Metal Gear Solid 2 Substance

MGS2 Sons of Liberty de Hideo Kojima

Metal Gear Solid 2 partait avec un sérieux avantage, celui d'être la suite très attendue d'une des très grosses ventes intercontinentales de la première station de jeux. Alors tous les fans, pendant des mois briquets à la main, n'en pouvaient plus de baver à chaque nouvelle bande-annonce, scandant voire hurlant d'un seul homme ce prénom devenu célèbre : "Hideoooooo" !
Promesse, quand tu nous tiens...

Seulement, ce qui n'était pas au programme, c'est que MGS2 Sons of Liberty puis Substance ne durerait qu'une bonne heure. Quelques dizaines de minutes de grosses coucougnettes pleines de calibres, de vrais Russes bien méchants, et d'enjeux aussi militaires qu'individualistes.
Une guerre froide du XXIè siècle, presque pro-américaine bien qu'elle soit (puisque ?) relatée par un Japonais pur souche, certes, mais de l'action sévèrement burnée quand même.
Bière à la main. Comme on l'aime, quoi.

Et puis... c'est le drame.
Notre cher Snake, pourtant Solid, disparaît pour laisser place à un blanc-bec-bleu-bite accompagné d'une crétine crispante et du "keuleunelle" du premier opus, qui d'ailleurs n'a pas gagné en charisme. En effet, lorsque l'on est tout en bas, on peut remonter, mais on peut aussi bien rester tout en bas.

Le fameux Raiden, incarnation idéale du héros anti-charismatique, a bénéficié de tout le traitement de faveur que les sbires de Kojima ont pu lui administrer. Avec sa sale gueule du plus laid des chanteurs de Visual japonais, il va faire sa BA, sauvetage du monde ennuyeux d'un dimanche après-midi pluvieux, pour aller secourir un président des Etats-Unis qui n'en finit plus de concurrencer la princesse Zelda au rang des kidnappings.

Sur la fin, le scénario glisse sur une peau de banane Matrixienne du plus mauvais effet, pour s'engouffrer dans une prévention propagandaire puante de bonnes intentions, de mises en garde diverses et de morale presqu'ecclésiastiques, dans des décors orangeâtres et grisés, dégoulinants de fiante de mouette.
Et malgré un enrobage technique qui fait saliver, la mayonnaise ne prend pas. Pire, la moutarde nous monte au nez, fantasmant sur ce qui reste pour nous du vrai Metal Gear d'introduction, que l'on retrouvera semble-t-il dans le troisième volet.

Voix rauque et bandeau sur le front, tout simplement.

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