Adrift in Tokyo

Ten Ten

Adrift in Tokyo, c’est l’histoire d’un type un peu paumé, endetté et harcelé par des Yakuza, à qui l’on va proposer un million de ¥ens. La mission : accompagner un créancier autour d’une balade à Tokyo, pour une durée inconnue. Pas de place pour les chichis dans cette réalisation un peu marginale, à la frontière entre le documentaire et le film d’auteur art-et-essai gentiment bobo. La photographie est faiblarde, le cadrage tremblotant voire à l’épaule et les prises de vue relèvent plutôt de l’instant que d’un JP Jeunet über-scripté.

L’intérêt majeur du film est de partager des instants de Tokyo, capitale tentaculaire aux accents de province. Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle la mégalopole « aux mille villages ». Les visages qu’elle dévoilera dans Adrift in Tokyo ne sont pas ceux servis habituellement dans ce que vous regardez : rues étroites derrière les grandes avenues, petits temples, commerces de proximité... En contrepied, on se sent comme transporté dans une balade à échelle humaine, certes dérangée mais qui sait faire ressentir la lumière d’un soleil d’automne comme peu le font.

Pas si éloigné de Lost in Translation, Ten-Ten pêche par un ennui caractérisé. Mais c’est la contrepartie d’un caractère lancinant et mélancolique qu’a voulu faire transparaître le réalisateur. Dans le genre, je resterais plutôt sur du Tokyo Eyes. Mais peut-on blâmer une production où les femmes ne sont pas des écolières à gros seins et les hommes des héros sur-charismatiques ? L’empreinte de Kitano est presque palpable dans ce road-movie à pied qui pourrait bien vous séduire.

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