The Last Samurai

Le Dernier Samourai (film)

Je dois avouer ne pas m'être intéressé beaucoup à The Last Samurai avant de louer le DVD presque par hasard, aux États-Unis. Les avis très tranchés et véhéments qui ont entouré sa sortie cinématographique m'ont prévenu de savoir sur quel pied je pouvais danser face à cette production. J'ai donc décidé de me forger ma propre opinion, que je vais vous livrer à travers cette critique.

Première constatation évidente : le film fait honneur au terme de superproduction qu'il n'a vraiment pas usurpé. L'ensemble de la technique révèle une grand maîtrise des outils : photographie impeccable, image superbe, ou encore musique épique bien que parfois beaucoup trop insistante, mais nous y reviendrons un peu plus tard. Bref, ce Last Samurai est clairement un film de grand spectacle qui remplit avec panache son rôle de grosse production de Noël pour les États-Unis et le Japon.

A ce titre, si malheureusement peu de scènes ont été tournées au Japon (notamment à Himeji et dans une moindre mesure à Kyoto) au profit de l'Australie et la Nouvelle-Zélande, les décors et leurs couleurs magnifiques accueillent un jeu d'acteurs de qualité parmi les protagonistes. Ken Watanabe, Koyuki, Hiroyuki Sanada, mais aussi Tom Cruise sont bien rentrés dans leurs personnages et y apparaissent très crédibles. Il se murmure même de manière ostensible, sinon ostentatoire, que la classe verte de Tom Cruise aurait tellement bien porté ses fruits qu'il a dû reprendre des cours de gaijin pendant le tournage...

Toutefois, tout n'est pas si charmant -sur fond de soleil couchant- dans cette histoire de samurai qui reste, de manière fort dommageable, romancée à outrance. Passée une première moitié de film accrocheuse, le divertissement laisse place aux quelques longueurs et grosses lacunes d'un scénario qui vire au téléphoné, ainsi qu'à des fautes de goût, notamment dans les combats et leurs omniprésents ralentis, dans les discours sur l'honneur dégoulinants de bon sentiments qui entachent cette volonté affichée d'exotisme à la nippone, ou encore dans cette volonté matraquée à tout prix de créer du sentiment. De même, l'omniprésence héroïque d'un Tom Cruise co-producteur fatigue vite la rétine à force d'écraser le reste de la distribution et même du film.

Plus encore, c'est la manière dont The Last Samurai est présenté et vendu qui a de quoi choquer. Si la romance doit son intérêt à la réécriture de cette page d'histoire, le fait qu'elle soit inavouée, voire qu'au mieux elle laisse planer le doute sur la véracité des évènements relatés énerve et perturbe le divertissement : "Ce film retrace un moment particulier de l'histoire japonaise, où le monde, en proie à de grands changements, déstabilise les gens et tend à les éloigner de l'esprit du bushido", Edward Zwick, réalisateur (source AFP). Le cadre est vrai mais le personnage de Nathan Algren n'a rien d'existant et impose très inélégamment le rôle héroïque d'un Américain dans cette fresque au sein de laquelle il n'a jamais participé.

The Last Samurai n'en reste pas moins, à mon goût, un divertissement de qualité pour peu que l'on passe outre ces quelques dérapages, et qui vaut sans doute mieux qu'une bonne partie des superproductions de ces dernières années.

Article intéressant ?
4/5 (3 votes)

Informations pratiques

Thématiques associées

Kanpai vous suggère également ces articles

Commentaires

Ajouter un commentaire