Okami

Test PS2

La récente annonce de séparation entre Clover Studio et Capcom a clairement divisé les joueurs en deux catégories. D’un côté, ceux qui ont joué à Ōkami et qui s'inquiètent de savoir ce que vont devenir ses développeurs, et de l’autre… ceux qui n’y ont pas touché. Une caste étrange, définitivement négationniste du jeu vidéo puisqu’elle s’interdit d’approcher l’un des meilleurs titres de ces dernières années. En plein dans une époque où le jeu d’aventure vit sur les relents velléitaires de Nintendô et son Ocarina of Time, Clover fait la nique à EAD en servant sur un plateau d’argent l’une des nouvelles grandes références pour les années à venir. Vous trouvez qu'on en fait trop ? C’est que vous ne l’avez pas (encore) essayé alors jouez-y immédiatement et revenez nous voir pour qu’on en parle.

Sur la grande fresque du jeu épique sur console, Ookami est assez antithétique de Shadow of the Colossus. Là où le second se veut épuré, éthéré voire éphémère et surtout expérimental, les aventures du dieu-loup ne suggèrent rien. Elles montrent tout en bloc, des peintures ravissantes remplies de mille couleurs à la narration classiciste et bavarde. Ōkami se balade parmi les contes et légendes de la mythologie japonaise, puisant ici humour, là mélancolie et ailleurs un ton moralisateur. Il file avec une assurance sans faille entre les estampes d’Hokusai et les références à Viewtiful Joe, le tout dans une cohérence quasi parfaite.

Mais qu’est-ce qui fait réellement de l’expérience Ōkami un si grand jeu vidéo ? Citons en vrac, un univers homogène et charmant pour une épique « nature adventure » (c’est inscrit sur la jaquette) ; une superficie de jeu impressionnante qui ne césure pas les donjons de l’exploration, pour une expérience continue ; une inventivité de génie dans les environnements rencontrés ; une durée de vie qui avoisine les quarante heures et une quête du 100% qui la rallonge encore… Nous pourrions continuer longtemps comme ça.

Ōkami est tellement bon que c’en est presque indécent. S’inspirant parfois sans vergogne de Zelda, il y ajoute la touche Clover absolument envoûtante. D’ailleurs, en version réaliste, il n’aurait certainement pas eu le même impact. A l’heure où certains se battent pour savoir qui a la plus grosse en matière de HD, Ōkami prouve joliment qu’on n’a pas besoin de processeurs dernier cri pour une superbe expérience de jeu. Reste à savoir s’il n’a pas trop débordé sur les plates-bandes du prochain Zelda (Twilight Princess) qui, étrangement ou pas, propose de diriger un Link très branché loup…

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