce qui parlera à tous les rôlistes que je connais. Puis dans le début d'après-midi je pars vers Takamatsu. Là, je trouve une ville très spacieuse, l'exact opposé de Beppu. Je me pose à l'hôtel puis pars me balader. Les ruines d'un vieux château sont belles à voir sur ce soleil qui commence à descendre, et je finis sur le port, très intriguant avec son phare en verre rouge vif. Je prends pleins de photos et de vidéos et croise de nombreux pécheurs qui s'attardent a la nuit tombée. Puis je rentre paisiblement.

12 avril,

J'ai toujours été le type le plus chanceux du monde. Non, sérieusement. J'ai même fait des statistiques avec des dés pour prouver ma théorie. Sur 10 des lancés 100 fois chacun, ma meilleure moyenne ne dépassait pas 5 sur 10 (oui, j'avais du temps à perdre). Bref. Donc, un type se cale à cote de moi, avec sa nana. Deux teutons encore. Et bien sûr, le type ronfle si fort qu'il en fait trembler les murs. Je suis oblige de partir à l'autre bout de la pièce pendant une partie de la nuit pour ne pas complètement être mort le lendemain. Mais je me lève de méchante humeur, et pars visiter le parc Ritsurin, l'un des plus célèbres et anciens parcs (il date de 1625). Il est très beau et agréable, excessivement relaxant et harmonieux, pour quiconque sera sensible à ce genre de choses. Une vraie merveille. Je reviens et envisage de partir vers une ile proche, abritant une grotte à visiter et célébrant les démons (qui sont supposés vivre sous terre selon la mythologie nippone). Mais le ferry part dans 1h30 et je suis très fatigué. Du coup je rentre et me réveille 3h plus tard. Grace à mon cher voisin, j'ai perdu la moitié de ma journée. Je pars vers le meilleur udon (nouilles japonaises) de la ville à ce qu'on dit. J'y rencontre des suisses francophones qui me le confirment. Et en effet, c'est délicieux, bien que j'ai choisi l'accompagnement au hasard. Puis comme tout semble ferme à 21h, je rentre et me prépare pour demain. Sauf que bien sûr, mon cher voisin est de retour, et il n'est plus seul ! Toutefois, un petit miracle du cerveau humain arrive (seuls comprendront les amateurs de jeux vidéo) :

En ce moment, je joue à Fez, dont le principe est de trouver un jeu en 2D dans un univers en 3D. Ce qui fait qu'on peut tourner le jeu sous 4 angles différents, chacun offrant une autre perspective. Et du coup, en demi sommeil, agace par mes voisins ronfleurs, mon cerveau retord a envisagé qu'en tournant dans mon esprit dans un autre décor, je pouvais occulter cette réalité et donc occulter la donnée sonore environnante au profit d'un bruit de foret. Cerveau humain, tu es fascinant... Car j'aurais ainsi pu dormir quelques heures comme ceci.

13 avril,

Le temps est hélas pourri. J'hésite très fortement à aller au Konpira-san, l'un des 88 lieux de pèlerinages les plus prises sur l'ile de Shikoku. Devant la pluie menaçante, je vais d'abord voir à la gare les horaires pour venir à Osaka. Mais la vendeuse ne comprend pas et m'imprime mes billets à la place. Je prends ça comme un signe et donc décide de revenir directement sur Osaka. Arrive sur place, après de multiples galères pour savoir où est mon hôtel je finis par tomber... a 10 mètres du satane hôtel qui m'avait valu une sacrée 1ère nuit au Japon ! Cela dit, ouf, le lieu est sensiblement meilleur ! Sur place, je découvre qu'il y a un parc près de là. Je déjeune dans le coin et découvre beaucoup de pauvreté, avec des SDF et des rues peu habituelles dans tout ce que j'ai pu voir jusqu'ici. Pas de danger, mais c'est surprenant... Je refuse de visiter le parc qui est un zoo, mais je visite autour et trouve des lieux pittoresques assez intéressants, ainsi qu'un temple ancien plutôt agréable. À l'exception d'une zone, ou la gardienne fait tout pour que je parte, de peur que je désacralise le lieu sans doute. Je rentre pour faire la rencontre d'une jeune suédoise charmante avec qui on passe un long moment. Là, je découvre qu'elle fabrique des camions (comme quoi... mais ça surprend, j'avoue). Je lui donne plusieurs tuyaux pour la suite de son parcours et on se promet de passer le lendemain soir ensemble pour mon dernier jour au Japon, a l'Umeda Sky Building. La suite de ma soirée tient en l'écriture de cet article. À suivre et fin, donc...

