E3 2008, l’avènement du casual gaming

Comme chaque année ou presque depuis 2001, Kanpai revient une nouvelle fois sur la grand messe annuelle du jeu vidéo. Et comme l’indique le titre de l’article, le salon de cette année confirme clairement l’orientation grand public du jeu vidéo, embrassée par Nintendo depuis 3-4 ans et désormais suivie en partie par ses deux rivaux. Alors que la firme au plombier nage dans les dollars, Microsoft et Sony sentent clairement leurs machines en danger. Et pour cause, à la mi-juillet, les chiffres de vente mondiaux sont éloquents : ~30 millions de Wii pour ~20M de Xbox 360 et ~14M de PS3, alors que la première est sortie après les deux autres. Du côté des portables, on chiffre à ~75M de DS contre ~36M de PSP (sources VGChartz). Du coup, les conférences des deux constructeurs « à la traîne », ainsi que beaucoup des jeux qu’ils ont choisi de présenter, surfent sur la vague casual. Et c’est encore plus marquant chez Nintendo qui, clairement, a choisi de se la couler douce. Pour le pire ?

Dans les faits, cela se traduit notamment pour Sony par l’affichage du traditionnel et soporifique PowerPoint économique du groupe, via l’univers de Little Big Planet (une bonne idée au demeurant). Du côté de chez Microsoft, on cache à peine le mixte entre les Mii et le PlayStation Home pour présenter les Avatars et le dashboard joliment remis à neuf (à télécharger le 16 octobre, et qui va donc peut-être finir par coiffer le PS Home au poteau). À chaque fois, on flirte entre Second Life et l’esprit familial. Que dire des accessoires ? Ceux-ci ont quasiment pris plus de place que les jeux ! Outre les inévitables instruments de Rock Band 2 (en exclu temporaire sur X360) et Guitar Hero World Tour, on devra désormais composer avec le Wii Motion Plus (pour faire une Wiimote 2.0), le Wii Speak (un micro / haut-parleur USB qui se cale sur la Sensor-bar), et d’autres accessoires en cascade… Les râleurs pointent déjà sur des consoles livrées en kit. Il faut dire que la stratégie des constructeurs est pour le moins efficace. Prenez le Motion Plus de la Wiimote par exemple, censé transcender la reconnaissance des mouvements : vendu 30€ avec Wii Sports Resort (alias Wii Sports 2) il ne peut que cartonner. Dommage que sa sortie ne soit prévue qu’au printemps 2009. J’espère que Nintendo a autre chose que Wii Music dans sa hotte de Noël... Ahem. Mais je pense aussi à Shaun White d’Ubisoft, qui semble presque avoir volé la vedette sur Wii à un 1080° pourtant attendu. Ce qui me fatigue un peu sur Wii, c’est que beaucoup de jeux veulent à tout prix utiliser les accessoires mis à disposition, parfois au détriment du gameplay. C’est peut-être bien sympa, une Wii Balance Board, mais on perd quand même beaucoup en précision ce qu’on ne gagne pas en fun à tous les coups… Et l’accessoire en lui-même représente un investissement non négligeable que tout le monde n’est pas prêt à faire. Aux éditeurs de me donner tort. Heureusement que dans tout ça, Sony semble avoir totalement oublié sa ridicule Six-Axis, pour un retour en arrière salutaire vers la solide Dual Shock 3. Quant à Microsoft, itou et dont acte, on n’a pas montré de « X-mote » dont parlent tant les rumeurs. C’est toujours ça de pris.

