Nouvelles éparses

Il est 23h20 alors que je commence cet article et je ne sais d'ores et déjà pas de quoi je vais vous parler dans cet article.

Je vis des choses, beaucoup de choses, depuis plus d'un mois. Être éloignée de mes proches, c'est dur mais c'est aussi une bonne leçon d'indépendance et une façon d'apprendre que je n'aime pas vivre seule avec moi-même. Je pourrais sortir, faire la fête, rencontrer des inconnus : avec mes horaires ridicules (cours de mercredi à vendredi) je pourrais facilement me le permettre. Sauf que j'ai un couvre-feu à 23h et que la plupart des gens ont cours les autres jours.

Mais j'en profite quand même ! Lundi passé je suis allée à Kamakura avec une copine de classe, son mari et une amie à elle. C'était joli.Et historiquement intéressant. Même si je ne suis pas une grande fan d'histoire japonaise en général et que j'ai plutôt passé mon temps à photographier des temples. À Kamakura, j'ai pu voir mes premières fougères japonaises d'ailleurs, et aussi acheter des mochis à la fougère. C'était vraiment délicieux. Et le marchand a mis une poudre et un liquide pour pouvoir confectionner soi-même ses warabi mochis, j'essayerai à l'occasion !

Mardi passé, j'ai fait un tour à Shibuya. J'ai regardé sur Kanpai.fr ce que les gens conseillaient (dans les commentaires des articles relatifs à Shibuya aussi) et dans mon guide. J'ai été assez déçue par Harajuku et l'image qu'on en donne en général. C'était un jour de semaine, c'est peut-être une raison pour expliquer le peu de monde qui s'y trouvait. C'est aussi à Shibuya que j'ai vu mes premiers clochards japonais, sous un pont, mais un pont de métro.

Et sinon ? Pokémon s'est emparé de mon âme. Depuis le jour de sa sortie, pas un jour ne passe sans que je me sente obligée d'allumer ma 3DS. Faut dire qu'elle est jolie ma 3DS LL collector "The year of Luigi" avec les starters du dernier Pokémon en coque de protection. Faut dire aussi que je le veux mon Chevroum shiny et que j'en suis à passé 300 oeufs (je pensais que ça irait plus vite que les hautes herbes, je me suis visiblement trompée) sans aucun résultat.

Par rapport à mon dernier article, je me fais au fait d'être ignorée. Limite je les ignorerais presque moi-même par moment. Les regards dans le métro sont parfois pesants, je me remets en question en me demandant ce que j'ai fait de faux, de mal. Limite je m'ignorerais presque moi-même si je le pouvais. J'aimerais pouvoir oublier qu'on me regarde parce que je ne suis pas Japonaise. J'aimerais pouvoir espérer qu'on me regarde parce qu'on me respecte, qu'on respecte le fait que j'ai choisi ce pays pour vivre une année, pour essayer de les comprendre. Mais je pense que dans six mois, ces regards seront toujours les-mêmes, parce que je n'aurai pas "jauni". Et je m'y fais. Difficilement, mais je m'y fais. J'ai la chance d'avoir un soutien en Europe et aussi sur place et je pense que c'est ce qui va me permettre de tenir jusqu'au bout.

Article intéressant ?

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Commentaires

kamepawa
28 Octobre 2013
16:14

TU n'y feras plus attention au bout d'un moment. Lors de mon premier voyage, je pensais comme toi mais au second, les choses étaient différents. Ce n'est qu'une question d’habitude. bon courage^^

E
28 Octobre 2013
16:17

Mais alors ? On t'ignore ou les regards sont pesants ? C'est un peu contradictoire.
Je vis également au Japon depuis un mois environ et je trouve que l'accueil y est plutôt agréable : chacun fait ce qu'il veut/doit et tout le monde se fiche la paix. Parfois, quand tu as besoin, une personne prend spontanément la peine de te venir en aide (souvent pour trouver la route).
Je trouve ton commentaire sur la couleur de peau un peu limite. Un peu d'intérêt pour l'histoire du Japon te permettrait, peut-être, d'appréhender ton quotidien de façon plus nuancée.

