Donkey Konga

Le genre des jeux musicaux n'est pas oublié au Japon, puisqu'après les tempêtes Beatmania, Pop'n Music ou Dance Dance Revolution, Konami a accueilli à son insu des concurrents féroces, notamment SEGA avec son Samba de Amigo et en milieu d'année Namco et le triomphal Taiko no Tatsujin. Sur les bases de ce dernier, Namco a développé pour le compte de Nintendô un titre du même concept qui se déroule, marketing oblige, dans l'univers du très macaque Donkey Kong.

Si le principe est similaire, les bâtons sont oubliés, et seules vos mains vous permettront de jouer à Donkey Konga. C'est l'occasion pour l'équipe de développement d'ajouter un nouveau mouvement, la frappe en applaudissement, qui varie quelque peu le gameplay. En dehors de cela, Donkey Konga est un fidèle Taiko no Tatsujin. L'accessoire, nommé Tarukonga et composé de deux tambours scindés, est de qualité : pas trop petit pour ne pas paraître mesquin, mais pas non plus trop grand pour pouvoir être maintenu dans les genous, il semble de plus robuste face à l'épreuve.

En outre le toucher s'avère très agréable, souple et rigide à la fois, et intelligent dans la surface réservée aux mains. L'on peut tout aussi bien frapper dessus comme une brute ou y appuyer délicatement comme sur un gros bouton de manette, le résultat sera identique. Le capteur pour la frappe dans les mains fonctionne parfaitement, tellement d'ailleurs qu'il réagit parfois aux vibrations et bruits involontaires (cela ne gêne aucunement le jeu). L'on pourra ainsi à loisir remplacer l'applaudissement par un taquet sur les côtés d'un Taruconga ou par un bruit de bouche divers pour simuler l'applaudissement !

Techniquement, le jeu fait presque honte, tant il semble d'un autre âge. Certes, dans un jeu musical, c'est un peu pervers de critiquer les graphismes, mais pour Donkey Konga, cela sent presque trop les décors et sprites façon Super Donkey Kong sur SFC, d'il y a bientôt dix ans. Même le seul personnage réalisé en 3D est à peine correct, son animation étant terriblement saccadée entre chaque mouvement. De même les notes, paillettes et autres ballons pleins de couleurs, qui traversent l'écran en cas de réussites, frisent parfois le mauvais goût.

Mais intéressons-nous plutôt au cœur du jeu : ses musiques. Au risque d'en choquer ou d'en décevoir certains, je ne suis pas réellement satisfait de la sélection offerte. Il faut fouiller entre les chansons de j-pop criardes, les titres de enka ou les comptines pour enfant pour trouver des pistes intéressantes : des génériques d'anime, des chansons récentes ou un seul bon morceau de musique classique, l'autre étant remixé à la guitare électrique. Et c'est bien ce qui gène dans ce DK : les remixes. Leurs positionnements sont en effet douteux.

Il aurait fallu une sélection plus radicale, par exemple un quart de j-pop qui vend, un quart de classique en version originale, un quart d'anime en vogue, et un dernier quart de titres originaux made in Nintendô, en oubliant les remixes ensoleillés du thème de Mario Bros. que l'on nous sert depuis Sunshine ; et surtout le Donkey Rap qui, je me le demande encore, peut-il vraiment plaire à quelqu'un ? Bref, dans l'ensemble, c'est une certaine déception qui prime face à cette sélection. Vivement donc, comme à l'accoutumée, des add-on et autres appen pour varier les plaisirs et cibler plus précisément les genres.

En dehors de cela, il faut avouer que DK à tout pour convaincre. La difficulté très césurée correspond parfaitement à la courbe de progression ; les titres du mode expert sont à débloquer grâce à des "chips" obtenus en jouant et rejouant dans le mode principal ; trois mini-jeux attendent pour varier l'intérêt, même si le leur est plutôt à prouver ; durée de vie relativement conséquente et bientôt encore améliorée grâce aux futurs suppléments ; challenges intéressants, etc. Le meilleur étant bien sûr de s'essayer au jeu à plusieurs, ce qui, comme le laisse entrevoir la démo tournante, promet de belles parties.

Donkey Konga est donc au final, sans hésitation, un bon titre qui plaîra aux amateurs de jeux musicaux, a fortiori aux amoureux de Taiko no Tatsujin, mais qui pourra choquer de part ses choix de pistes. Vivement, au risque de me répéter, les nouveaux disques pour effacer peu à peu ce qui est pour moi un petit point noir. Un nouveau mix étant d'ores et déjà à l'ordre du jour pour le printemps au Japon, il n'est plus de raisons de bouder ce DK !

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