Puisque vous lisez Kanpai!, vous avez forcément entendu parler de ce film (accessoirement, vous êtes quelqu’un de bien). Casshern a été la très grosse production de 2004 au Japon, un budget de 600 millions de Yen, un casting d’enfer, etc. Il s’agit en fait d’une adaptation live de Shinzô Ningen Casshern, un animé des années ’70. Il y a d’ailleurs un long clin d’œil à cet inspirateur, lorsque Tetsuya obtient son armure. Kazuaki Kiriya, le réalisateur du film, est manifestement fan de cet animé, mais également un moralisateur patenté. Vous vous souvenez des leçons interminables que vous donnait votre arrière-grand tante lorsque vous aviez mangé trop de bonbons ? Eh bien Casshern, c’est un peu pareil : une leçon de morale tellement longue qu’on a l’impression d’avoir fait une connerie.

Kiriya donc, qui est réalisateur de clips, signe ici son premier long-métrage. Pour l’occasion, il s’est entouré de professionnels de l’animation. Et cela se ressent, tant la frontière entre film live et animation sera souple. La postproduction est tyrannique puisque chaque plan des 2h20 que dure le film est entièrement retravaillé. Du coup, il y a énormément d’image de synthèse, et pas seulement dans les décors. Certains tableaux sont esthétiquement assez exceptionnels (notamment dans les choix de couleurs). Ailleurs, en revanche, ça fait paradoxalement très carton-pâte. Certains looks néo-retro sont très réussis, d’autres complètement grotesques. Et le jeu d’acteur assez médiocre peine à investir le spectateur. D’autant que Kiriya ne sait absolument pas filmer les combats (c’est une véritable catastrophe).

Techniquement, donc, le bilan est en demi-teinte. Reste le message : en gros, « faites l'amour, pas la guerre ». Déjà vu mille fois, certes, mais ça vaut toujours mieux que l'inverse. Sauf que pour ça, on doit *encore* se retaper des délires existentiels à n’en plus finir. C’est un peu le même message que Battle Royale II. D’ailleurs, les deux films ont le même type de fin vaguement évanescente, mais paradoxalement très lourde. Dans Casshern, les discours sont très appuyés, insistants et lents. Tout cela part d’une bonne intention, mais la manière dont est délivré le message est lourde et parfois un peu ridicule.

En terminant le film, on se dit que la chanson d’Utada Hikaru (la femme du réalisateur dans la vie, la vraie) du générique de fin est agréable. Peut-être aussi parce qu’elle sauve de 140min d’un pétard mouillé dont on aurait pu faire une œuvre majeure. Raté ! Dommage.

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