Cyberpilot
28 Octobre 2013
17:26

Le mal de pays, c'est bien, sois fière du faite que tu sais d’où tu viens, d'autres n'ont pas cette (mal)chance. Entre ignoré, c'est le propre des grandes villes, tout le monde s'ignore, on sens deja la différence entre Neuchâtel et Lausanne, rien que saluer les gens dans la rue devient mal vu... Par rapport aux regardes des autres, s'ils regardent, c'est que tu les interpelle, aucune raison de se dire que le regarde est méchant ou quoi que je soit d'autre. Je veux dire, c'est une habitude a prendre, et c'est vrai que certains ont plus l'habitude que d'autres, si ça te dérange, rends le regarde, ajoute un sourire, en face ça risque bien de sourire aussi, au moins par politesse. Perso, je souris pas, mais un petit hochement de la tête si c'est un mec, qui plus souvent que non est rendu, et si c'est une miss, je sors le grand regarde de trois quart avec les doigts qui souligne la stach, du grand art, si je ne puis le dire moi même. Allez courage, et lâche la DS et sors, même sans but, tu verras, on jaunis très bien a coup de *boisson locale*. (Valable pour tout endroit!)

28 Octobre 2013
18:14

C'est contradictoire mais c'est ainsi que je le ressens et c'est ce qui rend la chose encore plus pesante. J'ai l'impression que les regards me fuient, mais me regardent avant de me fuir pour m'ignorer.

Au Japon ou à Tokyo ? Ça peut paraître futile de faire une différence mais j'ai l'impression qu'il y en a une.
Aussi, ça dépend sûrement de ta personnalité. Je suis plutôt du genre à préférer me débrouiller toute seule, mais de toute façon encore personne, d'inconnu, n'a fait un geste pour m'aider.

Désolée pour le commentaire pour la couleur de peau. Les "Japonais" sont effectivement aussi "jaunes" que les "Européens" sont "blancs" et les "Africains" "noirs". Ce n'était en aucun but raciste que j'ai utilisé cette expression, mais pour marquer le fait qu'il y a bien une différence physique qui ne cessera de se voir.

28 Octobre 2013
18:15

Merci !
J'espère que je penserai ainsi aussi !

28 Octobre 2013
18:22

Si c'est une miss tu la dragues, quoi ? =p

Dans le métro, j'ai tenté les sourires, mais je crois que ça fait encore plus détourner le regard. Alors c'est bête mais du coup je me renferme sur moi-même. Je vais essayer de recommencer.

Errer sans but, je le fais, t'inquiètes pas, je ne pourrais pas rester enfermée dans ma chambre indéfiniment. J'ai pas encore parlé de mes balades en vélo, tiens, c'est vrai. Mais j'ai la chance d'avoir un vélo compris avec la chambre pour pouvoir faire mes courses - ou plutôt pour me promener en plein air.

Merci =)

29 Octobre 2013
07:57

Bonjour! C'est assez "étonnant" de lire un ressenti plutôt négatif, la majeure partie des étudiants partis au Japon relatent plutôt de bonnes choses... Je comprends que tu puisses mal te sentir, avec le mal du pays et la solitude... Mais je pense qu'il faut prendre sur soi, et se lancer au devant des autres. C'est sûr que quand on a l'air timide, tristoune et renfermé, c'est déjà pas très engageant. C'est difficile de s'ouvrir aux autres selon notre caractère, mais tu vis une expérience juste incroyable, qui pourrait t'être tellement enrichissante!! ^^ Mords la vie à pleines dents!! Il y a de plus en plus d'expatriés à Tokyo, c'est qu'ils ne sont en fait pas si méchants les japonais!! Il ne faudrait pas que dans quelques années, tu regrettes de ne pas avoir profité à 200% de ce séjour...
Super chouette le vélo!! *o* Mais c'est pas trop difficile de rouler dans cette grande ville? Surtout que les vélos, c'est sur les trottoirs, non??

29 Octobre 2013
10:16

Bonsoir !
Heureusement, il m'arrive aussi des bonnes choses, elles me marquent moins que les négatives et je ressens moins le besoin d'en parler. J'en parle sur le coup, avec mes proches sur Skype en général. Les choses négatives, j'en parle aussi, mais elles me rongent plus de l'intérieur. Mais les positives sont celles qui me permettent de rester, évidemment. Sinon je serais déjà partie. ^^"
J'en profiterai, ne t'inquiètes pas ! Il me faut juste mon rythme pour m'habituer.

Je n'ai pas encore tenté le vélo en plein Shinjuku, honnêtement. J'ai surtout profité du fait que mon foyer soit un peu excentré pour pédaler au bord de l'eau ou dans les ruelles peu fréquentées. Et oui, les vélos c'est sur les trottoirs. Mais étonnamment ça me rassure presque plus que si je devais rester non-stop sur la route. Même si je suis consciente de quel côté il faut rouler, dans les ruelles je tombe toujours sur d'autres cyclistes qui me mettent le doute, mais juste parce que ce sont eux qui roulent du mauvais côté ou au milieu de la route. J'aurais peur de m'engager sur une route sur le mauvais côté, même si on doit le remarquer assez rapidement.

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