Abenobashi Mahô Shôtengai

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On n’attendait pas moins de Gainax qu’un Abenobashi dans la veine délurée des dernières productions du studio. Coup d’éclat : il se positionne juste entre Mahoromatic et FuriKuri, réussissant ce tour de force en étant plus délirant que le premier mais encore suffisamment cohérent pour ne pas rattraper, et heureusement, le trop-plein de délirium du second. De la part d'un studio qui nous a étrangement habitués au meilleur autant qu'au pire, aidé pour l'occasion par la très efficace Mad House, ce "juste" milieu sonne comme bénédiction pour tous les amateurs.

Abenobashi Mahô Shôtengai ne plonge pourtant le spectateur dans une grande et belle histoire, à vrai dire très loin des Fushigi no Umi no Nadia ou Shinseiki Evangelion, confirmant encore, si le besoin en était requis, l'incroyable diversification des productions issues du décidément inclassable studio Gainax. Et comme un clin d'œil à toutes celles-ci, Abeno disperse à travers sa petite dizaine d'univers son caractère lunatique et accrocheur. Un petit exploit compte tenu de l'homogénéité de l'ensemble, à défaut d'une crédibilité toute relative.

Ce qui fait le luxe du protéiforme Shôtengai, c'est non seulement son trait, sa bande-sonore et son doublage impeccablement diversifiés, cohérents et adaptés, mais aussi et peut-être surtout pour certains, la quantité invraisemblable de références éparses qui au minimum ponctuent l'anime, voire en constituent son squelette. En cherchant bien, je le concède, l'on trouvera un semblant de scénario pourtant bien caché derrière une piste sonore d'Eva, un épisode amoureusement pompé sur Card Captor ou un croqué hilarant de Bruce Lee.

Ca gueule, ça fuse, ça tourne dans tous les sens et les couleurs qui explosent ne débordent même pas ; de plus il faut se lever tôt pour lire tous les sous-titres en suivant l'action sans en perdre le fil. Et l'incroyable défi que j'aurais toujours cru irréalisable se découvre à toute berzingue derrière chahuts, gueulantes et explosions ; tout cela tient, amuse, régale, explose nos zygomatiques et tient en trois mots barbares mais si bons : Abenobashi Mahô Shôtengai.

Ils sont fous ces Japonais, et ça fait du bien !

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