Final Fantasy Les Créatures de l’Esprit (Film)

FF The Spirits Within

Le premier film de Square Pictures est enfin arrivé dans les salles. Etant donné le grand talent de cette société dans le domaine de l'image de synthèse, leur capacité à nous pondre des scénarios intéressants et la forte réputation de la licence Final Fantasy, le chef d'œuvre était attendu. Pourtant, l'accueil réservé par la critique fut froid et ce film fait désormais partie des flops de l'année aux USA. Mais qu'en est-il réellement ? Chef d'œuvre ou navet ? Nous vous proposons, avec du recul, notre avis sur cette œuvre de SAKAGUCHI.

Honnêtement, j'étais inquiet au sujet de ce film. Je n'avais pas pu le voir le jour de sa sortie et les premiers échos bien pessimistes à son sujet, couplés par son bide monumental aux USA n'étaient guère rassurants. Cependant, on ne peut se forger un avis en se basant sur celui des autres. J'ai donc décidé d'aller vérifier ceci par moi-même. Et ma surprise fut grande. Rien que techniquement, ça impressionne déjà énormément. La modélisation des personnages, la qualité des textures, la fluidité des animations et les détails des décors, tout a été soigné afin de rendre vivant ce petit monde virtuel. Et comme j'ai eu la chance de voir la VO, la synchronisation parfaite des voix aux mouvements des lèvres rend le tout extrêmement crédible.

Le scénario n'est pas en reste non plus, puisque malgré les nombreuses critiques, je ne l'ai pas trouvé d'une grande bêtise. Au contraire. Ce n'est certes pas la plus grande histoire de SF écrite à ce jour, mais on s'y laisse prendre facilement. La seule fausse note que je relève à ce niveau, c'est le cliché des gentils très gentils contre les méchants très méchants. Mais ce n'est pas trop grave.

La bande son du film est quant à elle assez moyenne. Signée Elliot GOLDENTHAL, elle fait trop dans le style "Hollywoodien" et donne une désagréable impression de déjà entendu. On en vient presque à regretter qu'UEMATSU n'ait pas eu le temps de travailler sur ce film, malgré la piètre qualité de ses dernières compositions. Le thème final, interprété par Lara FABIAN est totalement insupportable. Heureusement, la chanson Spirit Dreams Inside, interprétée par le groupe Japonais L'ARC-EN-CIEL rehausse un peu le niveau.

Globalement, Final Fantasy : The Spirits Within m'a beaucoup plu. Au point d'ailleurs de m'interroger sur les nombreuses critiques virulentes à son encontre. Pourquoi tant de haine ? On peut imaginer que la tendance actuelle visant à casser du Square, parce que c'est "tendance", a beaucoup joué en sa défaveur auprès d'un public de "fans". Cependant, cela n'enlève en rien mon plaisir d'avoir vu ce film et mon impatience de faire l'acquisition prochaine de son édition DVD Zone 1 (sortie prévue le 23 octobre prochain, à vos agendas !) qui s'annonce exceptionnelle.

L'avis de Gael :

Dès que j'ai appris que Square Pictures préparait un film basé sur la licence Final Fantasy, je me suis dit qu'il s'agissait d'un coup commercial. Et j'y crois encore. En-dehors de "Gaia" et du nom "Sid" (en clin d'œil pour les fans de la saga), FFTSW ne rappelle à aucun moment la saga de SquareSoft ; d'ailleurs, le film s'adresse en priorité au grand public. Et c'est, selon moi, ce qui fait qu'il n'atteint pas le titre de chef d'œuvre. L'équipe des Deep Eyes reste beaucoup trop stéréotypée à mon goût (le capitaine beau et musclé, la nana tête brûlée, le comique de service et le grand balèze) ; la musique apparaît comme bien trop discrète, puisqu'elle a été entendue mille fois dans les films hollywoodiens ; le scénario démarre et s'étoffe beaucoup trop rapidement, alors qu'il s'avère réellement passionnant. Car force est de reconnaître qu'au niveau de la qualité technique, les équipes de production ont atteint une qualité rarement obtenue dans un film en images de synthèse (ah, ces décors dans les rêves d'Aki ou dans l'ancienne ville de New York ! Ah, ces grains de peau !). Et ce, bien que le film soit légèrement trop terne. Idem pour la qualité de l'animation, qui profite d'une motion capture époustouflante. Petit bémol pourtant : les émotions d'Aki se révèlent trop rapides et pas assez marquées sur son visage ; dommage, car le rendu des émotions était particulièrement travaillé.

