Street Fighter 4 (test)

Dire que Kanpai n’est pas calé sur les jeux de baston, c’est un euphémisme. Il en va de même par rapport à la série Street Fighter. En préparant cet article, je me suis aperçu qu’un seul article (Street Fighter Anniversary Collection) était consacré à cette saga pourtant omniprésente, car déclinée en plusieurs dizaines de versions depuis 20 ans. Seulement voilà : moi, depuis le Street Fighter II qui m’a fait passer tant de belles heures en arcade et sur Super Nes dans ma jeunesse, je n’y ai plus vraiment retouché. La série est peu à peu devenue ultra pointue et vu mon talent absolument inexistant aux jeux de combat, je l’ai délaissée.

Ce n’est qu’à l’annonce de ce Street Fighter IV que j’ai eu un regain d’intérêt pour cette saga mythique. Capcom a immédiatement présenté cet épisode comme un retour aux fondamentaux, peut-être un peu oubliés avec la précision d’horloger des épisodes Zero et III. Ce dernier arc était destiné aux « pro-players » alors que l’équilibrage de SF IV cherche plutôt à les réconcilier avec un public plus large et surtout moins confirmé. Et puis, il y a aussi ce nouveau design absolument fabuleux, que j’ai immédiatement défendu alors qu’il subissait les foudres d’une horde de fans.

Autant être clair : Street Fighter IV est en fausse 3D et c'est tant mieux. Tout est modélisé en trois dimensions mais c’est juste pour une fluidité exemplaire dans son animation, car il se jouera sur un seul plan. À vrai dire, s’il n’y avait pas ces effets de perspective dans les décors et cette mise en scène rapprochée des coups « très » spéciaux, on jurerait un jeu en 2D. Le traitement graphique appliqué aux personnages est absolument hallucinant. Il y a une portée de classe incomparable, une impression de vitesse et de violence qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Quand la baston 3D trouve son style, c’est Street IV qui s’impose. On regrette juste les séquences animées en 2D (par… le studio 4°C ?), un peu pauvres par rapport au reste.

Maintenant, je vais être beaucoup moins convaincant sur le gameplay. Déjà, parce que j’ai mis 20 bonnes minutes à finir le mode Arcade en Medium la première fois. Certes, la croix bien pauvre du pad X360 n’y est pas étrangère, mais ce serait de mauvaise foi que de s’y appuyer comme seule excuse, tant je suis foncièrement mauvais à ces jeux. Et comme je sais que je n’aurai pas la patience de bosser mon skill pour prétendre avoir un petit niveau, je crois que je me contenterai du fun procuré par des parties casual déjà très plaisantes. Car, derrière sa couche de vernis, SF4 est aussi sans pitié avec les débutants. On n’est pas au niveau de frustration causée par Dead or Alive 4 mais, c’est un fait, le jeu est difficile.

Street Fighter IV est avant tout une claque technique très propre. Mais il n’est pas que cela, puisqu’il cherche l’exploit de séduire autant les core-gamers du jeu de baston, que le grand gamin comme moi « nostalgeek » de ses pièces lâchées dans des bornes quand Cammy et Sakura n’existaient pas encore. Ce pari impossible n’est pas forcément atteint, mais la fédération qu’il représente est un accomplissement qu'on doit saluer. Chapeau bas, en tout cas, pour cette belle réussite !

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