Démo

Allez, je lâche la vanne et on n’en parle plus jusqu’à la fin de l’article : pour ceux qui ont hiberné ces derniers mois, non, LocoRoco n’est pas un film de boules tourné dans un train. Voilà, ça au moins, c’est fait. Plus sérieusement, Loco Roco est la toute première démo jouable d’un titre PSP. Comble de l’ironie made in Sony, le fichier est à télécharger puis à importer sur son Memory Stick, exactement comme le font les petits malins avec les jeux entiers qu’ils ne payent pas. Jouer à cette démo implique d’ailleurs de mettre à jour son firmware à la version 2.7, anéantissant par-là même toute possibilité de piratage développée jusqu’à présent. Si vous ne faites pas partie de la grande famille des amateurs de Warez, n’hésitez pas une seule seconde à passer le cap : rien que cette démo participe du sauvetage d’une PSP actuellement en presque-naufrage ludique.

Pour mettre à jour le système d’exploitation, connectez votre PSP au web et laissez-vous guider. Le cas échant, téléchargez la mise à jour sur le site officiel et placez-là dans le répertoire PSP/GAME/UPDATE de votre Memory Stick. Ensuite, téléchargez la démo en suivant ce lien et placez-là dans le répertoire PSP/GAME/UCJS10041. Un tutorial plus détaillé est disponible sur le site consacré, mais il est intégralement en japonais. Pour ceux qui ne le lisent pas, de toute façon, ce paragraphe devrait vous suffire.

Comme son site web et les quelques bandes-annonces le laissaient supposer, LocoRoco est un jeu dans lequel les petites boules jaunes bougent dans tous les sens. Oui, ça peut choquer vu comme ça, mais votre « personnage » est une sorte de mélange entre un Barbapapa, Casper et de la gelée bien british. Comme dans Luigi Mansion, il chante lui-même de bon coeur la bande sonore du jeu et, lorsqu’on le fait exploser en plusieurs petites boules, chacune d’elles psalmodie son refrain dans une belle cacophonie. Depuis KataDama, on n’avait plus eu ce genre de musiques débiles, du coup LocoRoco lui emboîte bien le pas. Je fonds particulièrement sur les « ooiiiiiiii !! » que se lancent les petites bestioles pour se rassembler.

Le principe du jeu est simple. Comme le fait remarquer très justement Raton, LocoRoco s’inspire sans honte de Yoshi no Banyûin Ryoku. On n’y dirige pas le protagoniste mais le monde dans lequel il déambule, en le faisant pencher vers la gauche ou la droite avec des pressions sur les gâchettes. Le saut se fait avec un L+R bien placé et le Rond permet de séparer ou rassembler son Roco. La jouabilité est plus facile à prendre en main que je ne l’espérais. Le temps de finir la démo une fois et l’on maîtrise déjà sa bébête avec plaisir. Si certains passages s’annoncent difficiles, LocoRoco se base aussi pas mal sur la replay value. À voir une fois le jeu complet entre nos mains.

Sur le superbe écran de la PSP, la 2D en apparence simplette prend son envol pour dévoiler de superbes animations et, globalement, un jeu constamment en mouvement. Notre petit ballon jaune roule, sautille et se défait dans un 10 de chute pour se rassembler ensuite. LocoRoco est très agréable à jouer et, je ne sais pas pour vous, mais personnellement j’attends le 13 juillet avec plus d’impatience que son lendemain.

Test

Mise à jour du 8 juillet 2006

Une fois n’est pas coutume, LocoRoco est finalement sorti en Europe le 28 juin, soit plus de deux semaines avant la date prévue. Cerise sur le gâteau, le vieux continent a été servi avant l’Amérique du Nord et le Japon. Nous pouvons donc enfin profiter du jeu de KÔNO Tsutomu sur une PSP qui claque sa 2D vectorielle. Techniquement, le jeu n’a pas évolué depuis la démo, mais l’aspect artistique est si réussi qu’on n’en demandait pas plus. Toutefois, l’écran continue à sortir ses désagréables effets de rémanence, notamment entre certaines couleurs (je pense aux dégradés de jaune et de rouge). Heureusement, seuls quelques niveaux sont concernés et le reste s’avère très convaincant.

Le jeu complet est l’occasion de découvrir une bonne demi-douzaine de Locos différents, en couleur comme en voix. Chacun d’eux possède son propre thème musical et a sa manière bien précise de vous prévenir des embûches à proximité. La rencontre de deux Locos différents est toujours synonyme de sourires amusés lorsqu’on les regarde se saluer. Des fans ont même tenté de retranscrire en phonétique leurs paroles. Il fallait oser ! Comme on s’y attendait, les musiques sont un des gros points forts de LocoRoco : bien que les thèmes ne soient pas excessivement nombreux, la plupart ravissent et accompagnent bien le visuel.

Les environnements sont finalement assez nombreux, hauts en couleurs et variés dans les types de surface. Les Locos peuvent ainsi déambuler sur des matières dures, molles, glissantes, collantes, rebondissantes, etc. De plus, des mécanismes divers viennent varier le gameplay, même si généralement ils interviennent lors de passages non jouables. La maniabilité est rapidement maîtrisée et les passages secrets sont vite découverts. Reste que certains sont suffisamment retors pour allonger la durée de vie. Si vous traversez LocoRoco à la va-vite, le jeu vous laissera une impression de facilité voire d’inachevé.

Mais le jeu se veut plus complet et son essence se dévoile à la recherche des petits bonus. C’est d’autant plus agréable que les niveaux sont particulièrement longs : de 5 à 15 minutes en moyenne. Dans l’esprit, le titre me rappelle beaucoup les Jumping Flash! PSone (surtout le deuxième épisode) : déjà de par son univers, mais également avec les « Mui Mui » qui répondent aux « Muu Muu » à sauver. Oubliez donc cette polémique raciste débile (qui devrait faire l’objet d’un article ici rapidement) et profitez de ce LocoRoco comme une touche de fraîcheur relativement indispensable à votre PSP.

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