Grabbed by the Ghoulies

Il y a maintenant plus d'un, Nintendô se refusait d'intégrer Rare à ses first party, pour une simple question de gros sous, au plus grand bonheur d'un Microsoft en mal de hits pour sa Xbox. L'acte aura mal été vécu par la communauté des fans de Nintendô, et même si après tous ces longs mois, l'amertume s'est dissipée, ce Grabbed by the Ghoulies a toutefois la lourde tâche de montrer à ce public que malgré le changement de propriétaire, Rare est resté Rare.

Mais que de critiques ont coulées sur ce jeu dès sa présentation, certaines émanent même de votre serviteur. Il est vrai que le héros du jeu ressemble trop au héros moyen du dessin animé pour gamin américain de 10 ans, et partant d'un tel constat, on ne pouvait que dire "voilà, Rare a changé, ils font des jeux pour les petits ricains maintenant". Mais c'était sans prendre en compte deux paramètres. D'une part, le jeu était déjà en développement depuis plusieurs mois sur GameCube avant de glisser sur Xbox, et d'autre part, un héros n'est jamais tout seul dans un jeu. Et après avoir visionné une preview vidéo du jeu plutôt encourageante, et joué à une démo au Tôkyô Game Show des plus séduisantes, je n'ai pu rompre la coutume de m'offrir (pratiquement) chaque jeu Rare à sa sortie que je m'était crée depuis les débuts de la Nintendô 64.

Petit pincement au cœur lorsque l'on regarde le très laid visuel de la jaquette et que l'on lit en tout petit, au dos, "Rare Limited est une filiale de Microsoft Corporation". C'est la première fois depuis de longues années qu'un jeu Rare sort à nouveau sur une console qui n'est pas fabriquée par Nintendô, alors forcément, un fan du géant de Kyôto ne peut rester insensible face à ça. Mais bon, fini les émotions, place à l'action. Une fois le jeu lancé, on retrouve vite les habitudes de Rare. Des logos et une page de titre animés, avec une musique qui rappelle déjà de bons souvenirs. L'équipe de Banjo-Kazooie se cache derrière ce Grabbed by the Ghoulies, et ils n'ont pas dû changer de compositeur. Cela nous met donc vite dans l'ambiance et nous montre que Rare n'a pas changé pour ce qui est de soigner les détails. La présentation du jeu suivra tout le long le thème du livre, avec en particulier des scènes cinématiques mises en scène sous forme de bandes dessinées très originales.

Rare est réputé pour maîtriser les hardware et faire des jeux qui sont toujours d'un niveau technique supérieur aux autres. Ce Grabbed by the Ghoulies déroge pour une fois à la règle, mais même s'il ne pousse pas la Xbox dans ses derniers retranchements, il offre une réalisation de qualité, avec des graphismes agréables à l'œil et une bande son qui profite à merveille du 5.1 pour plonger parfaitement le joueur dans l'ambiance à la fois macabre et hilarante du manoir de Van Goule. Je l'évoquais plus haut, le design du héros est totalement raté, tout comme celui de la majorité des personnages humains. Cependant, les monstres sont, quant à eux, tout simplement exceptionnels avec des comportements à hurler de rire. Et finalement, le jeu offre ainsi une ambiance qui nous rappelle les bons souvenirs d'enfance de dessins animé dans l'esprit de Scooby-Doo pas désagréable du tout.

Avec une mise en scène soignée et une réalisation de très bon niveau, Rare réussit pour son premier passage sur Xbox presque un sans faute. Mais malheureusement, le gameplay pêche un peu dans ce jeu qui ne se révèle être qu'un banal beat them all de plus. En effet, l'on y navigue de pièces en pièces, en anéantissant, d'une manière générale, toutes les goules. La jouabilité a également bénéficié d'une simplification à l'extrême, le stick de gauche servant à diriger Cooper, le stick de droit le faisant attaquer, A permettant de saisir des objets et L et R pour positionner la caméra. Heureusement, pour éviter que le joueur ne se lasse trop, Rare a mis au point un système d'objectifs qu'il faut remplir en suivant des règles bien précises. Si l'on n'atteint pas l'objectif, ou que l'on ne respecte pas une règle, la faucheuse viendra vous punir en vous infligeant une sanction simple et radicale : la mort. Il faudra donc élaborer une certaine stratégie pour remplir quelques objectifs que Rare aura conçu de manière bien tordue. Mais malgré tout ça, il se peut que vous veniez à ressentir une quelconque lassitude au fil de l'exploration des nombreuses chambres du manoir. Exploration qui ne durera toutefois qu'une petite dizaine d'heures pour pouvoir terminer le jeu à 100%. Suffisant si l'on tient compte de la répétitivité du gameplay, mais insuffisante par rapport aux précédentes œuvres de Rare.

Au final, Grabbed by the Ghoulies est une bien belle mise en bouche qui ne laisse augurer que du meilleur pour l'avenir de Rare sur Xbox. Maintenant, ce serait plutôt le genre de jeu à réserver au marché de l'occasion. Mais si vous voulez retrouver l'ambiance du Rare d'antant, peu présente dans Star Fox Adventures et qui me manquait depuis Banjo-Tooie, n'hésitez pas, ce jeu est pour vous.

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