Comme de nombreux voyageurs, c'est à travers la bande-dessinée japonaise que j'ai découvert la culture japonaise. Bien sûr cela peut faire sourire et j'ai depuis longtemps bien compris que le Japon n'est pas un pays dans un manga.

Mon premier contact avec un vrai manga je m'en souviens encore. J'étais en 4ème et un de mes camarades avait un volume de Dragon Ball. A l'époque bien sûr, tout le monde connaissait bien Dragon Ball Z. Sauf qu'à l"époque, peut savait que la dernière lettre de l'alphabet ne s'appliquait qu'à l'anime.

Cela fait bientôt 20 ans que je suis un grand amateur de manga. Certes, ma passion a évolué au fil des périodes qui ont marqué ma vie.

La "Préhistoire" du manga en France

Je vous parle d'un temps où vous ne trouviez pas la moindre édition française. Pas même de Dragon Ball ou de Saint Seiya qui pourtant cartonnaient dans le Club Dorothée. Une époque où es étagères de ma chambre d'adolescent se sont remplies d'éditions purement japonaise des aventures de Goku et Ranma mes deux gros coups de coeur à ce moment. Il fallait aller se promener du côté de Pyramides à Paris pour trouver ces lieux étranges, des librairies nippones. Tellement minuscules aux couloirs si étroits que l'on ne pouvait pas vraiment rester sur place et feuilleter comme là-bas dis ! Des BD que l'on payait déjà assez cher mais au moins c'était de l'authentique. On y comprenais rien (du moins ce qu'il y avait dans les bulles) mais notre cerveau trouvait un moyen de donner un sens à tout ça. Junku pour ne citer qu'elle. Ce lieu a depuis déménagé de la rue Saint-Honoré et a bien grossi tant physiquement que financièrement.

Par la suite, dans le XIème est arrivée la librairie Tonkam, rue Keller. C'était un peu moins cher que dans le Ier arrondissement. Et puis on trouvait des goodies également.

Quand l'édition française se dit qu'il y a peut-être de l'argent à se faire

Le premier éditeur à traduire des mangas fut Glénat. Cela a commencé timidement avec Dragon Ball justement. Au départ, pas question de mettre en vente les gros pavés japonais de 400 pages. Des sortes de mini-mangas font alors leur apparition. La traduction est approximative, la maquette bon marché mais qu'importe. Voir apparaître le français dans les bulles de nos héros, c'est juste grandiose.

Arriveront à la même époque, Akira, Ghost in The Shell et d'autres titres que j'ai oubliés.

Aujourd'hui, la bande-dessinée en noir et blanc est un marché juteux pour l'édition française. Celle-ci a également amélioré sa politique qualité tant en matière de version que de mise en page. Certains titres d'ailleurs comme One Piece ont été retravaillé pour être plus en adéquation avec le travail d'origine.

Le sens de lecture a longtemps fait débat. Certaines maisons avaient opté pour un déroulement à la française tandis que quelques aventuriers ont conservé les pages allant de gauche à droite. Mais aujourd'hui, c'est une lecture à la japonaise qui est majoritaire et tant mieux.

Manga VS Anime

Les mangas qui ont du succès sont très souvent adapté en dessins animés. Selon les studios choisis et le budget consacré, la qualité varient c'est inéluctable. Au même titre que pour être au même rythme que l'édition, les producteurs n'hésitent pas à caser des arcs narratifs sortant de l'histoire originale. Il en ressort parfois du bon mais hélas trop souvent des scénarios bancales et mal inspirés. Toutefois, l'une des plus belles exception à ma connaissance reste Saint Seiya et le chapitre Asgard. Après l'épopée du Sanctuaire qui avait relevé le niveau (oui pour l'oeuvre de Masami Kurumada commence vraiment là), le Grand Nord est une bulle d'oxygène et magnifiquement intégrée dans la saga. Un anime qui plus largement a fait beaucoup de bien à un manga qui visuellement faisait très mal aux yeux. Le travail de Shingo Araki a été un véritable ravalement pour les héros et leurs armures.

Non sérieux, y'a pas photo !

A l'heure actuelle, je suis plus tourné vers le manga. Les anime sont souvent beaucoup trop longs. Seules certaines séries originales comme Escaflowne, Evangelion, Nadia ont pour moi une véritables valeur artistiques. Il y a Full Metal Alchemist qui est LA grosse exception qui confirme ma règle.

Le manga dans l'ère numérique

A l'heure des ordinateurs, des tablettes et des smartphones, je suis affligé de constater que seul une poignée d'éditeurs français proposent des version ebook de leurs titres. Il y a quelques années, j'avais contacté Glénat, Pika qui m'avaient répondu que ce type de format n'était pas à l'ordre du jour. Visiblement on stagne dans le bon vieux papier à l'heure où l'on devrait faire un peu attention en matière de gâchis écologique voire même pour des questions pratiques. Plus besoin de trimbaler des quantité de livres dans son sac. Seul Square Enix a opté pour ce format.

