
Profitant de l’apogée du phénomène Pokémon, Nintendô présentait il y a un peu plus d’une année une minuscule console portable entièrement dédiée à Pikachu et ses amis. Cependant, elle arriva sur le marché lorsque Pokémon était en plein déclin, juste trop tard pour connaître un succès phénoménal et reste donc aujourd’hui parmi les machines anecdotiques de la firme de Kyoto, aux côtés de la Virtual Boy et autre DD64. Pourtant elle avait de quoi séduire. Du moins, c’est que j’en conclus après avoir décortiqué la console et ses jeux.
Les jeux
En parlant de jeux, à ma connaissance, la Pokémon Mini n’en a connu à ce jour que quatre, et n’en connaîtra sans doute pas plus. L’un d’eux, Pokémon Party Mini, est d’ailleurs vendu avec la machine. C’est par celui-là que je vais commencer.
Pokémon Party Mini
Cette cartouche renferme en elle une compilation de divers mini-jeux plus ou moins limités mettant en scène les monstres de poche de Nintendô. Il y en a 6 en tout, dont un uniquement jouable en multi-joueur. Le premier, Rocket Start, met en scène Pikachu qui fait la course avec un autre Pokémon et doit effectuer un démarrage plus rapide que lui. La partie dure environ 5 secondes et comme dans un bon vieux Track’n Field, vous pourrez marteler les boutons de la machine, ou mieux, la secouer, pour faire avancer Pikachu. Un jeu court, inintéressant et répétitif qui ne met pas en confiance sur la qualité de la compilation. Le deuxième jeu, Baseline Judge, est tout aussi inintéressant. Dans la “peau” de Roigada, il faut juger si les balles qui tombent sont bonnes ou hors jeu. Amusant 5 minutes, mais trop vite répétitif. Le troisième jeu, Ricochet Dribble, part d’un concept sympa, à savoir traverser un terrain avec Leveinard en dribblant un ballon. Mais voilà, il n’y a aucun obstacle sur le terrain, et une fois le terrain traversé, le score est noté, et c’est tout. Un jeu donc sympa, mais trop limité pour être intéressant. Le quatrième, Dance Delight, est assez sympa. C’est un petit jeu de danse, dans lequel il faut reproduire les mouvements des Joliflor. Il utilise habilement les boutons et la fonction de vibration. Un petit jeu amusant quelques minutes, mais qui souffre une fois encore d’un cruel manque d’intérêt. Le cinquième jeu, et dernier jouable seul, Boxing Frenzy, met en scène un match de boxe entre Tygnon et Machoc. En partant de ces données, on pourrait s’attendre à quelque chose d’amusant. Cependant, le seul but du jeu est de secouer le plus possible sa Pokémon Mini dans un temps imparti. Si elle a été plus secouée que l’ordinateur, on gagne la partie. Sinon, c’est perdu. Enfin, le sixième jeu, Speedy Fake Out, n’est jouable qu’à 2 joueurs et je n’ai donc pu l’essayer. Avant de terminer, cette compilation propose encore la possibilité de jouer aux 5 premiers jeux en multi-joueurs jusqu’à 6 (chacun jouant bien sûr individuellement, avec comparaison des scores via le port infrarouge à la fin). Je pense que vous l’aurez compris en lisant ces lignes, Pokémon Party Mini est le genre de jeu qui ne se retrouve pas par hasard vendu avec la machine. Il fait également plus figure de test des fonctions spéciales de la machine (infrarouge, détecteur de secousses, vibrations) que de réel jeu. Dommage de voir qu’aujourd’hui encore, on arrive à créer des jeux au gameplay encore plus limité que ceux des Game & Watch d’il y a 20 ans en arrière.
Pokémon Pinball Mini
Malgré son nom, Pokémon Pinball Mini n’a pas grand chose à voir avec son grand frère sur GBC, et peu de points communs avec un vrai flipper. En fait, il se compose de plusieurs petits niveaux, dans lesquels il faudra remplir une mission bien précise. Bien sûr, ces niveaux ressemblent à de petites tables de flipper très simplifiées, mais avec non pas deux flips, mais juste un Pokémon, qui se rétracte pour éjecter la boule. Le principe est assez limité, mais les niveaux sont bien faits et font facilement accrocher le joueur jusqu’au dernier niveau. Idéal également pour jouer quelques minutes, quand on ne sait pas quoi faire. Un jeu donc hautement plus sympathique que Pokémon Party Mini.
