Wario Ware Touched ! (test DS)

Sawaru Made in Wario

Le premier Made in Wario DS joue sur la phonologie d'un Mawaru qui tourne, et se propose en tant que Sawaru qui touche. En effet, son système de jeu repose quasi intégralement sur les fonctions tactiles de la machine, et offre une approche sinon totalement inédite, au moins impeccablement adaptée à l'esprit de la récente série.

Sawaru se propose donc de rempiler, en invitant le stylet à devenir le moyen essentiel d'interaction avec cette quatrième aventure de Wario et ses acolytes. Sans toutefois oublier les sous-utilisées fonctions du microphone (qui vous réclamera tour à tour de hurler puis de lui faire sentir votre haleine fraîche), l'écran tactile rassemblera 90 à 95% du domaine jouable. Et compte tenu de l'efficacité du stylet, globalement, ce sera un petit plaisir.

Une aubaine, en somme, pour la maniabilité des Made in Wario qui ne fantasmaient plus que sur cet angle d'attaque, tant le système de jeu s'y prête avec bonheur. Après la classique maniabilité aux boutons, le capteur de mouvements, c'est au plus grand bonheur des joueurs de nouveaux mini-jeux adaptés (pour un total proche de deux cents) qui amuseront à se faire directement chatouiller.

Le titre ne manque pas d'humour, bien entendu. Outre les mini-jeux toujours plus loufoques, issus de la culture japonaise voire complètement barrés (vaste pléonasme ?), l'on retrouvera une foule de références internes à Made in Wario comme à tout l'univers de Nintendô. C'est autant un plaisir de tirer tout le rouleau de papier toilette (avant qu'un message ne présente l'importance de la forestation) que de réapprendre Duck Hunt au stylet.

L'imagination débordante des développeurs ne masque pas, cependant, certains écueils qui auraient pourtant pu être facilement évités. Je pense notamment à tout ce bagage que traînent les Made in Wario depuis leur apparition sur GBA, et en particulier dans leurs aspects techniques très limités. Par exemple, la musique parfois amusante deviendra rapidement stressante. Tout comme les "cinématiques" que l'on trouvera vite longuettes.

Probablement plus grave, Sawaru propose des graphismes plus que minimalistes. Il reste fidèle au style "Wario", certes, mais l'on est en droit de demander plus à un jeu DS que des graphismes à peine valables pour une GBA. La 3D, sous-utilisée, aurait pu être implémentée de manière plus fréquente et plus intelligente, de même que la 2D pourrait facilement bénéficier d'un ravalement de façade stylé et cohérent avec l'univers.

De même, l'utilisation des deux écrans n'est pas optimale. Elle s'avère amusante, voire intéressante, pour seule une partie des mini-jeux, mais n'est indispensable pour aucun d'entre eux ou presque. Enfin, la durée de vie se révèle finalement assez courte, et bien que l'on revienne au titre pour les bonus cachés et la chasse aux scores, l'on regrettera tout de même l'absence de mode(s) multi-joueurs.

Avec ces quelques défauts, Sawaru n'échappe pas à la marque des petites déceptions, notamment celle de constater que Nintendô n'a pas agrémenté le système de jeu autant que les possibilités offertes par la DS pouvaient le permettre. La série des Made in Wario, malgré un intérêt et un amusement certains, mérite un ravalement de façade et un investissement plus important, et ce, seules les quelques premières heures sur Sawaru vous permettront de l'oublier.

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