Super Mario Sunshine

On l'aura effectivement attendu, ce nouveau Mario. Plus de six ans, pour être exact. Nous avons tous patienté la bave aux lèvres, en bons fans fidèles de Nintendô, jusqu'à la sortie estivale de la suite tant attendue du mythique Super Mario 64. Il est enfin là. Cela paraît irréel, tant l'attente fut longue. Il faut pourtant se rendre à l'évidence : Super Mario Sunshine est bien au bout du fil de la manette, prêt à nous faire passer des heures de jeu encore inoubliables. MIYAMOTO, après s'être fait la main sur Luigi Mansion et Pikmin, dévoile enfin le nouvel opus de sa saga phare sur le petit Cube. A dévorer !

L'on découvre de prime abord, bien entendu, l'aspect graphique du titre. Extrêmement agréable. Moins surprenant par ses effets spéciaux gargantuesques ou ses démonstrations techniques superficielles que par la vastitude de ses environnements et la myriade d'effets visuels qui créent au final un monde superbe mais cohérent. De près, certaines (rares) textures nous renvoient sur Nintendô 64 alors que d'autres nous propulsent directement en plein cœur de la puissance tranquille de la GameCube. Pour autant, on ne qualifiera pas Sunshine d'inégal au vu de la crédibilité et de l'homogénéité de son ensemble. D'autant que la surface de jeu visible, pour peu que le personnage ne se trouve pas trop bas, s'avère ahurissante. Et que les graphismes profitent d'un effet de chaleur impressionnant et d'un rendu de l'eau photo-réaliste. Pourtant, dans la mesure où l'aventure se déroule uniquement sur Dolphic Island, les décors ne demeurent pas d'une variété spectaculaire. A la décharge du jeu, l'action s'organise autour d'une île paradisiaque basée sur la lumière du soleil - joliment déclinée au passage. Néanmoins, si l'on ne découvrira pas de niveau enneigé, par exemple, l'on profite avec grand plaisir du bon esprit et de l'environnement paradisiaque qui font le "sunshine" de ce Mario, et l'on passe aisément outre la relative non-variété des niveaux.

Grossièrement, le titre fonctionne comme l'épisode 64 : chaque monde renferme 8 Shine de base à collecter. Les niveaux -des parties de l'île- demeurent malheureusement en trop faible nombre, toutefois ils s'avèrent incroyablement vastes. De plus, ils s'étendent aussi bien en superficie qu'en volume puisque leur développement en hauteur s'avère bien plus travaillé que dans Super Mario 64. A ce titre Mario saute beaucoup plus haut, et les divers éléments du décor dont il peut s'aider, ainsi que son jet-pack, le propulsent encore vers les hauteurs. L'occasion d'évoquer la jouabilité du titre qui, ne nous le cachons pas, reprend fidèlement l'intégralité des bases de son aîné. Et tant mieux ! Mario 64 était si parfait de ce point de vue qu'il eût été dommage de sacrifier son gameplay au profit d'une maniabilité totalement refondée. Rassurons-nous : la jouabilité propose également quelques nouveaux mouvements, en particulier bien sûr grâce au jet-pack que porte Mario. Il s'agit là d'un petit bijou d'inventivité, qui se greffe parfaitement à la maniabilité du titre. Super Mario Sunshine propose également des petits niveaux axés uniquement plate-forme, les "himitsu", dans lesquels Mario évolue d'abord sans son appareil. Le jeu dispose également de quelques détails plutôt bien vus, à l'image de l'effet de "rond" si la caméra est placée dans un mur, et plus encore l'effet de "semi-transparence" lorsque Mario est caché par d'autres polygones. Le seul petit reproche ayant trait à la maniabilité concerne les déplacements subaquatiques, qui ont été remaniés par rapports à ceux, pourtant intéressants, de Super Mario 64. On se retrouve ici face à des déplacements difficiles, peu précis et surtout peu efficaces, notamment lorsqu'il s'agit de remonter à la surface. Décevant, au vu de l'importance des déplacements dans l'eau. Pour ce qui est de ces caméras je trouve excellent, contrairement à beaucoup de joueurs, que l'on doive s'en préoccuper constamment. On sent vraiment en jouant à Sunshine que la caméra ne bouge pratiquement pas seule. C'est toujours au joueur de la rajuster. De fait, on joue une bonne partie du temps avec les pouces sur les deux sticks analogiques, et le pouce droit passe fréquemment des boutons d'action au C. C'est très instinctif, et très agréable, puisque l'on contrôle intégralement la position de sa caméra, à 360° et dans son éloignement par rapport au personnage. Pour finir du côté du gameplay, il faudra préciser (même si cela paraît évident) que les chargements s'avèrent inexistants.

Musicalement, Super Mario Sunshine colle parfaitement à son environnement graphique : les musiques sont colorées et très agréables. Quelques morceaux sont repris en clins d'œil, et joliment réorchestrés. Toutefois, peu de nouvelles mélodies viennent se greffer à la liste de titres musicaux du jeu, et c'est d'autant plus dommage que ces nouveaux morceaux s'avèrent très agréables (lorsqu'ils ne sont pas remixés trois fois, comme pour Ricco Harbor et Mamma Beach…). Les bruitages fonctionnent comme la bande musicale : la plupart sont repris ou remixés, et les nouveaux bien assortis. En revanche, le doublage se révèle très décevant puisqu'il est international. Cela signifie que les voix sont en américain et, plus grave, que les noms propres sont traduits ; Dolphic Island devient ainsi "Isle Dolphino". Dommage.

Pour ce qui est de la progression dans cette version, elle ne pose absolument aucun problème pendant la plus grosse partie du jeu, pour peu que l'on connaisse les Mario, Nintendô ou les jeux de plate-forme. De plus, les textes japonais contiennent un vocabulaire très simple, et sont intégralement écrits en kana. Enfin, le jeu nous dévoile toujours visuellement l'objectif du Shine en cours. Super Mario Sunshine se dévore donc sans blocage jusqu'au boss de fin (assez décevant au passage, non techniquement mais dans la manière de le vaincre). Toutefois, la difficulté étant rigoureusement progressive, comptez sur une bonne connaissance des jeux de plate-forme pour progresser après 80 Shine environ. A ce niveau-là, beaucoup ne pourront plus jouer… Il est de bon ton également de préciser que Sunshine contient seulement 7 niveaux, qui proposent chacun 11 Shines ainsi que 30 pièces bleues. Ces dernières, trop bien cachées sur la fin, participent légèrement d'une certaine durée de vie artificielle. Arrivé aux deux ou trois derniers Shines, la quête de ces pièces apparaîtra rapidement beaucoup moins passionnante.

La plate-forme, sans prendre une dimension nouvelle, inaugure avec ce Super Mario Sunshine de nouveaux éléments absolument géniaux. Le jet-pack ne révolutionne pas les jeux du genre, il propulse (!) Mario vers une maniabilité encore plus variée. Si Nintendô n'a pas risqué beaucoup en conservant le gros du gameplay de Super Mario 64, il a suffisamment amélioré son déroulement dans les détails pour ravir les amateurs du plombier moustachu. Comparons ainsi le fossé avec son prédécesseur comme celui séparant Super Mario Bros. 3 de Super Mario World, bien que SMS n'arbore pas le cachet "référenciel" de ce dernier.

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