
Akihabara était en quelque sorte, avec Shibuya, LE passage obligé de notre séjour à Tôkyô. C’est donc, compte tenu de sa proximité à partir de notre auberge, le quartier que nous avons choisi de visiter en premier lieu, après avoir rapidement arpenté Minowa dans l’après-midi. Bien mal nous a pris de nous décider en fin de journée ! En effet, si Akihabara émerveille par ses mille feux et son brouhaha rabatteur, passées les sept heures et demie, les volets se closent et le quartier s’éteint. La balade de nuit aura donc servi à repérer rapidement les lieux et à passer quelques dizaines de minutes par le Club SEGA, avant de préparer notre vengeance diurne.
C’est donc emplis d’une certaine impatience que nous arpentons, quelques heures plus tard, le métro nous menant à Akihabara : que nous réservera cette visite de jour, là où nous avons été quelque peu déçus par notre premier passage ? En sortie de la gare, nous parcourons quelques dizaines de mètres en direction de la rue commerçante principale du quartier, constatant par-là même avec une agréable surprise que plusieurs rues adjacentes proposent également leurs choix de produits électroniques par dizaines. Akihabara ne se limite donc pas à une seule grande rue, mais propose quelque balade un poil plus longue.
Reste que ce n’est pas la dimension du trajet offert pour la découverte qui compte, mais plutôt celle des magasins du quartier : comme partout en effet, et peut-être encore plus ici qu’ailleurs, le développement se fait non à l’horizontale mais à la verticale. Chaque bâtiment propose alors au minimum cinq étages, occupés par un seul comme par dix magasins différents. Il convient donc d’étudier précisément, pour chaque nouveau bâtiment investi, le sommaire détaillé de chaque étage. Ce qui permettra de gagner du temps en évitant les omniprésents rayons (voire étages) plus hentai que pornographiques.
On trouve à Akihabara une marchandise assez ciblée : elle représente pour une moitié des composants informatiques, et pour l’autre du matériel vidéoludique. Bien sûr, manga, OST et autres appareils ménagers restent présents bien que plus discrets. Ici, Laox vendra des cartes, barrettes et consommables informatiques de tous types, et tous les périphériques imaginables. Là, Gamers proposera les nouveautés du jeu vidéo sur chaque console, à côté de stocks d’invendus bradés et d’innombrables jeux d’occasion. A tel point qu’il peut arriver, si l’on ne lève pas la tête vers des kanji ou kana pendant quelque temps, de se croire transporté à Hong Kong tant l’électronique prend une place omniprésente dans cet univers.
La réclame s’est imposée en reine ici, entre les publicités sonores et visuelles, les rabatteurs, ou encore les vendeurs aux méthodes éprouvées. A ce titre, Akihabara est peut-être l’un des plus touristiques des quartiers de la capitale japonaise. Les vendeurs duty free s’expriment en plusieurs langues, renforçant cette impression d’éclectisme des populations et atténuant le choc des cultures. Mais c’est peut-être une fois la nuit tombée qu’Akihabara dévoile tous ses charmes. Les lumières artificielles redoublent de présence et d’intensité, épaulés par des bruitages électroniques par milliers, issus des bornes d’arcade comme des irasshaimase! incessants ou du rabattage répétitif, pour définir l’environnement inhabituel et post-moderne d’un tel quartier.
Jusqu’aux sept coups de l’horloge du soir, qui sonnent l’heure de la retraite pour nombre de commerçants, éteignant néons et mégaphones jusqu’au lendemain matin pour une nouvelle journée de labeur fatiguant. Confinés dans du matériel haut de gamme vendu au rabais, tel que le veut la tradition de Akihabara.
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