GameFAN : critique du #2

Le premier numéro de GameFan, annoncé comme une relève, ne m'avait pas franchement convaincu. Il avait également divisé Internet et les lecteurs de la presse vidéoludique, qui se sont pour beaucoup rassemblés derrière ce deuxième essai a priori d'un autre niveau. Certes, des améliorations sont présentes, mais beaucoup d'erreurs et de questions persistent.

En découvrant le magazine, ce sont tout d'abord quelques déceptions qui nous attendent. La première concerne le dessin de couverture, de qualité correcte mais toujours aussi librement inspiré d'un jeu et méconnaissable : le mi-chemin hasardeux, entre le visuel publicitaire habituel et le personnage original à la Player One, n'aide sûrement pas à fixer le magazine en kiosque et à le vendre. Ensuite, le rythme de parution bancal, ici mi-juillet/août, dérange la régularité de parution et rappelle furieusement les sorties FJM. Enfin, le papier et la reliure restent du même niveau qu'au premier tour : mauvais.

A l'ouverture, c'est enfin une satisfaction qui pointe son nez : celle de découvrir une maquette qui a subi d'importantes retouches, et heureusement. La lecture générale est plus claire, les rubriques mieux découpées et plus faciles à cerner. Bien que l'on ne prétende pas encore à du haut niveau, cette nouvelle mise en page, malgré son classicisme éhonté, parvient à nous faire oublier l'horreur graphique du premier numéro. D'autres petits sourires nous seront arrachés, par exemple sur des bonnes surprises telles que l'autodérision de la page retraçant ces mêmes infamies passées.

Pourtant, à y regarder de plus près, GameFan n'en est pas plus passionnant, et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord, il y a toujours cet aspect FJM qui ressort dans les textes d'un niveau encore pas assez professionnel, tout du moins pas assez propre et clair, à l'image des chapô indignes d'un tel tirage ou des NDRC intempestifs dans certains articles. Ce numéro #2 ne démord pas de l'aspect fanzine dans l'écriture, sans doute encore trop loin de Gaming pour pouvoir s'imposer après celui qui a déjà connu l'échec. Dans les textes, on ne trouve presque que du déjà-lu mille fois, rien d'original et même pas mieux traité qu'ailleurs. L'une des seules démarcations de GameFan vient de ses "Arkadia" et "Warp Revolution" qui ne s'adressent malheureusement qu'à des franges minoritaires de la population des joueurs.

D'autre part, GameFan fait montre de choix parfois tendancieux, à l'image des thèmes "rétro" comme la Nintendô 64 (ou plutôt simplement sa sortie) ou Player One qui sont traités sur une simple page, alors qu'ils en auraient mérité au moins plusieurs. A trop vouloir en faire, l'on suscite l'indigestion et la frustration. Et lorsque les dossiers atteignent le chiffre prodigieux des quatre pages, par exemple celui destiné à la Famicom, ils ne renseignent pas plus humainement et avec moins d'intérêt qu'une rapide recherche sur un moteur Internet. Les problèmes autour de la rédaction sont eux aussi de taille : l'équipe de base n'est constituée que de très peu de mains, complétées par une masse de pigistes très ciblés, de toutes horizons. Du coup, l'on se retrouve avec un trop-plein de quelques plumes, et une difficulté à s'attacher à une équipe en particulier, la plupart des autres intervenants restant très irréguliers.

Tout aussi horripilante est cette manie d'écrire absolument tous les titres et le plus de mots possibles dans un Anglais ou un Japonais souvent bancaux, sans doute dans l'espoir de rendre le magazine plus classe. Il n'en est à mon goût que plus abscons. Par exemple, j'ai beau chercher mais "Emergency Broadcast" pour le titre de rubrique concernant les nouvelles du jeu vidéo au Japon (au demeurant plutôt intéressante, à défaut d'être bien réalisée), ne trouve pas d'explications. On atteint d'autres sommets avec "Gamest" et "Overall" qui semblent correspondre respectivement à la note "subjective" et "objective", sans que rien ne soit expliqué quant aux choix, leurs initiateurs ni les correspondances. Douteux... Aussi douteux est le "NTSC-UE" qui correspond aux États-Unis. Enfin plutôt aux Unis-États... Leur cher "Concept Talking" montre ses limites ?

Je sais que je ne suis pas tendre avec GameFan, mais j'ai l'impression que le magazine ne sait pas (encore, espérons-le) exactement où il va. A ce rythme, en continuant dans cet esprit fanzine et avec toujours aussi peu de pub, GF risque fort d'avoir tapé trop haut et de suivre le chemin de Gaming. C'est tout ce que je ne lui souhaite pas, mais il va falloir réorienter la barque pour que cela soit évité. Alors, même si cela doit fortement déplaire à certains, je reste insatisfait du travail effectué malgré des efforts évidents pour ce deuxième numéro, et encourage toujours plus l'équipe de GameFan à revoir encore une fois sa copie.

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