Eternal Family

Eikyû Kazoku

Production un peu particulière de l’excellent studio 4°C, Eikyû Kazoku (Eternal Family) est relativement peu connue au sein de la japanimation. Pourtant elle s’offre comme une OAV décalée, assez dans l’esprit des animés du studio, ou des essais réussis de Gainax entre FuriKuri et Abenobashi.

Son format d’abord, que l’on résume comme un simple épisode unique d’une demi-heure, est en réalité constitué de cinquante-trois spots publicitaires de trente seconde mis bout à bout, réalisés en 1997 pour le compte de la société NTT Infosphere. En conséquence, l’animation s’avère au moins très rythmée, sinon tronçonnée par ce jingle de chasse d’eau qui finira par fatiguer le visionnage. Toutefois, La deuxième partie de l’OAV se voudra plus traditionnelle dans sa progression.

Eikyû Kazoku a été réalisé sous la direction de MORIMOTO Koji, un grand monsieur de l’animation, qui a notamment travaillé sur l’époustouflant Animatrix Beyond, certains .hack, Akira, Ao no 6 Go, Kamui, Cobra et même le Ghibli Kiki. C’est vous dire s’il distille sa patte dans cet Eternal Family : des personnages superbement animés dans des décors précis et hauts en couleurs, une excellente maîtrise des déformations, des perspectives et surtout de divers effets qu’il peaufinera encore dans ses plus récentes productions.

Le scénario offrait une base intéressante. Celle d’une famille ayant subi un lavage de cerveau, vivant confinée dans une microsociété et n’ayant aucune idée de l’existence d’un monde autour d’elle. Cette expérimentation est diffusée à la télévision comme une émission de télé-réalité, adorée par la population. Malheureusement, ce synopsis intéressant apparaît comme totalement au service de l’animation et de ses frasques, ce qui ne manquera pas de laisser le spectateur sur sa faim, tant on aurait pu creuser sur ce sujet, ou au moins fournir une chute à l’animé.

Eikyû Kazoku offre donc, en définitive, une expérience intéressante. Si l’on ne manque pas de penser qu’elle aurait pu être retravaillée pour convenir plus précisément au format de l’OAV, le visionnage n’ennuie pas particulièrement. Ce n’est donc pas l’animé du siècle, mais au moins une réussite technique à la hauteur de la réputation de 4°C.

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