GameFAN : critique des #7 et Hors-série #1 + épilogue

En passant rendre visite fin décembre à Fabien VAUTRIN, le rédacteur en chef de GameFAN, et Stéphan CAHN, son éditeur, j'ai pu découvrir plus précisément et avec force détails la manière dont le magazine est construit. Mais ça c'est le côté people de Kanpai!, que voulez-vous. Pour cette fois, la diatribe repart sur les trois dernières parutions de Japan Culture Press, et en particulier les numéros 7 et hors série 1. Et avec, tenez-vous bien, certains contentements de ma part pas même financés par les intéressés.

Premier régal du #7, et il était plus que temps : le magazine a nettement réduit ses fautes d'orthographe. On élude presque les "pallier à", sans se libérer toutefois des "comme par exemple", "à priori" et autres pléona-oxymo-néolo-truismes. Ca fait toujours mal les premières fois, mais avec un peu de vaseline correctrice, l'on s'entend toujours mieux. Si l'orthographe est plus heureuse néanmoins, la syntaxe ne l'est pas toujours, avec en fer de lance la sur-utilisation d'auxiliaires à la place de verbes. L'on retrouve ainsi le bon (?) vieux côté journaleux de GF, qui fait rarement de l'ombre au poste de journaliste.

Sauf oui, naturellement, si son patronyme commence par "Fred" et termine par "B", mais non là vraiment, je n'ai pas pu m'empêcher. Promis, je me moque encore deux ou trois fois de lui, et après j'arrête. La désintoxication n'est pas évidente, surtout lorsqu'une muse comme Fred B nous sert sur un plateau d'argent une problématique telle que "le offline craint-il le online ?" torchée en quarante-deux petites lignes (si si, j'ai compté) aussi enchanteresses que la mer du Nord.

Je vous parlais justement de journaleux. Des comme Chaz, j'en veux, et régulièrement. Le type (ex- Sugoi!, Gaming, Gamekult, BouleDeFeu, etc.) a ce style fluide qui pardonne plus qu'aisément les quelques vulgarités (ah bon ?) qui ont choqué les sbires cachés de Familles de France et qui, surtout, montre le fier recul et l'impeccable vulgarisation sur laquelle se base toute critique. Chapeau bas l'ami provocateur, je t'aime, je te veux dans GameFAN plus souvent, tu entends ?

Et commence par réclamer ta place dans l'ours qui ne semble pas avoir été retouché depuis belle lurette. Même le désormais moins énigmatique Prince de Ôji n'y figure pas et, qu'à cela ne tienne, Ichigo vend la mèche en révélant cette ubiquité au cours de son exécrable édito Retro. Une double page qui, d'ailleurs, s'impose toujours en chef de file d'une maquette parfois inadaptée, à l'image de celle dont est drapée "World News". Dans la petite structure de GF, Fabien est autant rédac' chef que maquettiste, donc patientons un peu même si, ouch, ça fait mal aux yeux.

A ce propos pourra-t-il, lui aussi, partir au Japon comme le promeut la page 25 en collaboration avec "Destination Japon" ? Même si les organisateurs sont responsables des voyages de Japan Vibes, et que Florent GORGES pourrait lui aussi encadrer le guidage de la chose (gage de qualité ? Sans blague...), il me semble en tout cas que cette publicité se pointe trop tôt. Peu de préparations semblent achevées pour une telle aventure, et rien que sur la page en question, il manque des informations aussi primaires que la date et le prix. A suivre, comme l'on dit...

La partie "Game Design" me semble (osé-je ajouter "pour une fois" ?) relativement intéressante, bien que trop peu de jeux soient abordés et de manière bien trop linéaire / scolaire. A ce sujet, les premières lignes sont une absolue catastrophe, je cite : "le temps est un concept essentiel dans nos sociétés et sa retranscription dans le jeu vidéo a pris des formes diverses et variées". Pour le concours "recherche du vide, powered by Fred B", la page 60 avait rassasié, hein. Reste que le Yannick empiète également sur la pub J-Type en quatrième de couv', qui parlera ainsi de "temps réels". Chapeau.

Je ne sais pas qui """rédige""" (je mets beaucoup de guillemets, sinon j'ai mal aux fesses) ces publicités, et je n'ai d'ailleurs pas particulièrement envie de le découvrir, mais il y a encore un sacré boulot. En bas à droite, on y lit encore "le mag en exclu et les". Non non, je n'ai rien oublié. Et c'est peut-être là encore l'un des problèmes de GameFAN, pour en revenir à notre écrivain mystère : tout le monde a l'air absolument sympathique dans cette boîte, et Fabien m'a fait bonne presse de tous les pigistes réguliers. Sauf qu'à travers un mag, il manque des bouts, et la transparution passe comme un Fred B chez Raton... Mal.

