Guitar Hero III

Legends of Rock

Si vous vous demandiez pourquoi le rythme de parution de ce site est assez aléatoire ces derniers temps, c’est en partie parce que les Guitar Hero sont des saloperies de pompes à temps libre. Et, je ne le dirai jamais assez, c’est à cause des notes de frette. Comme vous le savez, il y a 5 touches de fret pour la main gauche (si vous êtes droitier) et jusqu'à preuve du contraire, il n'y a que 4 doigts utilisables pour pincer (ceux qui arrivent à pincer le fret vert avec le pouce sont des extra-terrestres et ne comptent pas). Bref, c'est de cette différence que vient toute la difficulté et tout l’intérêt du jeu. Mais les GH sont aussi tellement hypnotiques qu’ils scotchent irrémédiablement toute une assemblée sur de simples petits ronds jaunes, rouges et bleus… et qu’ils vous font visualiser ces mêmes séries lorsque vous entendez n’importe quel solo de guitare à la radio. Une misère en voiture !

Et alors que je pensais m’être enfin désintoxiqué de Guitar Hero II (après un passage éclair par la démo de GH3), c’est le moment choisi pour que l’on m’offre ce troisième opus. L’occasion de replonger dans cet abyme chronophage, et de ressortir en plus l’épisode 2 en coopération ! Petite parenthèse au passage : faites l'expérience de proposer à un ami guitariste de jouer, c'est tout à fait hallucinant. Alors que les débutants doivent très souvent passer quelques heures en mode easy, un pote guitariste est passé en mode medium dès son second essai... pour réussir une chanson haut la main !

Alors pour en revenir à cet épisode III, le développement a été confié à Neversoft (l’équipe des Tony Hawk), là où Harmonix est passé sur Rock Band. Ce qui crée fatalement quelques changements. Oh, rien de majeur : le système de jeu est copié-collé, de même que beaucoup d’autres choses. Tout juste peut-on noter une interface timidement remise au goût du jour, des graphismes un poil rehaussés et une synchro labiale du chanteur enfin ajustée. Côté guitare, cette version 360 est livrée avec une Les Paul noire beaucoup plus classe que l’Xplorer du 2. Ah, elle fait aussi beaucoup moins « clac » que la précédente lorsqu’on gratte dessus, et ça dispense donc de pousser le son pour apprécier la musique.

En parlant de morceaux, la play-list de ce GH3 a fait pas mal jaser. Pour ma part, j’adhère plutôt correctement aux choix finaux. Chacun aura bien sûr ses morceaux fétiches et ses lanternes rouges, mais on ne peut pas décemment cracher sur une play-list de 70 ou 80 titres avec les pistes à télécharger (citons le thème de Halo 3 et prochainement le classique « Antisocial »). En moyenne, les morceaux sont plus longs que dans l’épisode précédent, ce qui augmentera un peu la durée de vie artificiellement sur la base d’une suite de riffs parfois très redondants. Heureusement, le mode online est là pour dépoussiérer un peu le tout, varier les modes de jeu et rendre quasi infinie une replay value déjà énorme.

Les seuls regrets que je pourrais formuler concernent la manière en elle-même dont les morceaux sont traités par le système de jeu. En lieu et place des solos légendaires auxquels on nous avait habitués, on nous sert désormais des suites de notes à gratter par séquences, parfois lassantes et souvent répétitives. Si le jeu est plus permissif sur les timings, il s’oublie sur des riffs très longs et presque impossibles sur la fin du mode Expert. Et par-dessus tout, il évince quasiment l’une des notions capitales de Guitar Hero : les hammer-ons et pull-offs. En oubliant ce concept, GH3 gâche le plaisir de jeu de certains morceaux et s’inscrit dans une expérience sensiblement différente de l’esprit habituel de la série.

Il y aurait eu mieux pour s’émanciper de Harmonix… Nos yeux se tournent-ils désormais plus sérieusement vers Rock Band ?

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