Sega Superstars Tennis

Au printemps 2008, j’avais testé la toute fraîche démo jouable de Sega Superstars Tennis sur le Xbox Live. De mémoire, je n’avais pas du tout accroché à cette version et j’en étais resté là, dépité de voir ce qui motivait Sega désormais (non, je ne vous refais pas le coup du Sega qui a perdu son rôle de constructeur). Aujourd’hui, il m’est donné de tester la version complète ; je vais donc pouvoir confirmer ou infirmer mes craintes préalables. Validation rapide : comme on aime à le dire avec Julien, Sega Superstars Tennis a vraiment été développé par un stagiaire à la pause.

Au menu des réjouissances et en vrac : l’ordinateur qui triche effrontément ( = se sert des boutons pressés pour organiser son jeu), les ralentissements dès qu'on joue en double, loadings incessants, la balle qui rentre dans les éléments du décor et rebondit sur des murs invisibles, l'équilibre des personnages qui n’est pas du tout travaillé (certains sont beaucoup plus efficaces que d’autres), les mini-jeux ultra répétitifs et idiots, les « furies » souvent moins efficaces que les coups normaux, les paternes prévisibles de l’IA (soit trop facile, soit trop dur), les pistes musicales d'une minute en boucle, la durée de vie ultra-limitée, les commandes qui répondent comme bon leur semble, le nivellement par le puéril, et surtout la réutilisation finalement très bête de l’univers SEGA des grands jours. Ça vous suffit ou je continue ?

Quelque part, jouer à Sega Superstars Tennis me rend presque mélancolique de leur belle époque. Car, lorsque la même équipe de Sumo Digital est derrière la référence Virtua Tennis 3, on ne peut que constater la pression du développement accéléré et pleurer devant l’appel de l’argent facile. Pour information, quasiment 3,5 millions d’exemplaires du jeu ont été vendus, dont la moitié sur 360. J'espère qu'ils comptent les bundles avec la machine, sinon c’est effrayant. Même les fans de Sega ne s’y retrouveront pas, habitués qu’ils étaient aux vrais gameplay chiadés, qui se sont imposés de nombreuses fois comme des références en arcade. Ce jeu n’est même pas ce qu’il aurait dû être : une encyclopédie ou une lettre d’amour à l’univers Sega. D’ailleurs, Smash Bros. Brawl Wii le fait mieux que lui, c’est dire.

Pourtant, on avait un casting « triple A » puisque Sega a ressorti pas mal de ses belles licences. Parmi elles : Sonic bien sûr, House of the Dead, Samba de Amigo, Jet Set Radio, Virtua Cop, OutRun, Puyo Puyo, Nights, Space Channel 5, Super Monkey Ball, et même un peu de Golden Axe, After Burner, Space Harrier et Chu Chu Rocket. Mais rien à faire, la sauce ne prend pas et aucun de ces sympathiques univers ne sait relever un niveau global bien trop faible.

Sega Superstars Tennis me fait penser aux ratages Mario Tennis. Décidément, les mascottes à succès semblent étonnement allergiques à la balle jaune… En tout cas, la firme au hérisson bleu a du boulot pour remonter la barre de la jeune série Sega Superstars.

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