Astro Boy

Le film en 3D

Quand on nous dit que l’histoire est cyclique, ça vaut évidemment pour tous les pans de la consommation, et la culture japonaise n’y fait pas défaut. C’est encore une fois une belle licence que l’on déterre pour l’adapter en film. Mais cette fois, une contrainte vient s’ajouter : le réalisateur est américain. Catastrophe en perspective ? L’exception à cette règle (Amer Béton de Michael Arias) est malheureusement si marquante qu’elle ne fait que la confirmer d’autant. Parfois, il vaut mieux laver son linge sale en famille, surtout quand on n’utilise pas le même détachant que son voisin.

Le pitch de l’Astro Boy originel est globalement respecté, bien que manichéisé à outrance. Toby meurt ainsi par la faute d’un politicien véreux qui représente tellement cette lutte du bien contre le mal, qu’il ingére la baaaaaaad énergie rouge. Plus tard, Astro défendra alors l’humanité et les robots grâce à la gooooood énergie bleue. Dommage qu’elle ne fût pas verte ; la Warner aurait ainsi pu glisser une leçon d’écologie aux chiards pollueurs. Le bon enfant délicieusement militant, cher à Tezuka, est donc récupéré et transformé par les gros sabots de producteurs américains dont la soupe la plus tempérée dernièrement semble être Transformers. On est mal…

Le design de cet Astro Boy est assez en demi-teinte. Autant, l’ensemble est fidèle au design d’Osamu Tezuka et le monde de Metro City est cohérent et visuellement impeccable (la 3D du studios hongkongais Imagi est modeste mais propre). A contrario, Cora et les orphelins de la surface ressemblent à un mauvais dessin animé en images de synthèse vendu à France 3 pour les vacances de la Toussaint. C’est assez terrifiant, mais surtout symptomatique du fait qu’en voulant se vendre comme un film d’animation pour tout public (principalement occidental), Astro Boy passe de l’adaptation à la dénaturation de l’œuvre originale. Par exemple, où est passé le côté destructeur d’Astro, son danger potentiel pour l’humanité ? Le rouleau compresseur de l’entertainment à l’américaine, pour gamins Hasbro bouffeurs de nachos, est passé par là et finalement, même si le film tente de se dédouaner en affichant une représentation de Tezuka en cameo, l’histoire de cet Astro Boy 2009 n’a plus grand chose à voir avec le manga originel des années ’50.

Le père du manga moderne, responsable de merveilles telles que Black Jack, Le Roi Léo, Bouddha, Metropolis ou Dororo, peut se retourner dans sa tombe car c’est le réalisateur du transparent Souris City qui livre ici son adaptation Oprahisante (voix de Nicolas Cage, Kristen Bell, Charlize Theron...) d’un Astro à l’américaine. C’est d’ailleurs étonnant qu’on ne nous y ait pas vendu de Coca à un moment donné ou à un autre.

Mais qu’on ne vienne surtout pas utiliser pas le terme d’hommage en parlant de cette piètre version d’Astro Boy

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