Final Fantasy : The Spirits Within s'avère donc pour moi une œuvre bien japonaise à la base, mais retravaillée pour coller au public américain (ce qui n'a même pas fonctionné). Dommageable... Reste qu'il s'agit là d'un superbe tremplin pour les prochains films de Square Pictures.

Critique du DVD

Il y a des jours où l'on hésite, on se tâte, où l'on se demande s'il faut acheter le DVD de Final Fantasy ou pas ? C'était une question qui me passait par l'esprit depuis sa sortie en DVD Zone 1 en octobre dernier. Finalement, après réflexion, j'ai opté pour la location de ce film, et croyez-moi, je ne le regretterai jamais assez.

L'édition DVD de ce film s'annonçait excellente. Deux DVD, une grande quantité de bonus, un transfert des données effectué d'une source digitale vers un support digital afin de garantir la meilleure qualité d'image possible, pistes sonores et sous-titres Anglais et Français, le tout, dans une jolie boîte.

Cependant, malgré tous ces beaux mots, Square Pictures et la Columbia ont mal fait leur boulot. Le premier contact avec ce DVD se fait par son packaging et il est totalement raté. L'illustration de la face est vraiment de mauvais goût et le dos est tout noir, avec quelques photos et une quantité de texte en blanc écrit tout petit. Je sais bien que l'emballage n'a que peu d'importance, mais lorsque l'on voit la boîte de certains autres films, on ne peut que regretter qu'aucun effort n'ait été fait à ce niveau-là.

Une fois le premier DVD lancé, on a droit à une jolie introduction, faite d'images du film, avant d'atterrir dans les menus. Ils sont très beaux, bien dans l'ambiance du film. On retrouve une option pour démarrer le film, le choix des langues, l'accès direct à une scène et les commentaires audio. Après avoir choisi la langue, je lance le film, imaginant m'en prendre plein la vue. Mais j'ai tout de suite déchanté. En annonçant du Digital to Digital, je m'attendais à une qualité d'image d'une grande finesse, et au lieu de ça, on a droit à une image toute granuleuse. Tellement granuleuse même, que je pense avoir eu en face de moi la pire qualité d'image vue sur un DVD. On se croirait presque à regarder une VHS. Côté son par contre, rien à signaler, c'est dans la moyenne.

Après une petite déception technique avec le film, qui, malgré tout reste un bon film, je suis allé voir du côté du deuxième DVD, contenant les bonus. Une fois encore, en lançant le disque, on se retrouve face à une animation très sympathique où l'on voit Aki terminer de "tourner" une scène avant de se balader dans les "coulisses". L'intégration du personnage en images de synthèses est assez bien faite sur le plateau réel. Après cette jolie petite scène, on se retrouve face à un grand nombre de bonus. On retrouve les classiques Making of et autres documentaires sur le film, une option permettant de refaire la scène du Conseil en choisissant soi-même l'angle de la caméra, des fiches sur les personnages et les véhicules, l'intégralité du rêve d'Aki, quelques bêtisiers (forts sympathiques d'ailleurs), la séquence d'ouverture du film originale et enfin, le petit délire de Square Pictures, le clip de Thriller avec les persos du film. Si une majorité de ces bonus n'a rien d'extraordinaire, trois méritent vraiment le coup d'œil. Le clip de Thriller, tout d'abord, qui, malgré une animation perfectible reste bien réalisé et vraiment hilarant. On regrettera juste que les personnages ne chantent pas. Ensuite, le bêtisier va lui aussi vous faire rire, notamment à cause du fait qu'il est réalisé sur une version rudimentaire du moteur graphique (faible nombre de polygones avec textures et décors quasiment inexistants) et du niveau des blagues qui finalement nous montre assez l'état d'esprit de l'équipe du film après de longues heures de travail acharné. Enfin, la séquence d'ouverture du film originale est très intéressante, car elle a été réalisée il y a un déjà quelques années avec un moteur d'époque qui, bien qu'encore relativement décent de nos jours, reste bien en dessous de celui du film. On y voit également Aki, dans son design encore non définitif et il est amusant de constater le progrès réalisé au niveau de son apparence extérieure.

Malgré une grande quantité de bonus intéressants, cette édition DVD n'arrive pas à convaincre, tout simplement à cause de cette qualité d'image totalement indécente. Il ne reste plus qu'à espérer que Square Pictures et la Columbia soigneront les autres éditions DVD, qui sortiront fin février prochain, en Europe et au Japon.

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