Kamo River d’Eric Richer

J’ai eu la chance de découvrir la semaine dernière le film d’Eric Richer intitulé Kamo River. Eric Richer considère lui même ce film comme un documentaire, moi j’y vois un documentaire et un carnet de voyage animé, entre scènes de vie, et souvenir poétique.

Pendant un peu plus d’une heure, le film nous transporte à Kyoto, le long de la rivière Kamo que nous découvrirons tout au long de l’année, de la neige hivernale aux feux d’été sans oublier les célèbres cerisiers du printemps.

Comment est né le film Kamo River

Eric Richer, vidéaste et projectionniste s’est rendu au Japon 4 fois avant de décider de réaliser ce film qui a pour but de casser le cliché du Japon véhiculé par les nombreux reportages consacrés à l’archipel qui pour parler du Japon s’arrêtent aux sushi, aux geisha de Kyoto, aux néons de Shinjuku et aux salary men usés par leur travail.

Si le Japon c’est aussi tout ça, c’est également beaucoup d’autres choses qu’il a voulu faire découvrir avec Kamo River. Un Japon pas si éloigné de notre monde, avec des Japonais qui nous ressemblent et qui vivent et partagent les mêmes choses que nous, ensemble au fil de l’eau, ou seul à se reposer au calme de la Kamo River.

Un an de vie en une heure

La version première de Kamo River faisait plus de 6 heures. Après des sacrifices à répétition, et un plus d’un an de réflexion, Eric Richer nous livre un film d’1h10 qui nous fait traverser une année entière le long de la rivière, à la découverte discrète de familles, d’amis, de couples qui traversent la Kamo River au quotidien.

Pourtant le film commence au format Super 8, à un rythme très saccadé, très rapide, une musique qui vous entraîne d’un plan à l’autre à une vitesse folle et l’espace d’un instant on se dit « je ne tiendrais pas une heure entière comme ça ». Pourquoi ce contraste avec le reste du film ? Pour que le spectateur fasse son deuil de ce Japon qu’il croit connaître au travers les fameuses idées reçues d’un pays surmené, enfermé entre technologie et tradition. Pour qu’il apprécie d’autant plus la suite du film, reflet d’un Kyoto loin des clichés, qui vit à son rythme plus posé.

Immersif, une plongée dans le Japon de tous les jours

J’ai tellement aimé cette vidéo, que je l’ai regardée 2 fois de suite. C’est pour moi, un peu comme un condensé d’une heure de ces vidéos qu’on trouve sur Vimeo, celles qui font la part belle au Japon qu’on ne voit pas à la télé, celui qui ne parle ni de manga, ni des temples, ni de toutes ces choses qui si elles nous émerveillent à notre arrivée et font partie du Japon, ne sont pas tout le Japon.

Kamo River m’a ramené à ces instants de la journée, où lors de mon voyage je prends le temps d’observer la foule qui m’entoure, de m’imprégner de leur énergie, d’imaginer leur quotidien, loin de moi. Parce qu’un voyage au Japon c’est aussi ça. Découvrir les bords de rivière et imaginer les joggers y courir, ou les lycéens la longer pour rentrer chez eux, passer en train à côté d’un terrain de baseball et penser aux matchs que les jeunes japonais doivent y disputer le week-end, se mêler à la foule de shoppeuses mode à Shibuya et savoir qu’elles sont là tous les samedis comme un rituel entre amies.

Voir plus loin que les enseignes lumineuses, voir au-delà des temples, des mangas, goûter autre chose que des ramens et des sushis, c’est tout ça un voyage au Japon, et c’est CA qu’Eric Richer a voulu nous montrer.

Conclusion

Je ne me prétends pas critique de film, je n’ai pas la prétention de pouvoir dire si oui ou non un film est bon ou mauvais en fonction de critères pré-établis. Mais je fonctionne au coup de coeur, et Kamo River m’a transportée, par ses images, ses instants volés, collés tantôt sur le simple fond sonore de la vidéo, tantôt sur une musique instrumentale créée par l’artiste Andrès qui selon moi correspond tout à fait à l’ambiance du film, simplement belle et gracieuse.

En somme, un très bon moment, qui paraitra peut-être trop lent à certains, ou incroyablement vrai à d’autres. Toujours est-il que pour moi, c’est un superbe travail et j’en félicite son réalisateur Eric Richer, mais aussi le monteur Julien Baron, sans qui je serai passé à côté de ce petit bout de bonheur visuel.

Donc si l’occasion pour vous se présente de découvrir ce film, je ne peux que vous incitez à la saisir, car vous qui cherchez le vrai Japon, il est là.

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  • Kamoriver Eric Richer
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