Un petit mot inévitable au sujet de Final Fantasy XIII, qui était probablement l’annonce du salon. Microsoft a marqué un très gros coup en faisant tomber l’exclusivité, et il semble ne plus rester à Sony qu’un Metal Gear dont le quatrième opus n’est pas vraiment la killer-app attendue (et dont certains opus sont déjà sortis sur d'autres consoles comme Xbox ou GC). Les rapprochements entre MS et Square-Enix étaient intelligents et, en marge du trio alléchant Infinite Undiscovery / The Last Remnant / Star Ocean 4, on aura donc un « vrai » FF sur Xbox 360. Plus en détails, cet accord ne vaut que pour les États-Unis et l’Europe où le jeu sortira simultanément sur les deux machines. Au Japon, Final Fantasy XIII reste une exclu PS3 et, vu que la Xbox 360 ne s’y écoule pas, on comprend l’inintérêt de la chose. Comme les FF sont des jeux qui se vendent en proportions à peu près équivalentes sur les trois marchés, j’ai hâte de consulter les scores de ventes. Mais au-delà de ça, et après un Final Fantasy XII en demi-teinte (tantôt brillant, tantôt barbant), espérons que FFXIII oublie un peu son univers futuriste / Star Wars pour se reconcentrer sur l’essence de la saga.

En marge de cette bien seule grosse annonce, les blockbusters attendus ont encore fait la parade : Gears of War 2 et Resident Evil 5 ont l’air exceptionnels, God of War 3 ne nous a pas montré autre chose qu’une cinématique, Street Fighter 4 est toujours aussi stylé, Ratchet & Clank reviennent pour une courte aventure sur le PlayStation Network à $15, et puis en vrac LocoRoco 2, Killzone 2, Fable II, Viva Piñata 2, Fallout 3, Too Human… et j’en oublie sûrement. Il y a aussi ceux qui nous allèchent mais qu’on attend de voir plus pour se prononcer : Mirror’s Edge, Bayonetta (de Platinum Games, ex-Clover Studio), Mad World, Halo Wars, Resistance II, Banjo-Kazooie Nuts & Bolts, GTA DS, etc. Tiens, mais ça fait (quasi) seulement des suites, tout ça. Et surtout, ça ne fait pas beaucoup de jeux Nintendo. En fait, à part l’attendu Animal Crossing City Folk (jouable à 4 seulement, sans les Mii et sans doute avec les putain de codes amis) et le pathétique Wii Music (que j’avais essayé en 2006 et qui a l’air tout pourri, de l’avis de tous), la firme au plombier ne nous a rien montré. On espérait pourtant du F-Zero, du Kid Icarus, du Pilotwings… Heureusement que Miyamoto a confirmé à demi-mot pour la Wii les développements de nouveaux Mario et Zelda, et de Pikmin 3 (avec Olimar vu dans Smash Bros. Brawl, il fallait s’en douter). On se consolera en se rappelant que Nintendo a annoncé vouloir désormais dévoiler ses jeux 3 à 6 mois avant leur sortie… mais la déception est clairement là. Et c’est le même sentiment qui nous anime en pensant à Assassin’s Creed 2, Gran Turismo 5, Kingdom Hearts 3, Dragon Quest X, Beyond Good & Evil 2 ou encore cette arlésienne qu’est le PS Home.

L’E3 est peut-être revenu au Convention Center de Los Angeles cette année, mais ce sont toujours seuls 5.000 professionnels qui ont arpenté ses couloirs. On est loin des dizaines de milliers de fans présents jusqu’à l’édition 2005. Alors, avec deux années consécutives décevantes, l’E3 n’est-il plus la grand’ messe du jeu vidéo ? Il est évident que l’innovation a presque complètement déserté le salon. Dans l’ensemble il y a très peu de nouveautés. Les constructeurs se copient les uns les autres dans un marché du jeu vidéo qui cherche à évoluer, tiré vers le haut (ou le bas, ça dépend du point de vue de chacun) par les deux consoles phares de Nintendo. Comme le disent en substance Reggie, sa vieille rombière de Cammie Dunnaway, et la com’ de Nintendo : « more smiles to more faces »… Pour certains, la stratégie de Mario et Iwata n’est qu’un (juste ?) retour de bâton de la désaffection des gamers connue aux époques N64 et GameCube. En filigrane de tout ça, vous comprendrez donc que la cible marketing n’est plus représentée par nos petites gueules. Entre vous et moi, les trois constructeurs se foutent pas mal de décevoir (voire de perdre) une poignée de core-gamers là où ils achalandent des cargos entiers de non-joueurs. Comment ça, vous ne vous y étiez pas préparés ? Depuis 3 ans qu’on en parle, pourtant… vous faisiez sûrement la sourde oreille ;-)