14 avril,

Je croise d’emblée ma nouvelle amie suédoise, qui m’annonce l’air triste ne pas pouvoir revenir sur Osaka ce soir, faute de chambre libre. Arf, monde cruel… Je décide de profiter allègrement de cette dernière journée, et m’oriente vers le château d’Osaka. L’endroit est extraordinairement touristique, et c’est la première fois que je croise autant de gens au mètre carré. Le château est une curiosité avec sa décoration extérieure très voyante, et l’intérieur est très complet, même si je ne le trouve pas transcendant. J’ai pris un pass double pour ensuite profiter du musée de l’histoire de la ville à moindre prix. En sortant (sous un soleil magnifique), je cherche le musée. Après avoir fait deux fois le tour du jardin encerclant le château (et c’est TRÈS grand), aucune indication voir même des emplacements contradictoires, je finis par déduction par trouver le lieu. Sur 10 étages, toute l’histoire d’Osaka est expliquée, période par période. Je m’arme pour cela d’un guide audio, fort pratique en l’occurrence. Et sincèrement, je n’ai jamais vu ça. Tout est détaillé de façon extrêmement précise, jusqu’à outrance. Deux étages superposés reproduisent même des quartiers de la ville selon l’évolution architecturale au fur et à mesure du 20ème siècle. Avec des mannequins vêtus selon la mode de leur époque, ce qui donne un aspect très curieux à l’ensemble, presque Pompéi-esque. En sortant, je vais me poser dans un parc avoisinant pour manger. Puis me met en quête d’une carte postale… Car ce n’est franchement pas chose facile. Je croise beaucoup de jeunes filles arborant sur leur joue droite une larme bleue, dont certaines serties d’une sorte de bijou. Il semblerait que ce soit très à la mode. Dans un complexe commercial, je trouve finalement ce que je cherche. Puis je me mets en quête de saké. Je trouve bien des boutiques, mais impossible de trouver un commerçant suffisamment important pour obtenir LE saké que je cherche. Frustré, je me rabats sur les conseils donnés, bien que la communication soit très difficile avec les commerçants non-anglophones. Puis je me mets ensuite en quête d’un bureau de poste. Des policiers tentent de m’expliquer ou aller, mais encore une fois sans anglais c’est difficile. Je comprends l’essentiel, et demande à nouveau poliment mon chemin un peu plus loin à un commerçant qui est devant sa boutique, en compagnie d’une cliente qui s’en va. Mais c’était sans compter sur ce charmant monsieur qui décide de m’envoyer paitre d’un simple geste de la main, refusant carrément de communiquer, quand bien même je lui avais demandé mon chemin en japonais. La cliente fait également silence, si bien que, estomaqué par tant de stupidité, je traverse la route pour pouvoir enfin satisfaire ma requête en m’adressant à un autre commerçant. Ce dernier est bien plus sympathique, et m’explique que c’est juste au coin de la rue, à une 20aine de mètres de là… Une fois mes emplettes terminées, je me dirige vers Umeda afin de profiter de la fin de journée. Je prends la ligne JR, qui nécessite ensuite de marcher un peu pour rejoindre le lieu. Je demande mon chemin de nouveau, on me demande de prendre le métro, ce que je refuse plusieurs fois et fais enfin comprendre que je veux y aller à pieds. On me propose un chemin assez compliqué, alors qu’en réalité, c’est éminemment simple et court (pas la peine d’utiliser le métro). Je me mets en quête d’un restaurant d’okonomiyakis, ces sortes de crêpes salées que vous avez déjà vues si vous connaissez Ranma ½ et le personnage d’Ukyō (ou Frédérique en V.F… -_-‘). Je cherche un petit moment, puis trouve un excellent restaurant, avec les plaques intégrées à votre table. Le cuisinier vient avec les éléments, vous les montre et le écrase, puis les fait saisir sur la plaque. À la suite de quoi il laisse la chose finir de dorer sans laisser la plaque allumée, puis reviens quelques minutes plus tard pour retourner la chose en y ajoutant une sorte de feuille de vigne. Après avoir fait cela 4 fois, il ajoute un œuf qu’il fait cuire, puis y ajuste la crêpe dessus. Il la retourne et enfin dépose quelques sauces de votre choix dessus. Vous avez ensuite vos spatules pour couper votre plat. Ma voisine voit mon okonomiyaki et se retrouve hilare. Je ne sais pas ce que j’ai fait, mais je décide de ne pas me vexer et mange en lui souriant et lui disant quelques mots que je connais. C’est vraiment délicieux, et très complet en plus. Parfait avec un saké sec légèrement fruité, comme c’est mon cas. Ma voisine part en riant une dernière fois et me salue. Je demande ensuite aux serveurs s’ils connaissent un endroit pour acheter du saké. Ils pensent que je veux picoler, mais comprennent ce que je leur demande. Je cherche l’endroit un long moment dans un quartier très jeune et festif (on y trouve même des clubs très branchés), puis trouve. En vain, car le fameux saké que je cherche n’est pas là non plus ! Le temps tournant, je me dirige vers l’Umeda Sky Building pour profiter de la ville et prendre un maximum de photos. Cette fois-ci, le ciel est dégagé, et j’en profite autant que possible sur ce toit avec son sol étoilé. Par contre le vent frais rend la fin de mon observation un peu moins agréable au bout d’une demi-heure. Je rentre ensuite chez moi, car je dois préparer mes bagages. Après tout, c’est demain matin que je pars…

