Kamikaze Girls

Shimotsuma Monogatari

Les premières minutes de Kamikaze Girls sont comme une version live de FLCL. Référence ou copie, le mystère reste entier, mais les mêmes effets sont là : approche graphique et sonore déjantée, effets de mise en scène décalés et bien sentis, couleurs très appuyées et saturation des décors. C’est d’ailleurs Yoko Kanno (Cowboy Bebop, etc.) qui signe la bande sonore. Et en bonus, on nous glisse une petite touche d’animation dans le montage. Ces éléments sont la marque de ce qui fera Kamikaze Girls pendant 1h40 : un délire filmique japonais comme eux seuls en ont le secret.

Inutile de vous faire le pitch du film. D’abord, parce qu’il est quasiment inexistant et ensuite, parce qu’il ne sert qu’à mettre en relief son casting sur-expressif, et en particulier ses deux protagonistes extraterrestres... Il y a donc Momoko, lolita otaku de l’époque française Rococo, qui change de robe de poupées plusieurs fois par séquence et porte des tenues incroyables à la frontière du cosplay. Puis il y a Ichigo / Ichiko, une apprentie bosozoku - yankee qui fait pétarader son scooter, crache comme un mec et fait hurler sa voix cassée. Le film présentera la rencontre et leur étonnante amitié.

Les gonzesses sont interprétées, respectivement, par les airs d’ingénue et la petite bouille de Fukada Kyoko (déjà vue avec plus de seins dans Yama Onna Kabe Onna) et le subtil mélange américano-russo-japonais qu’est Anna Tsuchiya (modèle, chanteuse et actrice de Taste of Tea). Leur look et leurs mimiques très appuyées en général jouent beaucoup dans l’intérêt du film, mais n’oublions pas la brochette de seconds rôles éclatants : Ryoko Shinohara en mère indigne ; Ryuji la licorne (Sadao Abe), sa tronche d’Ôendan et ses chaussures blanches en croco, le bruit que fait le vent autour de lui quand il bouge sa banane ou claque ses santiags ; ou encore Eiko Koike, qui n’a définitivement pas de prix en chef de gang au charisme légendaire. Il fallait oser.

Il n’y a pas grand-chose à dire de plus sur Kamikaze Girls. C’est un délire de mise en scène, de décors et surtout de personnages hauts en couleur. On s’ennuie étonnamment peu dans ce déluge de non-aventures. D’autres y verront une satire sociale kawaii de la jeunesse et la ruralité japonaises, qui cache une fin à la Battle Royale. Parfois rigolo, souvent décalé et toujours dans l’absence de prise de tête, il s’intègre plus que parfaitement dans le cinéma japonais de l’envers.

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