Un très mauvais cru

L'analyse de Julien

E3… Je te regrette vraiment. Dire que cela fait déjà deux ans que tu nous as abandonné, avec tes annonces fracassantes, ton déluge de jeu et tes conférences souvent jubilatoires. Oui, je sais, un ersatz de manifestation porte toujours ton nom, mais au vu de cette édition 2008, tu es définitivement mort et devenu inutile à tout joueur de ce monde. Avec un espace plus limité, un choix de date des plus douteux et surtout un changement drastique de public cible, le salon qui se voulait être le plus grand de tous n'est aujourd'hui qu'une vulgaire foire destinée à tenter d'avoir une place de choix dans les rayons des supermarchés en fin d'année. Oublié donc, le temps où il fallait avant tout en mettre plein la vue aux joueurs, quitte à parfois griller certaines cartouches pour les 2-3 ans à venir.

Ne restaient donc que les conférences des trois constructeurs, dans l'ordre Microsoft, Nintendo et Sony, pour éventuellement nous surprendre et surtout nous faire rêver un peu. Et bien non, quel que soit le constructeur, nous n'aurons eu droit qu'à des présentations moyennes à médiocres, rendant ce morne événement encore plus pathétique.

Microsoft a, comme à son habitude, ouvert les hostilités dès le lundi, 10:30 am (PDT) soit 19h30 chez nous. Ou plutôt les hostilités ont débuté à 5 minutes de la fin de la conférence quand, lors d'une pirouette orchestrée comme dans les meilleurs moments de suspens d'une sitcom AB Productions, le Président de Square-Enix revenait sur scène pour annoncer l'arrivée de Final Fantasy XIII sur 360 également pour l'Europe et les USA. Surprenant, mais ma foi inévitable quand on sait que ce même Square-Enix annonçait plus tôt dans l'année de mauvais résultats financiers (en même temps, ils sortent quoi ces temps entre deux remake ?), que le développement de FFXIII semble patiner comme ce n'est pas permis et qu'avec les chiffres un peu en demi-teinte de FFXII en occident (juste pas le million en Europe), le succès international n'est même plus assuré. Square-Enix joue donc de l'opportunisme, en laissant à la PS3 l'exclusivité japonaise et en profitant des bonnes ventes de jeux sur 360 pour l'Europe et les Etats-Unis. Un choix stratégique qui plaira sans doute aux actionnaires, à l'exception peut-être du petit là-bas au fond, dont le nom commence par So et finit par ny (s'ils ont encore leur petite part de capital de Square-Enix, bien sûr). Beaucoup de flou subsiste encore toutefois, quand on sait que Square-Enix a admis par la suite que le développement de la version 360 ne commencerait qu'une fois la version japonaise terminée sur PS3. On est donc pas près de le voir arriver et peut-être que ce jour-là, la perte de cette exclusivité ne sera plus aussi importante.

Pour le reste, ah, il y avait une conférence avant ? Je suis un peu de mauvaise foi, certes, il y avait une belle démonstration de photocopieuse. Ainsi, dans sa stratégie, Microsoft ne cherche plus à dominer en se créant un nom et une identité propre. Non, trop ringard ou trop compliqué. Le nouvel objectif est de devenir Sony. Sous-entendu récupérer ce qui est récupérable et copier ce qui ne l'est pas. Nous avons donc eu droit à du pseudo Singstar (avec certes quelques améliorations), du pseudo Eye-Toy et un focus très porté sur ces licences qui ont fait la joie des possesseurs de PlayStation 1 et 2 (Resident Evil, Guitar Hero, FF). Au final, côté jeux, à part un petit moment passé sur Gears of War 2, Fable 2 et des trailers des jeux Rare, peu de choses nous rappelaient que nous étions chez Microsoft. Et comme Sony fut, en son temps, un grand adepte du photocopieur, Microsoft a même risqué la surchauffe en tentant de caser un peu de Nintendo dedans. Deux minutes avant de présenter la nouvelle grisâtre et tristounette interface de la Xbox 360, on nous disait encore à quel point ils se démarquaient des autres avec le live. Un reboot de console plus tard et l'on se retrouve avec des Mii… euh pardon, Avatars, balancés dans un espace de socialisation et d'échange façon PlayStation Home du pauvre. Ils n'auront toutefois pas poussé l'affront jusqu'à nous sortir leur clone de Wiimote pourtant en rumeur depuis des lustres. Petite originalité tout de même, le Live Primetime, en partenariat avec la très "respectable" société Endemol, pour participer à des redites de leurs shows télé avec ses Avatars. Intéressant pour tout casual, sans doute friand de ce genre de programmes, mais reste à avoir plus de détails sur le fonctionnement (shows payants ? Gratuits ? Et qu'en est-il de l'Europe ?).