Pokémon Zany Cards
Pokémon Zany Cards, c’est un peu les jeux Windows pour la Pokémon Mini. Une collection de quatre jeux de carte, aux couleurs de Miaouss et ses amis. Des jeux finalement simples, mais vraiment accrocheurs. Il y a le Match Sauvage, sorte de dérivé des cartes Pokémon mises sur le marché et jouable de 1 à 5, le Special Sept, un dérivé du Crazy 8′s jouable de 1 à 5, la Bataille, uniquement jouable en versus 1 contre 1 et enfin le Carré de Rois pour les joueurs solos. Comme je l’ai dit plus haut, chaque jeu est simple à maîtriser, et pour peu que l’on apprécie jouer au cartes, on peut s’amuser longtemps avec cette cartouche. Reste qu’une réelle question d’intérêt se pose face à cette cartouche. Compte tenu du prix d’un jeu carte standard, difficile de trouver plus intéressant de jouer contre un ordinateur avec des cartes estampillées Pikachu plutôt que de faire une bonne partie de cartes entre amis.
Pokémon Puzzle Collection
Incontestablement mon jeu préféré sur la Pokémon Mini. Là encore, comme pour Pokémon Pinball, ne vous attendez pas un quelconque lien avec le jeu Pokémon Puzzle League, sorti sur GBC et N64. Non, ici, il ne s’agit pas d’un remix à la sauce Pokémon de Panel de Pon, mais bien de vrais petits puzzles. On en trouve quatre variétés différentes, composés chacune de 20 niveaux. En premier, on trouve Puzzle Mobile. Il s’agit donc de puzzle de 16 carrés qu’il va falloir remettre dans l’ordre pour reconstituer le dessin. Mais attention, les dessins sont animés, ce qui corse largement la remise en ordre de l’image. En deuxième, il y a Puzzle Pénombre. Basé sur les Tangram, il faudra reconstituer à l’aide de pièces données la forme de nombreux Pokémon. Le troisième puzzle se nomme Mission Sauvetage et propose au joueur le défi de ramener un Pokémon bloqué d’un côté de l’écran vers la sortie en déplaçant les briques lui bloquant l’accès. Facile au début, la difficulté augmente assez vite, ce qui accroît encore le pouvoir d’attraction de ce casse-tête sur le joueur. Enfin, le quatrième et dernier jeu, est caché au début de la partie. Il se nomme Sous Tension et propose d’alimenter une ampoule en électricité afin de faire apparaître l’image d’un Pokémon. Mais voilà, entre Pikachu et l’ampoule, les câbles sont mélangés, et selon le principe des taquets, il va falloir tout remettre dans l’ordre, de sorte à ce que l’électricité puisse arriver à bon port. Un jeu une fois encore prenant, même si le niveau de difficulté est assez élevé. A côté de cela, chaque niveau réussi vous inscrira une entrée dans votre Minidex, sorte de petit Pokédex contenant des illustrations des Pokémon. Un plus insignifiant pour certains joueurs, mais très important pour d’autres.
Cette compilation de puzzles montre qu’avec des graphismes simples et un concept simple, on arrive tout de même à accrocher le joueur. De loin la cartouche la plus intéressante sur cette console.
En conclusion, lorsque l’on regarde près la machine et ses jeux, il ne pas difficile de comprendre pourquoi elle n’a pas marché. Créer une machine entièrement dédiée à Pokémon était une idée marketing louable, mais une sortie plus rapide, alors que le phénomène battait encore son plein ne lui aurait sans doute pas fait de mal. Des jeux plus intéressant auraient également été souhaitables, et compte tenu du talent de Nintendô, réalisables. De plus, le prix de vente de la console et des cartouches était assez élevé, ce qui n’était pas logique, lorsque l’on s’adresse principalement aux jeunes enfants. La machine a enfin souffert d’un cruel manque de médiatisation, surtout que sa présentation et sa sortie ont eu lieu alors que tous les projecteurs étaient braqués sur la NGC et la GBA. Bref, beaucoup d’erreurs pour une produit qui aurait facilement pu se répandre dans les cours de récré. Dommage…