En vrac, le top des ventes au Japon dans "Emergency Broadcast" aurait meilleur temps d'effectuer un récapitulatif du mois entier précédent ; sous cette forme, il n'a rien de bien intéressant. J'aime la page 23 : du vécu, de l'expérimenté, un poil d'intimité de la rédaction. C'est ce que je veux lire dans la presse papier, à l'image d'un texte de Chaz, de la nuit PSP de l'ami Ban-chan, ou de l'expérience de mise en page façon Mawaru dans le #6. Frionel est *mon* ami, il réclame encore que je me rie de lui : il écrira ainsi "Hogake", "Jiraya" ou "Kyubii" (ces deux derniers précédemment relevés - voir plus haut).

Plus loin, il parlera de "sûrement l'une des plus grosses claques de cette année vidéoludique" (p. 67) pour la sortie du film Advent Children. Sur cette même page, la maquette des légendes n'est pas une si mauvaise idée, mais elle oblige une lecture en trois temps (photo > placement > légende) alors qu'un simple numéro discret en bas de chaque photo aurait facilité largement la lecture. L'on perd en outre la bande dessinée ce qui, bien que pour des raisons absconses, ne me dérange guère.

Aussi, je note des problèmes récurrents de lettrines (pp. 18, 50, 52). Le symbole de l'écran photographié pour les shots DS est une bonne idée signée Fabien, mais ce premier manque à mon avis de clarté. Le placement des numéros de page me semble trop aléatoire et l'on a du mal à le fixer. Page 108, Fabien met en surbrillance "fait moi sentir vivant" (sic) : dommage de gâcher un "kojimisme" par une telle faute. Les notes des petites fiches Retro ont disparu, c'est une bonne chose que la rédaction se soit rendue compte de leur inutilité. Enfin, où est passée la suite du dossier SquareSoft commencé dans le #6 ?

Reste que, pour survivre, le magazine est toujours vendu 5,5€, d'autant que nous pouvons craindre une future nouvelle hausse avec la probable grosse quinzaine de pages supplémentaires. Le hors série, lui, est vendu 6€ pour cent pages et, dont acte, un format japonais. Les portefeuilles engueulent les (game) fans, peut-être, mais quelle qualité pour cette publication ! Mis à part deux ou trois coquilles qui valent des PDF sur le site officiel du magazine, et les défauts de finition rédactionnelle inhérents à la famille GF, ce premier HS est un modèle de propositions couillues. J'aime, et j'espère qu'il se vendra bien pour que sortent les volumes 2 et 3.

Plus globalement, si GameFAN enferme ses intervenants dans leur probable culture touffue, il n'en reste pas moins que la vulgarisation de leur savoir se fait souvent dans la douleur. Quelle que soit la fin (de bonne foi dans GameFAN, je le sais bien), si le moyen n'y est pas, le but ne sera pas atteint. En l'occurrence, il est important que les rédacteurs suivent des formations un minimum journalistiques pour savoir exposer convenablement des idées. Sans sombrer dans le catalogue version Joypad, certes, mais en s'inspirant de leurs méthodes de rédaction, peut-être.

Car eux, au moins, savent écrire.

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EPILOGUE (fév 2005)

Suite à la non-reconduction de la part de GF de la demande que ces présentes critiques continuent, et plus personnellement à l'envie de ne pas paraître acharné, j'arrête à présent les papiers sur GameFAN. A l'heure où le magazine devient bimestriel et baisse son tirage pour qu'il soit plus adapté à leurs dix mille exemplaires écoulés par numéro, l'équipe continue son petit bonhomme de chemin.

Je tiens également à préciser que, malgré le ton parfois un peu dur que j'ai pu employer à l'égard de leur production, je n'ai jamais douté une seule seconde de la bonne foi, de la motivation ni des capacités de l'équipe qui réalise GameFAN. La rencontre avec une partie d'entre eux fin décembre a confirmé mes suppositions : Fabien, Stéphan, Recio et les autres réalisent ce travail avec leur coeur et s'investissent énormément dans ce beau projet. Je leur adresse donc toutes mes félicitations pour la conduite de GameFAN, leur souhaite bonne chance pour la suite et longue vie au magazine !

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