Bref, en résumé, chez Microsoft, même si cette conférence n'enlève rien à la qualité des titres présentés, ni au fait que des jeux comme Gears of War 2 ou Fable 2 vont plus que cartonner, elle a toutefois manqué de surprises (exception faite de FFXIII), d'originalité et certains focus n'étaient à mon avis pas nécessaires. Pourquoi insister sur Fallout 3, Guitar Hero World Tour ou Resident Evil 5 pourtant non exclusifs ? Pourquoi ne pas avoir montré plus en détail le tant décrié Banjo-Kazooie Nuts & Bolts pour essayer de convaincre la foule ? Du tout moyen donc, mais venant d'un constructeur qui n'a plus vraiment de preuves à faire sur cette génération, cela restait un bon moyen d'enfoncer le clou sur le fait que la 360 était la nouvelle PlayStation.

Passons maintenant à l'événement que j'attendais le plus, la conférence de Nintendo. Depuis le lancement de la Wii, cette firme, que j'aime plus que tout et pour qui j'ai été un sale fanboy pendant de longues années, tantôt me déçoit, tantôt me comble de bonheur. Et là, il faut dire que depuis le lancement scandaleusement tardif de Super Smash Bros. Brawl en Europe, je ne savais plus trop quoi attendre d'eux pour le reste de l'année. Et bien maintenant j'ai la réponse. Sauf surprise ultérieure, ça ne sera rien du tout. À force de parler de rupture, Nintendo s'est mis, en ce mardi 15 juillet 2008, en totale rupture avec moi. Premièrement, le style Cammie Dunnaway ne passe pas du tout avec moi. Si je salue le courage de mettre en avant une femme, qui plus est d'un certain âge et mère de famille pour ce type d'événement, elle n'est clairement pas la mieux placée dès qu'il s'agit de s'adresser à des joueurs. Continuer avec sa carte reçue à la fête des mères et son pêtage de poignet au snowboard n'est pas franchement habile, ni intéressant non plus. Enfin, je me disais que ça pouvait peut-être introduire un 1080° pour la Wii. Et non, c'est Shaun White Snowboarding, un jeu Ubisoft pas franchement bandant. C'est quoi d'ailleurs cette mode, chez Nintendo, de mettre super en avant des jeux Ubi de qualité discutable (souvenez-vous, Red Steel) ? Ils parlaient de mettre un sourire sur tous les visages et bien à part Iwata et son côté un peu simplet petit rigolo qui a essayé de nous parler avec plein de mots compliqués qu'il arrive limite pas à prononcer, je n'ai pas eu souvent l'occasion d'en esquisser un. On nous dit brièvement que les équipes de Mario et Zelda sont bien au boulot, tant mieux, mais ensuite plus rien. Du bourrage de crâne en règle sur des chiffres ennuyeux, puis une belle démolition de tout le concept Wii. Alors finalement, vous avez pu voir que côté réactivité et précision, la Wiimote n'était pas aussi top qu'annoncé, donc on vous balance un périphérique de plus pour corriger le tir et accessoirement alourdir la facture d'un pad qui est déjà pas donné. Et pour lancer tout ça, quoi de mieux qu'une suite à Wii Sports : Wii Sports Resort. Un simili-jeu de sports de vacances, avec des activités aussi trépidantes que le lancer de frisbee. Wow ! J'ai toujours rêvé de faire ça dans mon salon. Il y a aussi un jeu de jet-ski où l'on est juste pas ridicule et qui a l'air super injouable et un jeu de kendô, très réputé pour son côté sport de plage populaire.

