Blue Dragon était très attendu, comme beaucoup de jeux japonisants sur Xbox 360. Parce qu'il pouvait potentiellement redresser la barre famélique de Microsoft au levant. Mais au-delà de ça, parce qu'il a réuni derrière lui trois des plus grands artistes de la culture populaire japonaise : Nobuo Uematsu aux musiques, Akira Toriyama au design, Hironobu Sakaguchi à la production. Excusez du peu. Du coup, sur le papier, le jeu avait tout pour cartonner. Las, à peine 140.000 exemplaires écoulés en font certes le jeu le plus vendu de la machine au Japon, mais cela reste un score pathétique sur le plan historique. Ce qui n'enlève ni le fait que le jeu est bon, ni que parfois les Japonais sont des cons de bornés.

Le jeu est tout à fait classique dans son déroulement, notamment dans le début du jeu. Il s'agit d'un RPG (très) traditionnel. Les cinq personnages sont accompagnés d'ombres bleues qui fonctionnent un peu comme des mechas : les dragons ont leur propre XP qui influe sur leurs skills. Aucune surprise de taille, ou presque, ne vous attend quant au système de jeu ou aux menus. Blue Dragon est tellement classique qu'il en est parfois déprimant. Car le scénario s'avère vraiment faiblard, en tout cas au début. Il est loin de faire le poids face aux pointures comme les Xenogears, et même les Final Fantasy, pourtant réputés un peu plan-plan. Là, le méchant est méchant car il est méchant, et les gentils... bref. Heureusement, le 3è DVD relève un peu la sauce, même si on s'est tapé avant 20h de grande naïveté.

Il faut donc se tourner du côté de la réalisation pour apprécier le jeu. La Haute Définition ajoute bien entendu à l'appréciation globale. Les couleurs pètent, ce petit effet de flou sur les fonds n'est pas détestable, et toutes les animations sont un vrai régal. Jouer avec le bestiaire de l'ami Toriyama est aussi un sacré plus qui contentera les amateurs de Dr Slump ou Dragon Ball, et ne manquera pas de rappeler Dragon Quest. Reste que tous les environnements n'ont pas été traités avec le même soin : certains passages sont superbes, d'autres beaucoup plus tempérés voire franchement médiocres. Passer une ou plusieurs heures de combat dans un donjon moche et linéaire m'a parfois rappelé des jeux comme Evolution sur Dreamcast. Vous voyez le genre. Heureusement, ces moments restent assez rares face à l'ensemble du plaisir du jeu, et l'évolution des skills offre vite des possibilités assez jubilatoires.

Un petit point cependant sur le doublage, car Microsoft Europe a jugé bon de ne mettre les voix japonaises que dans les versions test envoyées à nos amis les journalistes. Dans le commerce, Blue Dragon vous propose trois doublages seulement : anglais, français et... italien. Tous sont mauvais, ne cherchez pas plus loin. Et je ne doute pas une seconde que ça ne joue pas du tout en faveur de l'appréciation du jeu... Il vous faudra commander la version UK PAL si vous ne supportez pas l'absence de voix en VO. Heureusement, les musiques rattrapent le tout ; Uematsu nous livre plutôt de bonnes partitions. Pas du Chrono Cross non plus, mais quand même, il est bien là.

Blue Dragon est un bon petit RPG qui a des qualités énormes, mais aussi quelques réels défauts. On y joue sans se prendre la tête, mais il y a un certain manque d'ambition complété par une difficulté absolument inexistante (contre-balancée par des achievements très difficiles à obtenir et un 3è DVD plus varié). En attendant Lost Odyssey (toujours de Mystwalker) et le prochain Blue Dragon 2 qui devraient combler ce manque de pointure, et une (toute) petite déception compte tenu des attentes d'un jeu qui vous fera quand même passer quelques vrais bons moments. Ne vous arrêtez pas à la linéarité du début car, une fois la fin du 2è DVD arrivée, Blue Dragon réserve de très belles choses. Allez, un petit effort !

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