Mes coups de coeur

DRAGON BALL :

Ce bon vieux Goku reste pour moi une figure emblématique du Manga. 42 volumes pour une saga qui reste mythique et magnifiquement réalisée. Akira Toriyama est pour moi un grand mangaka qui possède un vrai style. La mécanique "rencontre des héros, il y a un méchant, on se prend une raclé, entrainons-nous puis on le massacre" a été reprise depuis par beaucoup de titres. Toutefois, je suis bien conscient aussi que cette philosophie trouve ses origines dans la culture japonaise. Et je m'aventurerais même sur le personnage du guerrier voire samouraï pour qui renoncer est la perte de l'honneur et donc la mort.

NARUTO :

J'ai découvert le jeune ninja blond avant sa sortie chez Kana. J'ai tout de suite été happé par l'univers de Konoha. Même si le casting des personnages principaux restait assez classique, le traitement de l'univers shinobi est très agréable. J'ai surtout suivi jusqu'au combat contre Pain. Après j'ai un peu lâché car ça devenait chiant avec la grosse guerre, le retour de Kabuto etc...

MONSTER :

Le point d'orgue de l'eouvre de Naoki Urasawa. Lorsque mes yeux ont commencé à se poser sur Monster, je me suis demandé si j'étais vraiment en train de lire un manga. Tant l'histoire était mature, bien écrite et oui c'était un véritable thriller. Pas juste un essai, une mauvaise imitation. Le dessin est aussi très bien maîtrisé et offre des décors et des personnages très réaliste.

Petite parenthèse, l'adaptation en anime a bénéficié d'un travail de grande qualité. En France, les abonnés Canal+ ont eu la chance de pouvoir se délecter des 72 épisodes très bien réalisés.

ONE PIECE :

Ma première fois avec Luffy, ça n'a pas été le coup de foudre. Le graphisme d'Oda ne me plaisait et j'ai rapidement arrêté. Il y a 4 ans, je discutais sur un forum et voyant les avis tellement enthousiastes, je me suis dit que j'avais peut-être manqué quelque chose. Oh que oui, j'avais raté un chef d'oeuvre.

Certes One Piece est un Shonen dont certaines mécaniques trouvent leur inspiration dans les anciennes gloires. On sait notamment qu'Oda est un grand fan du travail de Toriyama et cela se ressent. Pourtant, il n'est pas question de parler de plagiat. Ce que j'aime par dessus tout c'est l'aspect grande aventure. Les personnages sont tous déjantés et les différents univers visités par l'équipage très inspirés.

Bien que l'on en soit à déjà 66 volumes pour la version française et 70 en VO, l'auteur ne semble pas souffrir du syndrome de la planche blanche.

FAIRY TAIL :

Dernier titre que j'ai découvert et qui me plait car très proche de One Piece en matière de dessin. Incluant la magie comme élément narratif, j'aime les situations particulièrement délirantes. Je verrai sur le long terme si ce manga tient la distance.

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Commentaires

Bakanky
13 Juillet 2013
00:18

Très bon article. J'ai appris certaines choses.

Comme toi One Piece je n'avais pas accroché au début (graphismes me rebutant et puis bof pour l'histoire du premier tome que j'avais lu..) Puis un jour je choppe un épisode de One Piece en anime et là c'est le coup de foudre total...et depuis je n'ai pas décroché (mon porte monnaie en souffre d'ailleurs ^^') Après pour Fairy Tail (l'auteur est celui de Rave aussi)il est normal que tu ressentes une certaine ressemblance avec One Piece pour la simple et bonne raison que le mangaka est l'ancien chara-designer de One Piece. D'ailleurs Fairy Tail passe beaucoup mieux que Rave, dans Rave on voit que l'auteur était encore attaché au style Oda, ses personnages étant très inspiré de ceux de Oda-sama. Par contre je n'ai jamais pu trop accroché à Naruto (ficelle trop grosse, personnage sur-cheaté à mort,et puis ça traine par moment un peu trop en longueur )

13 Juillet 2013
20:15

Disons surtout que Naruto s'est perdu en chemin. Franchement, jusqu'à la partie avec Pain j'ai beaucoup aimé après déjà moins même si l'univers de ce manga me plait toujours.

Mais comme toute bonne chose, il serait temps que l'auteur songe à une fin. Après, on sait aussi que si ça se vent, Jump ne va dire non à quelques tomes supplémentaires. Le manga reste comme le comics de la BD très ancrée dans le business avant tout...

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