Gran Turismo 4 Prologue

L'on a beaucoup critiqué Sony Computer Entertainment pour sa relative improductivité dans le domaine du développement. Lorsqu'il s'agit de signer des chèques pour acheter ou éditer, oui, mais pour ce qui est de créer ses propres franchises, il n'y a plus personne ! Les détracteurs se doivent pourtant de se courber au moins devant un simple studio et son unique série : Polyphony Digital pour leur fétiche Gran Turismo.

Ce GT4P n'est toutefois, et comme son nom l'indique, qu'un disque de démonstration jouable qui limite le joueur à cinq circuits, une bonne cinquantaine de voitures à débloquer, et deux maigres modes de jeu : permis et arcade. Inutile donc de vous préciser que l'on en fait vite le tour, et que le jeu n'est réservé qu'aux fanas de la série ; les autres pourront au choix attendre sur la version complète, ou se rabattre sur l'un des innombrables autres jeux de caisse du moment, parmi lesquels quelques perles à ne pas manquer.

Pour ce qui est de ce GT4P plus précisément, ce qui choque en premier lieu est la qualité impressionnante des graphismes pour une console qui allait entrer dans sa quatrième année d'exploitation à la sortie du titre. Cette qualité ne réside en réalité que dans des tours de passe-passe plus ou moins efficaces que Polyphony a appris à découvrir et à utiliser au fil du développement sur un hardware aussi limité et difficile à aborder que celui de la PlayStation 2.

Ainsi, si les véhicules sont encore mieux réalisés que dans l'épisode précédent, et c'est d'ailleurs assez hallucinant, le reste du graphisme peine sur plusieurs points que l'œil averti découvrira très vite et n'appréciera pas : le décor de fond en simple bitmap (je n'appelle pas ça du photo-réalisme que de lire un fichier image, et non le gérer ou le calculer), le public toujours aussi ridiculement animé et réalisé en 2D bien floue, ou encore les textures faiblardes, l'aspect cubique et l'aliasing des monuments et autres pourtours des pistes qui restent pour le moins simplistes.

En dehors de cela, le pilotage ne semble pas avoir beaucoup changé : GT4P ne procure pas un plaisir immédiat comme celui d'un Sega Rally 2 ou d'un Rally Sport Challenge, mais un amour de la conduite bien faite et précise, récompense d'heures d'entraînement au pilotage sur circuits fermés ou en situation de course. Maîtriser l'étroit circuit de la vieille ville italienne, par exemple, est un réel bonheur. C'est à la préférence de chacun que cela se joue. Reste l'un des gros points noirs de la série, toujours pas corrigé : l'intelligence artificielle des concurrents absolument navrante d'anti-réactivité et tant elle est scriptée.

Mais le véritable exploit au final, sans doute beaucoup plus impressionnant que d'avoir su aussi bien dompter la programmation de la PS2, c'est peut-être plutôt d'avoir réussi à vendre une simple galette de démonstration plus de 3.000 Yen à droite, ou encore 40€ à gauche. Marketing, quand tu nous tiens...

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