Resident Débile

Film parodie

Laurent Coiffic, réalisateur et chef du projet Resident Debile (association Wave Rage), livre une version assez franche de la manière dont celui-ci s’est construit : « Mon école de cinéma de merde venait de m'arnaquer d'une année à 30000 balles où je n'avais rien appris. Rien. De plus, à 3 exceptions près, les stagiaires de cette école étaient des cons. J'ai voulu me foutre de leurs goûts et de leurs productions. » Je ne sais pas si l’intention est louable, mais le résultat a au moins eu le mérite de sortir. Resident Débile prend la forme de deux longs-métrages amateurs, parodiant notamment les séries Resident Evil et Metal Gear. Pour information, le premier a été écrit et tourné entre 1999 et 2000, avec un budget de 10.000FF (1.500€).

« L'équipe a été recrutée parmi mes amis et leurs relations. La moyenne d'âge des acteurs était de 24 ans. 3 des acteurs (Wesker, Barry et Jill) font du théâtre à côté de leurs activités principales respectives à savoir comique, étudiant et instit. Pour le reste on a rien à voir avec l'audiovisuel » explique Laurent Coiffic. Le résultat, s’il n’est pas dégueulasse, laisse quand même entrevoir l’amateurisme de l’équipe. Certains plans, lignes de dialogues ou photographies sont bien sentis, mais on est encore très loin du niveau pro, même en courts.

C’est surtout au niveau du scénario que Resident Debile devait convaincre. Car le réalisateur cite des influences de haut vol : « David Fincher, John Woo, Mamoru Oshii, Yoshiaki Kawajiri (Ninja Scroll), Ridley Scott et surtout, surtout Hideo Kojima!! Il y a aussi Yoji Shinkawa (Mecha designer de Metal Gear Solid), Masami Ueda, Shinji Mikami et beaucoup d'autres encore ! » Autant dire que si certains gags sont soignés et franchement drôles, d’autres (malheureusement plus nombreux) sombrent plutôt vers le lourdingue. Et l’un dans l’autre, on n’échappe pas aux classiques private jokes qui ponctuent le film.

Pour être franc, je me suis endormi devant Resident Débile au bout d’une petite demi-heure de film. Le manque de rythme flagrant et le côté amateur n’ont pas su me séduire. En revanche, je souligne l’effort très louable que constitue ce projet et je pense que certains des participants peuvent avoir un avenir sur ce créneau. Toutefois, devant ses nombreuses références parfois assez fines, Resident Débile est à réserver aux fans des séries en question. Reste qu'on est quand même très loin des films Resident Evil ou même du plus récent Resident Evil Degeneration en images de synthèse.

Source des citations : interview de Laurent Coiffic sur Mouviz.com

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