Mon Voisin Totoro (critique)

Film de Hayao Miyazaki - Ghibli

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir, l’autre jour, qu'il n'y avait aucun article concernant Totoro sur Kanpai. Pourtant, ce film culte de la japanimation mérite amplement de figurer dans nos pages. Ce fut pour ma part l’un des premiers Ghibli que j’ai vus. Le film date de 1988 au Japon et a été diffusé au milieu des années 1990 sur Canal+, alors assez précurseur en terme de japanime. Tonari no Totoro allait devenir un ambassadeur du studio Ghibli pour l’occident, vite rejoint par deux mastodontes : Princesse Mononoke et Nausicaä.

Pourtant, Mon Voisin Totoro est à ranger du côté des Ghibli contemplatifs, plus oniriques et moins grandiloquents, mais tout aussi incarnés. Miyazaki signe là encore une des grandes fables écologiques dont il a le secret, à travers la vision toute innocente de ses deux jeunes protagonistes : Satsuki et Mei. Installées à la campagne pour se rapprocher de leur mère hospitalisée (un élément autobiographique), elles vont permettre au film de décliner un angle descriptif et parfois fantasmagorique, emmené avec talent par les compositions de Joe Hisaishi.

Totoro est assez à contrepied des films de Miyazaki « prise de position » généralement connus. L’intrigue n’a pas de vrai temps fort, le véritable ennemi est la maladie de la mère qui reste assez effacée. Le long-métrage distille cependant un état d’esprit particulièrement serein qui l’a parfois confiné au statut réducteur de film pour enfants (certes, son générique « Sampo – Watashi ha genki » est devenu l’hymne de certaines écoles japonaises). Il est pourtant beaucoup plus : un véritable poème d’amour à la nature, diffusé comme un haiku gracieux et délicat.

Partant d’un marketing timide (Ghibli, craignant un échec, a sorti le film simultanément avec Le Tombeau des Lucioles), Totoro est rapidement devenu la mascotte du studio au point de figurer en statue géante à l'entrée du Musée Ghibli. On retrouvera le monstre gentil jusque dans le logo du studio, et ses copines les noiraudes en clin d’œil dans Le Voyage de Chihiro. Si vous n’avez pas encore craqué pour Mon Voisin Totoro, procurez-vous le film et offrez-vous une belle leçon de narration toute en douceur.

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Commentaires

Mr.popo
13 Mars 2008
03:15

Mon dieu! Gael tu nous fait faire le grand écart en animation en enchainant Urotsukidoji puis Mon Voisin Totoro. En tout cas ça fait plaisir de revenir sur ces veilles animes qui s'inscrivent dans les prémices de l'animation en France. Vive la vhs! C'est trop le bordel maintenant, c'est difficile de s'y retrouver...

fr4nz
13 Mars 2008
09:23

Je ne suis pas un grand connaisseur en Animé, mais totora fait partie de mes préférés avec Porco Rosso... Des films que je regarde toujours avec autant de plaisir ...

Hotsu
18 Mars 2008
01:13

Un film qui m'avait déçu tant on en parle. Sûr que c'est culte (le Totoro, quand même), que c'est mignon et attachant, mais il ne se passe pas grand chose dans Mon Voisin Totoro. Je sais, c'est peut être aussi ce qui fait sa force, de découvrir un bout de vie dans une campagne japonaise. Mais j'attendais tout simplement plus de péripéties, cela traîne beaucoup en longueur (pour une durée de moins de 90minutes). Paradoxalement, lorsque la fin est arrivée, je me suis dit "c'est tout ?". C'est un Miyazaki que j'ai tendance à conseiller aux enfants en particulier. Il faut savoir que le premier Miyazaki que j'ai vu était Le Voyage de Chihiro, ceci explique aussi peut être ma déception.

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