Côté jeux "gamer", Nintendo nous a gratifié d'un énième Animal Crossing qui, malgré son côté mignon et sympathique, semble toujours collé au même moteur graphique de la version Nintendo 64. Grande innovation, le jeu va utiliser un micro. Là encore, wow ! Non, vraiment Nintendo s'est surpassé pour nous, joueurs de longue date. À part ça, sinon, on retiendra quelques annonces peu stimulantes sur DS, hormis l'annonce d'un GTA dont on ne verra que le logo. Ah, j'oubliais le moment clé de la conférence, le sommet du ridicule, la présentation de Wii Music. Était-ce bien nécessaire d'allouer ressources et argent pour un jeu pareil ? On nous propose de faire de la musique avec Wiimote, Nunchuck et Balance Board. Déjà, ce n'est pas franchement immersif de mimer les instruments et en plus, ça permet d'avoir l'air très débile. Mais en plus, pas de sanction ou quoique ce soit si on joue faux. Dès lors, quel intérêt ? Faire des pseudos concerts ridicules dans un décor alpestre kitsch dont seul les Japonais ont le secret ? C'est pourtant bien sur cette vision d'horreur, avec en fond un massacre du thème de Super Mario Bros., que cette triste conférence s'est terminée. Et ce n'est pas la timide annonce d'un nouveau Pikmin par la suite qui saura me réconforter. L'objectif de mettre un sourire sur tous les visages n'a de loin pas été atteint et quand je repense à tous ces bons moments passés sur les jeux Nintendo et que je vois ce genre de prestation, j'ai plutôt envie de pleurer. On ne pensait pas que Nintendo pourrait faire un jour pire que sa conférence de 2003, avec sa longue séance de Pac-Man vs… Et bien c'est fait !

Il restait donc un dernier espoir pour Sony. Après tout, avec la gifle monumentale infligée la veille par Microsoft et Square-Enix, je me disais que peut-être ils allaient nous sortir une annonce miracle pour minimiser tout ça. Mais non, c'était sans compter sur le Sony d'aujourd'hui, bien moins flamboyant que dans les meilleures années des PSOne et PS2. C'est même un Jack Tretton l'air un peu fatigué, pour ne pas dire sous anti-dépresseurs qui s'adressait sans trop de conviction, les mains parfois dans les poches, à son public. Il a promis beaucoup d'exclusivité, mais entendez par là des titres first ou second party. L'ère des grosses exclusivités tierces est morte avec celle de Final Fantasy XIII. Alors certes, au sein des Sony Worldwide Studios, ils disposent d'un nombre conséquent de studios dont certains extrêmement talentueux. La seule question qui se pose, c'est que font-ils ? Insomniac nous gratifie d'un nouveau Resistance 2 qui aurait sans doute largement de quoi tirer son épingle du jeu (après tout, le combat contre le Leviathan avait l'air bien sympathique), si le marché n'était pas en surabondance de jeu du même genre. Ils nous proposent aussi un en-cas à base de Ratchet & Clank. Prévu uniquement sur le PSN, il proposera environ quatre heures de jeu pour 15$. Une bonne affaire, mais j'aurais préféré une sortie blu-ray d'un jeu plus conséquent (en résumé, une vraie suite plutôt qu'un add-on déguisé). Heureusement, mon chouchou depuis bientôt une année était là et bien en forme. Little Big Planet a été présenté d'une manière qui, pour moi, reste la démonstration la plus convaincante de ces trois conférences. Au lieu de nous barber avec des Power Point à rallonge, Sony a profité des possibilités de personnalisation du jeu pour créer un niveau avec divers événements qui généraient l'affichage des chiffres. Tout simplement excellent, divertissant et puis bon, Sackboy, c'est trop la classe surtout. Ne reste qu'à l'attendre en octobre, en espérant qu'il ne soit pas retardé à nouveau. Voilà pour le court terme, un peu plus loin, nous retrouvons un inFamous qui continue son bonhomme de chemin sans trop en montrer, un trailer masturbatoire (pour fan de comics) du très laid DC Universe, un teaser inutile de God of War 3 (montrer un simple logo aurait été tout autant efficace, de toute façon, on ne doutait pas qu'il allait sortir) et de nouvelles ambitions qu'on sent déjà difficile à tenir avec MAG, pour Massive Action Game (fallait oser) et son mode multijoueur à 256. Rien de particulièrement mauvais, ou même moyen, mais juste un manque cruel de diversité. La conférence semblait vraiment trop orientée sur le public Américain, avec quasiment rien, en dehors du remake de Siren, venant du Japon et aussi très peu de jeux Européens. Espérons qu'ils donneront signes de vie entre la GC et le TGS, car le côté "je veux absolument faire du jeu de guerre et du FPS parce que c'est à la mode" commence terriblement à me gaver chez Sony.