15 avril,

Fin du voyage. La nuit a été courte et dans la crainte de manquer mon vol je n’ai pratiquement pas dormi. Je savoure mes derniers instants sur les terres nippones jusque durant le parcours en train, avant de m’engouffrer dans la zone aéroportuaire. Là, je me dis que je pourrais trouver mon saké. Mais rien à faire. Et pire encore ! En zone duty free je pars pour prendre un autre saké du même acabit, mais la vendeuse me demande si j’ai une correspondance en France. Je lui dis que oui. Elle me répond désolée que dans ce cas, je ne peux pas prendre le saké, parce que l’aéroport de Paris va me le confisquer ! Débilité 2000 ! Ça sert à quoi, alors, le duty free, si ça ne fonctionne pas pour se balader avec du matériel ? Et puis, soyons logiques : je vais d’Osaka à Paris : aucun problème pour prendre des bouteilles en verre. Par contre sur un pauvre Paris-Mérignac, je risque de devenir un dangereux terroriste, ouh-la-la… Des fois que je veuille détruire la rocade, on ne sait jamais… Crétins, va… Bref, je profite un maximum de l’envol, que je filme et photographie puisque je suis côté hublot.

Adieu, Japon. Je ne sais pas si je pourrais te revoir un jour, car le prochain séjour que j’ambitionne se situe du côté de la Mongolie, mais si je le peux… Je n’aime pas tout chez toi, et certains de tes habitants sont de véritables bigots ignorants et effrayés par l’idée même de la différence et du changement. Mais il y a aussi une richesse et parfois une ouverture des plus étonnantes. J’espère retrouver cette partie-là un jour. Pour le reste, comme nous de notre côté car nous ne valons pas mieux, je te souhaite de grandir, tout en sachant conserver ce que tu as de plus beau…

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Commentaires

Maman
22 Avril 2014
09:35

Merci, de nous avoir fait voyager ainsi avec toi........ maintenant, quand allons nous voir les photos.

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