Super Smash Bros. Brawl

Dairantô Smash Brothers X

Nintendo est connu, comme beaucoup d’autres éditeurs, pour l’exploitation parfois débordante de ses licences à succès. Mario Party en est à sa dixième itération en 9 ans (avec les épisodes portables), et on ne compte plus les Metroid depuis le grand retour de la série en 2002. Mais s’il est bien une série sur laquelle Nintendo n’abuse pas, c’est Smash Bros. : après le premier épisode sur N64 en 1999 et l’opus Smash Bros Melee sur GC fin 2001, il aura fallu attendre 6 ans pour qu’une suite voie enfin le jour. Ayant grandi avec l’univers de Nintendo en passant par toutes leurs consoles, j’ai de suite été absorbé par ce jeu chorale, jusqu’à passer plus de 150h sur l’épisode GameCube (dont ~70 en solo). Sans doute mon record de durée pour un jeu vidéo, RPG y compris. Bref, c’est vous dire combien je suivais Super Smash Bros. Brawl qui, au bout de 5 mois d’une attente interminable depuis sa sortie japonaise, débarque enfin sur les Wii européennes.

Pour être clair immédiatement, ce Super Smash Bros. Brawl est le jeu du « + » : plus de personnages, d’arènes, de modes de jeu, d’objets, de trophées… l’équipe de HAL Laboratory et Masahiro Sakurai ont une fois de plus donné du pain béni à tous les fans de Nintendo. Les souhaits que nous faisions il y a une demi-douzaine d’années pour Smash Bros Melee 2 sont pour certains exaucés, et GameArts en a fait encore plus. Cet épisode est tellement complet qu’il en est étourdissant : il y a tant de choses à faire en solo, de choses à débloquer, d’heures à passer en multi local comme en live… Chaque détail du jeu semble avoir été pensé dans ses moindres recoins pour offrir une encyclopédie en mouvement à la gloire de Nintendo.

Une chose est sûre, pour les habitués de la version GC, vous ne serez pas perdus. J’ai retrouvé en quelques secondes le gameplay pourtant lâché il y a 5 ans, et c’est d’autant plus évident que je joue avec une manette GameCube. Car oui, le combiné Wiimote + nunchaku n’est, contrairement à Mario Kart Wii, pas bien exploité (-table ?). La jouabilité de Sumaburo requiert une telle finesse et une telle rapidité que cette manette next gen se révèle bien vite inadaptée (l’accéléromètre pour les smashes ? Vous rigolez !). Je joue donc à l’ancienne, avec une manette filaire. La Wavebird ? Non merci : des smashes sans vibration, ce n’est plus Smash Bros. Et quand des magasins comme Play-Asia proposent une superbe manette GC blanche avec 3m de fil pour 16€, comment ne pas craquer…

On retrouve donc une palette assez intéressante de protagonistes Nintendo. Smash Bros. 64 avait 12 personnages, Melee passait à 26, et ce sont 35 persos (dont 14 à débloquer) qui nous attendent dans Smash Bros. Brawl. Bon, on n’évite pas le syndrome du clone, bien connu des amateurs de Tekken. Quelques protagonistes ont donc des gameplays très proches, comme c’était déjà le cas dans l’épisode précédent. Des petits changements ont d’ailleurs été faits depuis Melee : Link enfant de Majora’s Mask devient le superbe Toon Link de Wind Waker ; les Pokémon sont plus que jamais sur le devant de la scène avec notamment l’entraîneur Pokémon et ses 3 bestioles pour le prix d’une ; Diddy Kong rejoint Donkey et Wolf l’animalerie de Starfox, etc. Mais les deux stars du roster sont clairement Snake de Metal Gear et Sonic (enfin classe dans un jeu vidéo des années 2000). Ils jouent les VIP de luxe avec zèle et, dans ce melting-pot furieux, ils ne font même pas tache.

Bref, côté personnages, vous en aurez pour votre argent et tous les maîtriser devrait vous occuper pendant de longues soirées. Car le gameplay est toujours aussi technique pour les connaisseurs. Et il est encore complété par les trophées d’aide, le Final Smash et les furies de chaque perso. C’est encore plus un joyeux bordel, et sans télé HD d’au minimum 25", vous risquez d’avoir du mal à vous y retrouver. Comme si la durée de vie n’était pas suffisante, Game Arts a mis le paquet sur les modes de jeu. Quasiment tous peuvent se jouer à deux en coopération, ce qui est une bonne idée sachant qu’on doit se les farcir 35 fois chacun pour débloquer tous les trophées... Le mode aventure a été rebaptisé « Émissaire Subspatial » et dure désormais 7-8h, voire une dizaine pour atteindre les 100%. Scénarisé par Kazushige Nojima (aka Monsieur Cloud-Aerith-Sephiroth de Final Fantasy VII), il met en scène une histoire abracadabrante dans laquelle tous les persos (muets) se liguent contre Master Hand et celui qui tire réellement les ficelles.

L’occasion de pointer les défauts de ce Smash Bros. Brawl. Ce mode aventure, bien que sympathique, s’avère vite redondant et limité. Les vrais combats sont entrecoupés de séquences de plate-forme 2D ponctuées de petits ennemis au design douteux. Je noterai aussi la fatigue de la console pour charger quoi que ce soit dans le jeu. La lentille est mise à rude épreuve face à ce DVD double-couche (le premier de la Wii). En conséquence, on a quelques secondes de chargement avant chaque combat et, plus chiant, la console rame pour charger Sheik depuis Zelda, ou encore pour afficher les multi-persos des arènes. Pas très grave mais ça méritait d’être souligné. On poursuit sur les (petites) déceptions en soulignant que cet opus reste très proche de Melee sur GameCube. Certes, il fait tout en mieux, mais ne prend pas vraiment de risques et n’innove pas réellement. Était-on en droit d’attendre plus ? Plus pénible, mais malheureusement récurent : la faiblesse du online. Celui-ci est toujours aussi hiératique depuis Mario Kart DS : les codes amis lourdingues, l’absence de choix, la quasi-impossibilité de discuter… ce sont toujours les mêmes remarques qui sortent, mais face aux Live extraordinaires de la Xbox 360 et la PS3, on ne peut qu’être déçus.

Heureusement, la déception est vite atténuée par l’extraordinaire qualité globale de ce Super Smash Bros. Brawl. Il y a mille choses à faire dans le jeu, comme aime à nous le rappeler le tableau des challenges qui se rapproche d’ailleurs pas mal des succès 360. L’occasion de repartir dans une quête sans fin des innombrables petites choses à débloquer. Ce dernier Smash Bros. en date est comme un virus : il est jouissif de part en part (les fabuleux remix des musiques sont une atteinte à l’objectivité !) et on sent que les développeurs se sont réellement amusés avec les personnages, les univers, les cross-over, les situations et tout le reste. La Wii ne sort pas beaucoup de gros jeux, mais lorsqu’ils arrivent, ils ne déconnent pas. Super Smash Bros. Brawl est de ceux-là et on l’a suffisamment attendu pour le mériter et s’y plonger sans limite.

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Commentaires

snaketueur
07 Octobre 2009
10:17

franchement dis moi ou trouver tous les persos cachés stp

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