Côté ambitions intenables, nous avons eu droit à un petit retour sur Home. Si je ne doute pas que le service sera à la hauteur de ce qui a été annoncé au départ, la seule question est de savoir quand. Jack Tretton l'a admis lui-même, Home est un projet qui s'est avéré trop ambitieux pour Sony. Et avec un Microsoft en face qui ne se gène pas de reprendre certains points intéressants et de les implémenter dans un univers certes plus statique et moins stylé, mais qui lui sera là à l'heure, Sony doit vraiment mettre les bouchées doubles. En attendant, le PSN conserve tout de même un line-up sympathique, avec des jeux beaucoup plus aboutis que chez la concurrence, comme Ratchet ou Siren, ou de bons gros délires comme Fat Princess, Pixel Junk Eden ou Flowers. Reste un grand absent, WipeOut HD, dont un problème technique majeur repousserait sa sortie à une date indéterminée. Et le drame, c'est qu'il semblerait que personne chez Sony ne soit capable de le résoudre rapidement.

Élément comique, la PS2 a fait son grand retour à la conférence. Pas une mauvaise idée, compte tenu de ses chiffres de vente, mais quand même un peu là à des fins de remplissage. La PSP a elle eu droit à une petite surprise, avec un Resistance annoncé dessus et aussi à la création d'un mini scandale, avec l'inclusion de Valkiria Chronicles dans son trailer plutôt que dans celui de la PS3. Une grosse boulette qui, par respect pour le parti pris graphique osé du jeu de Sega, je l'espère provoquera un gros lynchage chez les responsables. Des titres comme LocoRoco 2 ou Patapon 2 restent également solides, bien que pas très inattendus.

Mais au final, ce que l'on retiendra chez Sony, c'est cette volonté de gagner du temps, de nous prouver qu'en leur laissant quelques années de plus, ne serait-ce que pour leurs first party, la PS3 sera incontournable. À une heure où quasiment tout ce qui est third party est multi, l'intention illogique. Mais quand on a la force de développement de Sony WWS on devrait pouvoir être en mesure de montrer plus, non ? Alors on continuera à alimenter la PS3 en blu-ray discs, prendre les quelques jeux first party intéressants, en attendant des jours meilleurs. Reste que ce n'est pas avec ce programme que Sony arrivera à combler son retard sur la concurrence.

Donc pour cette fin d'année, dans ma liste d'achats ne restent que Fable 2 et Little Big Planet pour des achats sur support physique. Ça fait peu, mais bon, paraît qu'il faut que je m'en prenne à moi-même de ne pas être fan de FPS/TPS ou ultra-casual gaming… Du coup, on ajoutera Banjo-Kazooie Nuts & Bolts, parce que c'est Banjo même si le concept semble bancal et Castlevania Judgement, parce que c'est Castlevania même si le concept semble bancal (et qu'Alucard a une gueule juste atroce aussi). Enfin, en tout cas, ce fut un plaisir de voir comme l'industrie de loisirs numéro un se porte au travers de cet événement. Entre la copie et le surcasual, elle ne ressemble juste plus à rien. Microsoft, Sony et Nintendo, remplissez-vous bien les poches (ou pas). Moi, pendant ce temps et au risque de passer pour un vieux con, je commence sérieusement à regretter le temps où le jeu vidéo n'était finalement qu'une activité dite pour ado attardé.

Une vidéo qui résume bien la conférence Nintendo :

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